Le parc informatique d’entreprise est devenu un poste clé en termes d’investissement et d’impact environnemental. Les équipements sont à la fois consommateurs d’énergie et générateurs de déchets et de pollutions. Pour gérer la fin de vie ou le renouvellement de leur matériel, les PME, PMI et grands groupes ont de plus en plus recours à des prestataires de maintenance et de collecte en vue d’une seconde vie. L’Allemand CHG-Meridian a intégré cet enjeu en créant un centre technologique d’envergure pour les produits IT d’entreprises européennes.
Les entreprises qui veulent suivre le rythme de la transformation numérique doivent généralement remplacer leurs équipements informatiques plus tôt en raison des avancées technologiques. Mais trop souvent, une batterie défectueuse ou un manque de mises à jour suffisent à entraîner de nouveaux achats informatiques, bien avant la fin de vie totale de l’équipement informatique. D’un point de vue environnemental et financier, est-il indispensable d’acheter un nouveau smartphone tous les 18 mois ? Que ce soit dans les mines de coltan du Congo (minerai dont on extrait le niobium et le tantale) ou dans les mines d’or du Brésil, l’exploitation de matières premières pour produire des puces et des processeurs entraîne une destruction importante des ressources naturelles ainsi des émissions de CO2 dans le monde entier. D’où l’intérêt d’allonger les cycles d’utilisation dans le secteur informatique. Des appareils finaux conçus avant tout pour leur longévité, leur valeur de revente et leur recyclabilité seraient un premier pas dans la bonne direction. Si le remplacement est la seule option, un remarketing professionnel sur le marché secondaire peut améliorer l’empreinte environnementale. Si cela n’est pas possible, le recyclage en dernier recours doit être réalisé au plus près des gisements dans des infrastructures normées, pour empêcher les exportations illégales de déchets électroniques et favoriser la récupération de matières premières précieuses.

Présente dans 28 pays, CHG-Meridian est une entreprise internationale de gestion et de financement de technologies dans les domaines de l’informatique, des technologies industrielles et de la santé. Elle gère les infrastructures technologiques de grandes entreprises, de PME, d’organismes publics et d’hôpitaux. Principal objectif : soutenir ses clients dans leur transformation numérique et les aider à rendre leurs activités plus efficaces et durables. Le groupe dispose pour cela de deux centres technologiques outre-Rhin (Gross-Gerau près de Francfort) et en Norvège qui récupèrent les équipements des clients à la fin de leur contrat de location, en vue d’une revente sur le marché BtoB. Au menu des prestations proposées, la planification, le financement et la mise en oeuvre opérationnelle ainsi que l’effacement certifié des données, la remise à neuf et la re-commercialisation d’équipements usagés. Affichant 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, CHG-Meridian a également créé des partenariats avec des industriels locaux aux Etats-Unis, en Australie, au Brésil et au Mexique.
En collaboration avec un réseau mondial de partenaires certifiés, 96 % des retours de location ont été remis à neuf par des professionnels et vendus sur le marché secondaire en 2020. Près de 880 000 actifs ont été recommercialisés au total l’an dernier, dont 328 000 ont bénéficié de l’effacement de données certifié. De quoi prolonger la durée de vie de ces équipements professionnels, bien souvent en très bon état. 80 % du flux provient de produits IT (ordinateurs, portables, téléphones mobiles, imprimantes). Le reste est réparti pour moitié entre du matériel de santé et industriel. Créé en 1979, CHG-Meridian a démarré son activité par de la location de matériel informatique. Quarante plus tard, son business model suit son cours, en phase avec les piliers de l’économie circulaire : allongement de la durée de vie, réparation, réemploi, économie d’usage. Même si le chemin est long, concède la direction du groupe. A ce jour, à peine 50 % des vieux équipements sont collectés et moins de 20 % sont recyclés ou remis à neuf pour une seconde utilisation. Et pendant ce temps, les gisements de DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) continuent de gonfler, avec une croissance de 50 millions de tonnes en 2018, selon une étude du Forum économique mondial
Gross-Gerau, le plus grand centre européen
Le site de Gross-Gerau près de Francfort représente une surface de 11 500 m². Exploité depuis dix ans, il récupère plusieurs milliers d’appareils par jour, provenant du marché européen. Seule l’Europe du Nord est gérée par un centre plus petit basé en Norvège et opérationnel depuis 25 ans. CHG-Meridian utilise les technologies et systèmes de gestion les plus pointus pour gérer l’ensemble du processus de fin de vie des équipements. Cela inclut l’effacement certifié des données, la remise à neuf et la re-commercialisation des appareils informatiques (laptops, desktops, serveurs, téléphones et imprimantes).

