Pour les artisans et les PME du BTP, l’enseigne Gedimat Sefor est avant tout un lieu d’approvisionnement en matériaux, incontournable en Ile-de-France. L’entreprise possède deux sites dans la région, à Paris et à Houilles dans les Yvelines. Depuis quelques mois, celui-ci accueille une déchèterie professionnelle qui peut recevoir 13 flux de déchets, première du genre dans l’activité de négoce en matériaux.
Le Grenelle de l’Environnement a été le déclic pour les dirigeants de Gedimat Sefor. Ils décident dès 2010 d’ouvrir sur leur site, une déchèterie professionnelle pour récupérer les gravats et les DIB. L’idée est de permettre à leurs clients professionnels de déposer leurs matériaux de démolition au même endroit que le lieu d’achat. Une manière de leur faire gagner du temps et de garantir la traçabilité des déchets. Cela limite par la même occasion le risque de dépôts sauvages. Pour Jean-François Martin, directeur du site de Houilles, il faut être à l’écoute permanente du secteur qui évolue de plus en plus vers le « tous corps d’état ». Les entreprises travaillent au jour le jour et en milieu urbain dense, où elles doivent gérer leurs déchets dans des espaces urbains denses et des chantiers exigus.
Recovering accompagne Gedimat

Fort du succès de sa déchèterie, Gedimat Sefor (15 millions d’euros de CA) suit l’évolution réglementaire. L’entreprise choisit de passer un cran au-dessus lorsque le décret sur la reprise des matériaux par les sites de négoce s’impose au 1er janvier 2017. L’été dernier, le site de Houilles libère ainsi 500 m² sur un foncier réduit au départ, grâce au rachat d’un pavillon avoisinant pour créer une déchèterie professionnelle. Accompagné par la société d’expertise Recovering, Gedimat Sefor réalise une première du genre dans le monde du négoce avec 13 flux de déchets réceptionnés. Différentes alvéoles accueillent les ferrailles, les inertes souillés et non souillés, les déchets non dangereux ultimes, le bois de démolition, tandis que des bennes et des caisses métalliques reçoivent le plâtre, les emballages propres (films plastiques et cartons), les big bags et les déchets dangereux (pots de peinture). Un rack permet également de déposer les fenêtres usagées. Un conteneur réservé aux appareils électriques professionnels est également disponible depuis le début de l’année, en partenariat avec Récylum. Le système est simple : avant son acte d’achat, le client vient déposer ses déchets, contrôlés visuellement par des agents du site.
Facturation dissuasive sur les DND
A ce jour, 12 % des clients environ ramènent leurs déchets. Ils reçoivent ensuite une facture qu’ils transmettent à la caisse lors des achats de nouveaux matériaux. Gedimat travaille avec Paprec pour la reprise des fenêtres tous châssis et des big bags et avec Allieco Environnement pour les autres déchets. Allieco valorise un maximum de matières issues du flux des déchets en mélange qui peut contenir jusqu’à 50 types de déchets. « Aujourd’hui dans notre secteur, la concurrence ne se fait pas entre recycleurs, explique son PDG, Denis Silio, mais avec les sites d’enfouissement ». En amont, Gedimat sensibilise ses clients pour éviter le dépôt de déchets en mélange, grâce au dialogue permanent et à une facturation dissuasive sur les DND (85 euros le m³ depuis le 1er février), Allieco travaille en aval pour favoriser la valorisation matière et énergétique de ces déchets dits ultimes. Gedimat ne compte pas s’arrêter là. Il vient de lancer la collecte en logistique retour de big bags sur chantier pour les petites quantités de déchets non dangereux et inertes. La collecte de déchets de plâtre a également démarré en partenariat avec Placoplatre. Et comme n’hésite pas à le dire le directeur du site à ses clients : « si vous ne triez pas correctement, c’est Gedimat qui le fait et le répercute sur votre facture. De toute façon, vous n’avez plus le choix alors il faut s’y mettre maintenant ». Le message semble passer peu à peu. En 2018, Gedimat prévoit de générer sur sa déchèterie, 5000 tonnes de matières à valoriser dont une grande majorité de gravats propres.
Crédit : CM
« L’Echo circulaire a cessé sa parution mais l’actualité de l’économie circulaire continue d’être suivie par "Déchets Infos". »