Pari Plâtre : premier centre de recyclage francilien

Un partenariat entre Placo Plâtre, Serfim et Bennes Service

En France en 2021, 127 300 tonnes de déchets de plâtre ont été recyclées, en hausse de 37 % par rapport à 2020. Le syndicat des industries du plâtre prévoit que ce recyclage passera à 600 000 tonnes en 2030. En attendant, parmi les grands acteurs du marché, Placo a recyclé 67 000 tonnes de déchets de plâtre l’an dernier et prévoit 79 000 tonnes en 2022. L’industriel compte sur son nouveau centre de recyclage francilien, Pari Plâtre, créé avec Serfim et Bennes Service. Premier du genre dans la région, le site a démarré en octobre 2021 et pourra traiter jusqu’à 40 000 t/an de déchets plâtre.

Les déchets de plâtre sont réceptionnés sous ce hangar, prêts à être chargés dans le process de tri

Cela se passe à Quincy-Voisins en Seine-et-Marne, à une trentaine de km de la carrière et de l’usine de Placo à Vaujours. Sur ses 4000 m² de terrain comprenant un hangar de stockage des déchets de plâtre et un bâtiment abritant le process de tri et de granulation, le centre Pari Plâtre a démarré son activité en octobre 2021. Coût de l’investissement : 3,5 millions d’euros dont 450 000 euros financés par l’Ademe. Seule installation francilienne à ce jour destinée à recycler des déchets de plâtre de chantiers, Pari Plâtre est le fruit d’un partenariat entre Placo, Serfim Recyclage et Bennes Service. Entre ces trois entreprises, un point commun : le traitement des déchets de plâtre, et un partenariat de longue date. Pour Serfim Recyclage, filiale de Serfim, cette collaboration remonte à 2011 avec le développement de son premier site de tri et de recyclage de plâtre à Chambéry. Ancré en région Auvergne Rhône-Alpes, Serfim Recyclage conçoit, réalise et exploite une quinzaine d’unités de recyclage et une cinquantaine de déchèteries professionnelles. Pari Plâtre est sa première installation de traitement hors région AuRA. Bennes Services est une entreprise locale, basée en Seine-et-Marne. Spécialisée dans la gestion globale des déchets de chantier, elle collecte les déchets de plâtre pour Placo depuis 2009.

Déchet de plâtre traité et prêt à l’emploi

L’objectif de l’industriel du plâtre est de monter en puissance sur ses capacités de recyclage. En 2021, Placo a recyclé 67 000 tonnes de déchets de plâtre issus de chantiers, grâce à des moyens mis en place en interne. Le groupe recycle à lui seul plus de 50 % des déchets de plâtre sur le territoire. En 2022, l’objectif visé est de 79 000 tonnes. « Avec Pari Plâtre, nous souhaitons intensifier le recyclage du plâtre en atteignant 150 000 tonnes en 2025 et 200 000 tonnes en 2030, souligne Lucile Charbonnier, directrice Développement Durable et RSE pour Placo Isover. De cette façon, nous pourrons intégrer à terme, 30 % de matière recyclée dans la fabrication de toutes nos plaques de plâtre ». Cette part d’incorporation pourrait même être supérieure et techniquement atteindre 100 %. Mais selon le cahier des charges de certains produits et surtout la disponibilité de la matière, le recyclage n’augmentera que progressivement. Les prévisions de l’Ademe et du syndicat des industries du plâtre (Snip) tablent sur 600 000 t/an de déchets de plâtre recyclés en 2030. Pour Raphael Gas, président de Serfim Recyclage et de Pari Plâtre, le site francilien va aider à répondre aux enjeux réglementaires, alors que la filière REP PMCB entrera en vigueur dans quelques mois : « A ce jour, nous sommes capables sur Pari Plâtre de trier en moyenne 20 t/heure, 140 tonnes jour et 700 tonnes par semaine, avec un taux de valorisation de 98 % ». Soit une capacité globale à terme de 40 000 t/an.

