Fabricant de sèche-mains, purificateurs d’air et distributeurs de papier pour les entreprises, JVD déploie depuis quelques mois, une activité circulaire et solidaire, baptisée REBORN. L’idée est de récupérer ses propres appareils pour les démonter, remplacer les pièces usées et les remettre en vente à des prix attractifs. A terme, la PME souhaite embarquer ses partenaires de la distribution dans cette boucle vertueuse.
Installée à Rezé (Loire-Atlantique) depuis 40 ans, l’entreprise JVD emploie à ce jour une soixantaine de salariés pour concevoir, fabriquer et commercialiser sèche-mains souffleurs, purificateurs d’air et distributeurs de papier. Ses partenaires industriels sous-traitants (plasturgistes et motoristes) se trouvent à moins de 200 km de son usine. Ses clients : des entreprises privées ou publiques (dont des aéroports, gares, stations service), des administrations, des collectivités territoriales. Son marché couvre l’hexagone et s’étend à l’international (Espagne, Mexique, Singapour) où elle réalise 50 % de son chiffre d’affaires. Depuis sa création, JVD s’engage sur l’éco-conception en misant sur le démontage et la réparabilité de ses produits dans le cadre du SAV. Depuis deux ans, elle intègre également le volet recyclage avec des composants en plastiques 100 % régénérés.
Durée de vie et inclusion sociale
En début d’année, JVD a choisi d’aller plus loin avec le reconditionnement de ses équipements. « Notre objectif porte sur deux axes de développement : prolonger la durée de vie de nos sèche-mains et purificateurs d’air et favoriser l’inclusion sociale en intégrant des travailleurs en situation de handicap » insiste Jérôme Lassara, directeur des achats de JVD. Pour ce faire, l’entreprise collabore avec l’ESAT de Rezé, qui délègue trois personnes à l’atelier pour des opérations de démontage, nettoyage de pièces et remontage des appareils. Les autres étapes amont et aval comme le diagnostic, le changement de certains composants neufs et le contrôle qualité sont effectuées en interne. Sur la base du volontariat, un groupe de travail a d’abord été créé et JVD a recruté un chef de projet, Nolan Dubois, en charge de piloter le programme REBORN et coordonner l’activité avec tous les acteurs concernés : « globalement, la durée de vie de nos appareils tourne entre 7 et 15 ans. Cela ne signifie pas qu’ils sont voués inéluctablement au recyclage. La majorité d’entre eux sont encore fonctionnels mais souvent mal entretenus. Or 80 % des pièces récupérées peuvent être reconditionnées ». Depuis la création de cette activité, JVD a récupéré et remis en service une soixantaine de sèche-mains et purificateurs d’air. Le process est désormais opérationnel, avec un taux de réemploi optimal. Les appareils sont garantis entre six et 24 mois, et vendus jusqu’à 40 % moins chers que du neuf. Les pièces plastiques abîmées ou fatiguées sont broyées chez les plasturgistes partenaires en vue d’un recyclage.
Embarquer les distributeurs
« La rentabilité de l’activité est au rendez-vous, mais nous travaillons à sa pérennité en prenant en considération le temps et la main d’œuvre nécessaires à son développement. C’est pourquoi, nous avons privilégié la dimension sociale et inclusive dans le reconditionnement de nos équipements, insiste Jérôme Lassara. Notre atelier a été pensé et adapté aux personnes en situation de handicap, avec une ligne de démontage ergonomique et des viseuses automatiques pour faciliter la tâche des opératrices et opérateurs. L’enjeu à présent est d’embarquer les canaux de distribution avec JVD ». Aujourd’hui les appareils reconditionnés sont revendus sur le site de la PME, mais à terme, avec le déploiement de la collecte et la récupération sur les points de vente, JVD compte bien intégrer tous les canaux de vente dans la boucle. Une campagne de communication et de sensibilisation auprès de sa clientèle est en préparation.
« En parallèle, nous cherchons à innover pour réduire notre empreinte carbone sur l’activité de SAV. Nous réfléchissons à une maintenance à distance par visioconférence et à l’envoi de pièces détachées avec mode d’emploi » explique Nolan Dubois. Des études sont également en cours pour réduire le transport des appareils à réparer en France et en Europe. Quant à basculer vers de l’économie de la fonctionnalité, cela nécessite encore de la réflexion et de la visibilité. Selon JVD, les entreprises clientes ne sont pas encore prêtes à cette révolution même pour des équipements d’hygiène qui pourraient au demeurant s’inscrire parfaitement dans cette démarche. En attendant, la PME a sollicité l’aide des instances publiques locales, pour consolider son activité et compte aussi sur le renforcement de la commande publique circulaire, incitée par la loi AGEC. A l’échelle locale, la direction estime que des passerelles et des échanges avec d’autres entreprises sont indispensables pour mutualiser ces bonnes pratiques. C’est pourquoi, JVD répondra présent à l’Appel du Réemploi, organisé par Mouvement Impact France, le 18 juin 2024 à Nantes (*).
Bon à savoir :
Impact France organise le 18 juin 2024 l’Appel du Réemploi (de 18h à 21h), chez l’entreprise Underdog (reconditionnement d’électro-ménager) à Nantes. Objectif : faire des Pays de la Loire une référence en matière d’économie circulaire, en adoptant des pratiques innovantes qui serviront de modèle à suivre. Parmi les thématiques choisies, celle du réemploi et de l’allongement de la durée de vie des produits. Comment déployer la filière du réemploi en France ? Quelles propositions pour les pouvoirs publics ? Pourquoi les Pays de la Loire peuvent être champions du réemploi ? Pour répondre à ces questions, plusieurs entreprises régionales engagées dans le réemploi (Articonnex, Planet Repair, Underdog, Comec) seront au rendez-vous et partageront leurs expériences.
Crédit : Nolan Dubois (JVD)
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