Le matériel est tracé, certifié, et réparé si besoin. Les données confidentielles sont supprimées. Le centre a la capacité d’effacement des données de 2 000 appareils par jour. Grâce à sa solution eraSURE® certifié ISO (selon les normes ISO 27001 et ISO 9001:2015) et également conforme au module B1.15, le processus d’effacement est entièrement automatisé. Les exigences accrues des entreprises en matière de confidentialité des données ainsi que la mise en place du RGPD par l’UE, en font une étape essentielle et une condition cruciale pour le remarketing. Une fois l’effacement des données effectué, les appareils sont soumis à des tests de qualité pour un reconditionnement professionnel. Tous les appareils sont neutralisés, c’est-à-dire nettoyés et toutes les étiquettes sont retirées. Ils sont alors soumis à des contrôles visuels et techniques.
En fonction de leur état, les biens sont ensuite répartis par catégories A, B et C, ou désignés comme déchets. Sur place, 94 employés peuvent tester jusqu’à 4 000 appareils par jour. Seuls 4 % environ des appareils sont dirigés vers la filière de DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) où ils sont démantelés, broyés et leurs composants métalliques et plastiques triés. CHG-Meridian travaille en partenariat avec des recycleurs européens. Une grande majorité des processus de neutralisation des données et de réparation est automatisée.
La France, second marché après l’Allemagne
En France, ce sont près de 50 000 appareils acheminés au centre technologique de Gross-Gerau chaque année. Ils sont soit reconditionnés et revendus en l’état, soit désossés en pièces détachées, soit revendus à des tiers. CHG-Meridian travaille dans l’hexagone principalement avec des entreprises du CAC40 et du SBF 120, cotées au second marché. Le marché français est le second pays après l’Allemagne en termes d’activité pour le groupe. En France, c’est 1,7 million d’appareils achetés chaque année par ces grandes entreprises. A peine la moitié se retrouve dans le circuit de l’occasion. Les pays les plus enclins à profiter de matériel d’occasion professionnel sont les pays émergents et les Etats-Unis. Les premiers pour des raisons économiques ; les seconds davantage pour des raisons pragmatiques. Leur motivation principale : concentrer les investissements sur d’autres achats que le parc informatique. Alors qu’en France, il faut plus de contraintes réglementaires et de sensibilité environnementale et sociale (démarche RSE par exemple) pour pousser les entreprises vers cette démarche : « Les grands comptes ne sont pas prêts pour racheter de l’occasion. Même si les mentalités et les stratégies d’entreprises évoluent », souligne Patrick Henrion. L’ensemble du matériel réparé et reconditionné repart sur le marché professionnel mais pas forcément pour la même clientèle. Cela peut être par exemple destiné à la commande publique qui représente 20 % des reventes de CHG-Meridian en France.
Pour récupérer ce matériel et le transporter jusqu’au centre technologique, une organisation logistique minutieuse, basée sur la massification est indispensable, explique Patrick Henrion, vice-président des ventes sur le marché français : « cette étape est cruciale pour conserver les bénéfices de notre activité en réduction de CO2. La rentabilité de l’ensemble du dispositif repose sur cette gestion des parcs et leur traçabilité ».
L’économie d’usage, un levier

Se voulant productives et dynamiques, les plus grandes entreprises équipent leurs collaborateurs de flottes numériques, renouvelées régulièrement pour répondre aux enjeux de développement de l’activité. Cet aspect joue un rôle central dans la planification et la mise en œuvre des projets et des infrastructures informatiques. La progression de la numérisation exige un niveau élevé de déploiement et de rotation de matériel informatique. Toutefois, en raison de cycles d’innovation de plus en plus courts, elle n’est souvent utilisée que sur des durées très inférieures à sa réelle obsolescence. Assimilée à de la location de matériel, l’économie d’usage s’inscrit peu à peu dans la politique d’entreprise. Le matériel informatique se prête particulièrement à cette pratique. Dans leur démarche, les entreprises recherchent des technologies de pointe optimales mais aussi de l’information et du conseil. Elles ne veulent plus investir dans des équipements mais dans les performances et les services qu’ils peuvent leur apporter. « On perçoit de plus en plus une utilisation et une relation différente vis-à-vis des équipements technologiques, ce qui nous conforte dans notre activité, souligne Patrick Henrion. Forts de notre expérience de loueur, nous travaillons avec les constructeurs comme Dell, HP ou Apple qui ont compris l’enjeu de cette démarche. Nous sommes désormais propriétaires du matériel que nous louons aux entreprises. Nous intervenons alors sur la maintenance, la réparation et la reprise de ces équipements trop vite obsolètes pour l’entreprise, que nous proposons ensuite à d’autres professionnels ».
Compensation carbone
Les ordinateurs, smartphones et serveurs d’entreprises sont à l’origine d’une quantité astronomique d’émissions de gaz à effet de serre. Celles-ci étant libérées en grande partie durant la phase de production, CHG-Meridian propose depuis plus de 40 ans une alternative basée sur l’économie circulaire pour y faire face : le reconditionnement professionnel et la réutilisation d’appareils informatiques usagés. La production, mais aussi la phase d’utilisation et la gestion de fin de vie des équipements informatiques génèrent des émissions de CO2 inévitables, même lorsque le principe des 3R (réutilisation, réparation, recyclage) est appliqué. Pour réduire davantage l’empreinte carbone de ses clients, CHG-Meridian propose depuis avril dernier, Carbonzero, une solution de compensation volontaire des émissions. Cette compensation est effectuée moyennant une contribution financière inclue dans le prix de location mensuelle des appareils (quelques centimes supplémentaires pour un smartphone).
L’outil permet de mesurer les émissions de CO2. Ce calcul tient compte de la production, du transport et de l’électricité consommée pendant les phases d’utilisation et de fin de vie des appareils informatiques. Les différences éventuelles liées au type d’appareil et au fabricant seront prises en considération, en fonction du résultat obtenu. Parmi les projets soutenus dans ce contexte, figure la production d’énergie solaire dans le nord de la Namibie, pour garantir la prestation de soins médicaux sur site et l’agrandissement des écoles locales. Dans la province du Sulawesi du Sud, l’argent récolté pour la compensation carbone finance un projet de production d’énergie éolienne. Dans le sud du Sri Lanka, les fonds sont utilisés pour construire une usine hydroélectrique qui alimentera l’île en électricité neutre en carbone. Les forêts étant l’un des principaux puits de carbone de notre Terre, Carbonzero soutient aussi la protection de 100 000 hectares de forêts au Pérou. À lui seul, ce projet permet de diminuer de 660 000 tonnes le bilan annuel mondial d’émissions de CO2.
Crédits : CHG-Meridian
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