Pour se débarrasser d’un stock de palettes en bois, vendre des chutes de plastique PS choc ou donner du faux plancher plutôt que de le mettre à la benne, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Ile-de-France vient de lancer une bourse des déchets en ligne. Co-financée par la région, elle s’inscrit dans le cadre du projet Recyter pour la promotion de l’économie circulaire en Ile-de-France. En France, deux autres bourses ont déjà démarré en Martinique et Nouvelle-Aquitaine, portées par les régions et les CCI.
Réduire et valoriser les déchets et les matériaux, c’est le sens du programme francilien Recyter qui s’articule depuis son lancement en 2016, autour de trois axes de développement : la mise en œuvre d’une bourse des déchets, l’accompagnement des entreprises dans l’économie de la fonctionnalité et l’accompagnement des entreprises sur un territoire pour la promotion de l’écologie industrielle. Ce sujet reste le plus difficile à construire selon Brigitte Dauzat, chargée de coordination à la CCI Paris Ile-de-France, car il exige une mobilisation de plusieurs acteurs différents autour de la mutualisation et des échanges de ressources ou de services.

En Ile-de-France, le Quartier des Deux Rives, associant la Ville de Paris et la RATP fait partie de ces projets exemplaires. « Nous constatons malgré tout que les mutualisations ont du mal à émerger s’il n’y a pas de référent moteur. De ce fait, la création d’une bourse aux déchets pourrait compenser et booster les démarches d’écologie industrielle sur un territoire » ajoute Brigitte Dauzat. Cette réflexion est également reprise dans d’autres régions françaises pour amorcer le début de synergies au niveau d’un territoire. Le terme « déchets » est sans doute ici mal approprié. Il s’agit surtout de matières ou de produits en bon état, non utilisés par une entreprise, une association ou une collectivité et qui pourraient bénéficier à un autre acteur local.
Un tremplin pour amorcer un projet d’écologie industrielle et territoriale
En Ile-de-France, le tissu économique et social est dense, ce qui paradoxalement ne facilite pas les échanges ni la communication. « Nous partons du constat que des ressources sont disponibles et réutilisables plusieurs fois avant de finir en déchet. De nombreuses petites entreprises qui s’installent dans la région, souhaitent souvent pour démarrer leur activité, disposer de matériels, de mobiliers de bureau ou d’équipements informatiques », assure Brigitte Dauzat. Cette bourse pourrait ainsi jouer le rôle de passerelle avec des ressourceries, des entreprises d’insertion et de réparation.
La plateforme en ligne www.bourse-des-dechets.fr est destinée à tous les établissements franciliens disposant d’un numéro de Siret. Du secteur privé (artisan, commerçant, PME, grande entreprise) aux secteurs associatif et public (école, établissement de santé, administration, collectivité …), la bourse des déchets offre un espace d’échanges ponctuels, sur la base d’une transaction commerciale ou pas. La consultation et le dépôt d’une annonce sont gratuites. Néanmoins, le dépôt d’une annonce et la mise en relation avec un annonceur nécessitent une inscription. Toutes les annonces mises sur le site sont validées par l’administrateur avant publication. Les utilisateurs de cette plateforme peuvent publier des offres de matériaux, d’objets et d’équipements, à la vente ou en don ou biens des demandes. Les annonceurs gèrent leurs offres et demandes via un compte personnel et peuvent les modifier, supprimer ou renouveler à tout moment. Ces annonces sont publiées pour une durée de deux mois. A ce jour, trois catégories comme le bois, les matériaux de déconstruction et les plastiques sont visibles car utilisées par des annonceurs. Douze autres catégories s’afficheront au fur et à mesure des visites et des mises en ligne. Cet outil pour être utilisé, doit être connu de tous. Une communication de la région est prévue en septembre sur l’ensemble des actions menées en faveur de l’économie circulaire. La bourse francilienne y aura forcément sa place.
Un échange basé sur le don
En France, deux autres plateformes en ligne existent sous l’égide des pouvoirs publics. Le site www.bourse-dechets-martinique.fr a été créé en 2014 par l’association Entreprises & Environnement, en partenariat avec la CCI de Martinique, l’Ademe et la région Martinique, en partant d’un constat : les déchets de certaines entreprises peuvent servir à d’autres entreprises dans le cadre de leur activité. Cette plateforme permet donc aux entreprises de déposer gratuitement des annonces pour échanger des déchets ou des équipements professionnels (étagères métalliques, panneaux de bois). Une quinzaine de catégories de matières sont d’ores et déjà répertoriées (papiers-cartons, métaux, huiles, textiles, résidus chimiques…).


En Nouvelle-Aquitaine, la bourse des déchets www.bourse.dechets-aquitaine.fr est opérationnelle depuis un an environ avec une réactualisation des nouveaux départements depuis avril dernier. Lancée sous l’impulsion de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat et de la région Nouvelle-Aquitaine, cette plateforme a déjà trouvé un bon rythme de fréquentation, indique Marianne Caritez en charge du projet de réactualisation du site. « Une bourse des déchets existait en région depuis 2006. Nous avions besoin de la moderniser, de la rendre plus visible et surtout d’y associer des fiches conseil et une cartographie pour localiser les annonces ». Aujourd’hui, le site accueille pas moins de 150 inscriptions et une vingtaine d’annonces régulières. La création de cette bourse résulte d’une forte demande régionale où les entreprises, mais aussi les particuliers, les associations et les collectivités ne trouvaient pas d’espace pour vendre ou tout simplement donner des biens usagés en état de réemploi ou de recyclage. Particularité de cette bourse : son accès aux professionnels et aux particuliers, quelle que soit leur provenance géographique.
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