MTB Recycling met le cap sur 2021

Equipementier et recycleur de déchets non ferreux, MTB Recycling s’engage à doubler ses capacités de production et renforce son activité de recyclage. A près de 40 ans d’existence, l’entreprise iséroise prépare la mise en œuvre de son plan MTB2021. Une stratégie d’entreprise qui repose avant tout pour son président Jean-Philippe Fusier, sur la réduction des déchets, la préservation des ressources, la qualité et l’excellence française.

Réorganiser le site historique de Trept autour du recyclage et déplacer les ateliers de fabrication à deux km de là, sur le site Saint-Chef, acquis en 2013, pour développer le manufacturing et y aménager les bureaux administratifs. C’est l’objectif de l’entreprise MTB au cours des quatre prochaines années. Cette PME iséroise, devenue aujourd’hui ETI d’envergure internationale, reste attachée au territoire français. Pas question de délocaliser la fabrication de son matériel. Pour Jean-Philippe Fusier, président depuis 2011, l’excellence française est gage de réussite avec pour principale ligne directrice : investir pour innover. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’entreprise a été parmi les premières à rejoindre le club des équipementiers pour le recyclage, inauguré officiellement fin novembre 2018 sur le salon Pollutec par le Pôle Team2. Depuis sept ans, l’entreprise MTB a investi 20 millions d’euros pour mettre au point des matériels de recyclage spécifiques (broyeurs, séparateurs, cisailles, granulateurs) et depuis 2016, des lignes de recyclage en container, les Box MTB, mobiles et légères pour broyer du câble, des pneumatiques ou encore des plastiques issus de déchets électriques et électroniques (DEEE). Ces caissons transportent le procédé de traitement prêt à l’emploi. L’innovation porte non seulement sur le concept mais aussi sur le procédé de granulation par voie sèche.

En 2017, l’entreprise franchit une nouvelle étape avec l’ambition de donner plus de place et de moyens à ses deux activités de recyclage et de manufacturing. Les ateliers de fabrication devraient ainsi passer de 2300 m2 à 4500 m2 tandis que les bureaux occuperont une superficie de 2500 m2. Le plan MTB2021 représente un investissement complémentaire de 17 millions d’euros. Selon un calendrier défini par la société, l’activité de fabrication sera réorganisée d’ici à février 2019 avec l’aménagement des bureaux au coeur de l’usine. La modernisation du site de recyclage sera finalisée quant à elle d’ici à 2021. Six millions d’euros seront affectés à la conception et à la construction du nouveau bâtiment à Saint-Chef. Celui-ci sera équipé de panneaux photovoltaïques qui produiront 80 % d’électricité verte pour les ateliers et les bureaux. La thématique n’est pas nouvelle pour l’entreprise. Depuis plus de quinze ans, MTB a passé un contrat avec EDF qui garantit la livraison d’une électricité issue d’énergies renouvelables. Par ailleurs, un système de récupération des eaux pluviales sera mis en place ainsi que l’aménagement de jardins partagés.

Cent millions d’euros de chiffre d’affaires

 

MTB Recycling embauche en moyenne un nouveau salarié par mois depuis sept ans, ce qui l’amène à un effectif global de 200 personnes. En parallèle, l’activité de l’entreprise monte en puissance avec un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros attendu pour 2018, dont 40 millions d’euros pour l’équipement. « Ce dernier a doublé en 2018, annonce David Ravet, directeur de développement et des partenariats. Si nous réalisons 90 % de notre chiffre à l’exportation pour la vente d’équipements, nous espérons aussi être un peu plus présents en France dans quelques années ».

En développant depuis dix ans des équipements pour traiter et broyer d’autres déchets que le câble (pneumatiques, DEEE, CSR, plastiques), MTB espère désormais conquérir le territoire français. Dans les années 80, MTB a démarré son activité dans le traitement de câbles, en fabriquant des broyeurs pour le marché international. En France, la concurrence dans ce secteur ne permettait pas à l’entreprise de percer. « Nous sommes dans un contexte économique favorable depuis quelques mois, annonce David Ravet. Le regain de l’industrie française conduit à une meilleure visibilité dans le recyclage ». MTB Recycling a d’ores et déjà comme clients, Guyot Environnement, Baudelet, Paprec et d’autres entreprises adhérentes du réseau Praxy.