Des flux le plus propres possibles

 

Principal intérêt de Pari Plâtre pour les trois partenaires industriels : un recyclage en circuit court, favorisant des économies de transport, d’énergie et de matières. « Depuis que nous recyclons les déchets de plâtre en France, nous avons constitué un réseau national de 180 collecteurs de proximité et agréés, explique Lucile Charbonnier. En Ile-de-France, nous pouvons compter sur une quarantaine d’entre eux qui collectent dans un rayon de 250 km environ ». Formés à la collecte des déchets de plâtre, ces opérateurs savent comment les transporter, pour éviter des mélanges intempestifs.

La ligne de 80 m de long fonctionne de 7h à 16h. Pari Plâtre traite 140 t/jour de matière

Sur le site de Pari Plâtre, quatre collaborateurs sont aux manettes : un responsable de process, un conducteur de chargeuse et deux agents de tri. Les flux proviennent des chantiers et des déchèteries : mélanges de plaques, carreaux, isolants, plâtre moulé. Objectif : extraire tous les indésirables pour obtenir une matière de qualité. Les déchets sont rassemblés par un opérateur de Bennes Service puis chargés sur une trémie d’alimentation et envoyés vers un cabine avec table de tri. Les deux agents de tri vont retirer les premiers indésirables comme le bois, le plastique, la céramique. La matière poursuit son chemin vers un premier broyeur qui calibre le plâtre selon un cahier des charges défini par Placo. Les métaux sont extraits grâce à un tri magnétique. Une seconde étape de tri commence pour extraire le papier. Deux opérations de broyage et de criblage permettent ensuite de réduire la taille des fragments de plâtre à moins de 13 mm. Cette étape aide à épurer le gypse en ôtant les dernières fractions de papier et de polystyrène. Une filière de valorisation est à l’étude. Une fois nettoyé de ses impuretés, le gypse est stocké dans deux silos de 80 m³ avant d’être transporté à 33 km sur l’usine Placo de Vaujours pour être mélangé à d’autres gypses et injecté dans le process de fabrication de plaques.

Placo exploite sept carrières de gypse en France et dispose désormais de trois centres de tri à Chambéry (73), Cognac (16) et Quincy-Voisins (77)

L’usine de Placo à Vaujours intègre en moyenne 20% de gypse recyclé issu de déchets de chantier

Sur ses 50 hectares, l’usine de Vaujours, fondée en 1948, exploite une carrière et transforme le gypse en produit fini, la plaque de plâtre. Il s’agit du premier site de transformation en Europe et représente 50 % de l’activité du groupe. Il emploie environ 300 salariés. La fraction recyclée post-consommation provenant de Pari Plâtre est mélangée à du gypse pur et post-production dans des proportions différentes selon les produits définis. La plaque de plâtre est ainsi fabriquée sur une ligne de plus de 500 mètres de long, inaugurée en 2008 et entièrement automatisée. Une bobine de papier en 100 % recyclé est déroulée sur un tapis qui défile en continu et reçoit la gâchée, sorte de pâte à crêpe constituée de farine de gypse et d’eau. Le mélange durcit naturellement pendant trois minutes, le temps de parcourir 450 mètres. Débarrassé de son surplus d’eau, le matériau est séché et découpé en plaques, puis transporté sur des chariots autonomes. Les produits finis sont stockés en attendant de partir vers les réseaux nationaux de distribution. Sans divulguer les recettes de fabrication, ni les chiffres du groupe (notamment ceux de la production), la directrice du développement durable avoue néanmoins que produire du plâtre recyclé revient aujourd’hui plus cher que du plâtre directement extrait de carrières, mais ce choix va dans le bon sens pour la préservation des ressources : « nous sommes sur le chemin de la professionnalisation d’une filière de recyclage dans notre secteur qui à terme, permettra d’intégrer 100 % de matière recyclée ».

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