Sorevo Environnement à fond sur le câble

Une nouvelle installation de recyclage à Bessancourt

L’entreprise Sorevo Environnement récupère et valorise les métaux et les DIB depuis 1984. Ses deux sites franciliens de Gennevilliers et de Bessancourt sont partagés entre l’achat au détail d’un côté, le tri et la valorisation des matières de l’autre. Il y a quatre ans, Sorevo Environnement a investi dans un outil industriel de traitement de câbles. Depuis, l’installation s’enrichit chaque année pour affiner le tri des métaux et des plastiques. L’objectif de son président : monter rapidement en volumes et en qualité.

Avec 50 000 tonnes de matières traitées chaque année, pour un chiffre d’affaires en 2017 de 20 millions d’euros, Sorevo Environnement fait son chemin dans la profession. Lauréate l’an dernier du programme PM’up, organisé par la région pour aider les PME à moderniser leur outil de production et se développer à l’international, elle gravit tranquillement les échelons pour devenir en Ile-de-France, un acteur incontournable dans le recyclage des métaux. Selon son président Eric de L’Etoille arrivé dans l’entreprise en 1996, cette profession doit passer désormais par une démarche industrielle. Cela implique non seulement des investissements matériels pour augmenter les tonnages traités, mais aussi, un engagement sur la qualité des produits, le respect des réglementations et un basculement vers un métier de services.

Nouvelle grue électrique Seram

Pour franchir ce cap, Sorevo se veut irréprochable sur les normes sociales, environnementales et qualité. L’entreprise possède la triple certification ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001 depuis 2013. Le site de Bessancourt dans le Val d’Oise s’est progressivement enrichi d’outils de traitement performants comme une presse-cisaille Copex en 2011 et d’une troisième grue Seram depuis quelques semaines. Fort de son partenariat de long terme avec SeramGroup, le site de Bessancourt s’est équipé d’une grue électrique d’une plus grande efficacité énergétique et disposant d’une technologie plus propre. Cette nouvelle grue équilibrée avec un bras articulé plus large vient alimenter un broyeur. L’entreprise investit en moyenne chaque année entre 5 et 7 % de son chiffre d’affaires. Ces équipements permettent aujourd’hui à Sorevo Environnement de réaliser plus de 60 % de son chiffre d’affaires dans le traitement des métaux : « Bien qu’ancestral, le recyclage des non ferreux et en particulier celui du cuivre est en devenir, affirme Eric de L’Etoille. Si ce métal a toujours été au coeur notre profession, en raison de son cours attractif, nous devons changer de mentalité pour répondre à l’évolution des marchés et aux exigences sur la qualité ». Aujourd’hui, le récupérateur et recycleur de métaux ne peut plus se contenter de gains faciles. Il faut aller chercher plus de matière et la transformer de manière à lui donner une plus forte valeur ajoutée, explique le président de Sorevo.

La Chine, un mal pour un bien

 

Ce discours mis en action a donné lieu il y a quatre ans, au développement d’une nouvelle activité au sein de l’entreprise. Jusqu’alors réservée à deux grands acteurs basés dans les Hauts-de-France et en Auvergne Rhône-Alpes, la valorisation des câbles a démarré chez Sorevo par l’installation d’une ligne de pré-broyage, associant aimants et tables vibrantes, pour séparer le cuivre et les gaines plastiques. Aujourd’hui, le site de Bessancourt traite jusqu’à 25 tonnes de câbles par jour, et compte d’ici à la fin de l’année augmenter significativement cette capacité.

Câbles en attente de broyage

Plusieurs paramètres ont déclenché cet investissement, rappelle Eric de L’Etoille qui avait déjà cette idée en tête il y a vingt ans : « l’absence de technologie pointue dans ce secteur ne nous permettait pas à l’époque d’être rentable. Avant le Green Fence I et II, puis le National Sword en 2017 et le Blue Sky en 2018, limitant les exportations de matières à recycler vers la Chine, ce pays achetait beaucoup de câbles à prix fort sur le marché mondial, ce qui ne favorisait pas la compétitivité en Europe. Aujourd’hui, nous gardons cette matière et pouvons associer quantité et qualité grâce à des outils industriels performants ». Le président de Sorevo souligne néanmoins que le métier devient de plus en plus technique : « il faut être présent et contrôler toutes les opérations comme le lait sur le feu, pour garantir cette qualité, un minimum de rendement et anticiper les cours du marché ».

Grenaille de cuivre après traitement

Pour ce faire, Sorevo s’est doté tout récemment d’un laboratoire de spectrométrie pour échantillonner les grenailles de cuivre après broyage et tri. Sorevo vend à plusieurs petits fondeurs français qui ont des exigences différentes sur la qualité, la granulation et le conditionnement. Pour l’entreprise, la réactivité et la souplesse est un gage de succès. Elle s’engage par ailleurs à répondre aux exigences de ses clients équipementiers qui doivent se conformer avant septembre à la nouvelle norme IATF 16949, applicable à l’industrie automobile. Il s’agit de la nouvelle version de la norme internationale ISO/TS 16949 qui concerne en particulier les processus de fabrication et la qualité.

Quant aux plastiques issus des câbles, bien souvent un mélange composé de PE, PVC, PP et caoutchouc, ils pourraient à court terme trouver un nouveau débouché dans la signalisation routière. Sorevo est partenaire d’une entreprise de la plasturgie, dont le projet a été retenu dans le cadre d’un AMI de l’Ademe sur le réemploi de matières en circuits courts. Ce projet implique un tri complexe des polymères en vue de produire un matériau de qualité, qui ne finira donc pas en enfouissement ou en incinération. Sorevo Environement joue la carte de la proximité en aval mais aussi en amont en s’approvisionnant sur un rayon de 100 km. La région francilienne fournit globalement assez de matières provenant de chutes de production mais aussi des chantiers de démolition, pour alimenter les deux sites.

Crédit : CM

Pour en savoir plus sur l’entreprise Sorevo Environnement

« L’Echo circulaire a cessé sa parution mais l’actualité de l’économie circulaire continue d’être suivie par "Déchets Infos". »

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