Le grand export reste néanmoins la cible commerciale de MTB Manufacturing qui participe à un salon dans le monde tous les mois. Depuis quatre ans, l’entreprise a vendu une trentaine de MTB Box dans le monde dont vingt en Amérique du Nord. « Notre innovation technologique est arrivée à point nommé. Nous avons pris le contrepied de toute la concurrence en proposant cette technologie compacte et mobile. Chacune de nos box demande trois semaines de fabrication. Une fois terminées, elles sont prêtes à l’emploi avec une logistique relativement simple. Avec la fermeture des frontières chinoises à certains flux de déchets, plusieurs recycleurs occidentaux n’ont pas attendu pour investir dans le recyclage », insiste David Ravet. C’est le cas du groupe américain Sims qui a passé commande pour sept Cable Box dès l’annonce des restrictions d’importation chinoises. Pour MTB, c’est une bonne nouvelle. La configuration mondiale actuelle du marché du recyclage laisse penser que la Chine pourrait même devenir sa prochaine conquête. Quelques projets seraient dans les cartons. « Nous tâtons le terrain depuis plus de quinze ans. Pendant longtemps, nous avions la crainte d’être copiés, et la procédure classique de créer un JV avec un partenaire chinois ne nous enthousiasmait pas. De plus cela exigeait d’atteindre une taille critique suffisante et d’investir massivement ». Aujourd’hui, l’entreprise a atteint cette stature alors que la Chine ouvre son marché aux investissements dans le recyclage de ses propres déchets.

« Etre recycleur, être responsable »

L’année 2019 sera surtout consacrée aux travaux de réaménagement du site de recyclage à Trept. Cette activité est en plein essor. MTB Recycling se consacre principalement au traitement des câbles et des métaux non ferreux. « Nous voulons développer notre activité sur notre seul site de Trept qui sert aussi de référence technologique à nos clients, explique David Ravet. Nous observons par ailleurs de nouvelles tendances dans ce secteur, qui mettent en relation directe, recycleurs et manufacturiers. C’est le cas avec Renault qui a donné à MTB la gestion de ses déchets métalliques ».

Ligne de recyclage d’aluminium

De cette façon, l’entreprise iséroise récupère les câbles et autres déchets de production, qu’elle broie, tri et redonne ensuite au constructeur sous forme de nouvelles matières premières à forte valeur ajoutée. Ainsi depuis cinq ans, Renault joue la carte de la boucle courte. MTB recycle notamment ses déchets de câbles au niveau de la production mais aussi sur le site Indra (JV entre Suez et Renault) qui démantèle les VHU (véhicules hors d’usage). Le constructeur reste propriétaire de la matière. Une fois le déchet traité et valorisé en nouvelle matière première, il reprend celle-ci pour la réintégrer dans sa ligne de production. MTB s’intéresse également aux plastiques issus de la valorisation des câbles. Ils représentent jusqu’à 50 % du poids. Ce mélange de PVC et de PE pourrait trouver de nouvelles applications, une fois séparé entre résines. D’autres projets sont en cours pour valoriser les plastiques complexes provenant des DEEE (déchets électroniques) et des RBA (résidus de broyage automobiles).

Une nouvelle aventure technologique

 

A travers son plan MTB2021, l’entreprise de Jean-Philippe Fusier s’inscrit dans une nouvelle dimension, basée sur trois valeurs : le zéro déchet, la qualité des produits et des services, et la construction d’un avenir meilleur pour les futures générations. Cette stratégie qui s’appuie sur une démarche sociétale et environnementale se traduira au fil du temps par le développement de plusieurs actions au sein de l’entreprise. De la conception des machines, à la réduction de leur consommation énergétique et du taux d’usure, MTB souhaite également encourager les gestes de tri et sensibiliser son personnel à la réduction des déchets. Cela signifie par ailleurs innover dans des solutions de recyclage pour de nouveaux flux comme les batteries, les panneaux photovoltaïques, les cartes électroniques.

Yvan Bourgnon et JP Fusier

Pour aider les générations futures à préserver l’environnement, Jean-Philippe Fusier a décidé de sortir de son coeur de métier, en accompagnant sur le plan financier et technique le projet Manta, porté par l’association The Sea Cleaners et le skipper Yvan Bourgnon. L’objectif est de récupérer au plus près des sources de pollution, non loin des côtes, les déchets plastiques rejetés en mer. Le navire sera équipé pour collecter et valoriser ces déchets par pyrogazéification. MTB mobilise aujourd’hui un chef de projet pour la conception du dispositif de traitement à bord du navire Manta. La construction et les essais sont prévus pour 2021 avec le lancement des premières campagnes autour de 2022 et 2023. Cette aventure maritime et écologique bouclera ainsi le plan MTB2021, mais pour l’entreprise iséroise, ce sera le début d’une nouvelle histoire à raconter.

Crédit : MTB

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