Plutôt qu’acheter du matériel utilisé une ou deux fois par an, pourquoi ne pas encourager le prêt ? De cette réflexion, est née l’application Nobuy en novembre 2021. L’objectif de ses deux fondateurs : promouvoir les alternatives à l’achat, en facilitant la mise en relation des prêteurs et des emprunteurs. Testée pour l’instant entre particuliers, l’application devrait rapidement s’élargir au monde professionnel.
Articles de bricolage, matériel de puériculture, équipement de loisirs, bien souvent ces produits, une fois achetés, ne servent au mieux qu’une ou deux fois par an, ou sur une courte durée. Cela représenterait en moyenne 34 objets par foyer dormant au fond d’un placard, ou d’un garage. Pour y remédier, trois solutions sont possibles : donner à une personne de son entourage, revendre sur une plateforme de seconde main, ou bien référencer le produit sur une application pour favoriser sa circulation et son usage le plus longtemps possible. Cette dernière se traduit aujourd’hui par l’application en ligne Nobuy. Imaginé par deux Lillois, Florent issu du monde associatif et Waël ingénieur de formation, le projet remonte à deux ans environ avec cet objectif : comment se prêter des objets du quotidien entre proches (amis, familles, collègues) tout en sachant à qui on les prête ? De là est née une première application aide-mémoire. Pour pousser la réflexion sur la gestion des ressources, les deux fondateurs ont intégré EuraTechnologies, un incubateur de start-up à Lille, avec comme résultat depuis novembre 2021, le lancement de l’application Nobuy. Celle-ci est gratuite et dispose de deux fonctionnalités : un pense-bête qui répertorie ce que l’on prête ; un moteur de recherche pour savoir si quelqu’un inscrit sur l’application possède le matériel recherché.
Apporteur d’affaires
Deux mois après son lancement, l’application cumule déjà 1000 utilisateurs, plus de 600 prêts et 4200 objets en circulation. Nobuy a bien l’intention de se développer rapidement vers de nouvelles communautés et le prêt de nouveaux produits. Aujourd’hui, priorité aux particuliers, aux réseaux d’amis et de parents, au matériel de puériculture, aux livres et aux articles de bricolage. Depuis le début de l’année 2022, toute personne inscrite peut rejoindre et créer des groupes de prêteurs. A court terme, l’application pourra référencer tous types d’objets. Prochaine étape : rendre Nobuy accessible à des multi-acteurs, créer des passerelles entre les professionnels de la location, les structures publiques et les particuliers, mais aussi susciter de nouvelles communautés au sein des entreprises et des collectivités. Cette étape est importante, selon Florent Vanhove, cofondateur de Nobuy, car elle conforte le modèle économique de la SAS qui va devenir apporteur d’affaires : « l’application peut alors servir de vitrine commerciale pertinente pour une entreprise engagée dans l’économie de la fonctionnalité ou la location de produits ». Dans ce cas, deux solutions sont envisagées : Nobuy se rémunère par le biais d’une commission à chaque location effectuée via l’application ; un abonnement mensuel est mis en place lorsque l’application sert d’outil de référencement à une structure, de type bricothèque, Repair’café ou tiers lieu. L’objectif à terme est bien de répertorier l’ensemble des alternatives à l’achat dans un environnement de proximité.
« En plus des réseaux de proches, nous souhaitons afficher les lieux publics, les associations ou les entreprises qui peuvent aussi proposer l’objet recherché », souligne Florent Vanhove. Et de prendre l’exemple d’un livre disponible à la médiathèque de son quartier ou encore une ponceuse à bande en location chez un professionnel à quelques kilomètres de chez soi. En attendant, ce concept suscite déjà beaucoup de curiosité et d’intérêt sur le territoire des Hauts-de-France où est implantée la société Nobuy. Les services administratifs de la région réfléchissent à une intégration possible de l’application qui faciliterait les échanges d’objets et de matériels en interne. L’essentiel pour les deux fondateurs de Nobuy, est d’atteindre leur objectif d’ici la fin de l’année : contribuer à un changement de consommation en touchant un maximum de personnes, quel que soit leur statut. Accessible sur tout le territoire, l’application sera également disponible dans quelques mois en Belgique, en Suisse et au Canada.
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