Envie reconditionnera du GEM en plein Paris en 2026

Un local en attente d’aménagement dans le 20e arrondissement

Pour déployer son activité sur le réemploi et les métiers de la réparation du GEM en Ile-de-France, la Fédération Envie travaille sur un nouveau projet d’installation à Paris intramuros. En 2026, un atelier de reconditionnement et un lieu apprenant verront le jour dans un local mis à disposition par la Ville, dans le 20e arrondissement. 

Envie a fêté ses 40 ans à l’hôtel de ville de Paris le 5 novembre 2024. L’occasion pour Benoit Hamon, président d’ESS France de rappeler le rôle essentiel du réemploi solidaire

La Fédération Envie s’agrandit sur le territoire du Grand Paris, en planifiant l’ouverture d’un atelier de reconditionnement boulevard Davout dans le 20e arrondissement. Ce projet est soutenu par la Ville de Paris et  lauréat de l’appel à projets immobiliers pour « Des lieux de collecte, transformation, production, vente et logistique pour une économie solidaire et engagée à Paris ».  Il a pour ambition de développer une activité de production au cœur de la capitale grâce à de l’économie solidaire et circulaire. L’aménagement du futur site nécessite un coût d’investissement de 650 000 euros. La région Ile-de-France, l’Ademe, et le Syctom devraient être au rendez-vous. Prochain défi : prospecter le secteur privé pour compléter le financement. D’ores et déjà, la Ville de Paris a exprimé son soutien. Invité pour célébrer les 40 ans d’Envie dans l’enceinte de l’Hôtel de ville, Florentin Letissier, maire-adjoint en charge de l’économie sociale, solidaire et circulaire, en a profité pour réitérer son engagement dans ce projet. Pour s’adapter au modèle économique d’Envie, la RIVP (Régie immobilière de la Ville de Paris) prévoit un loyer modéré pendant 15 ans, soit moins de 50 000 euros par an pour une surface utile de 527 m². Aujourd’hui, Envie reconditionne les machines vendues à Paris dans son atelier de Trappes (Yvelines), même lorsque les appareils reconditionnés proviennent des collectes à domicile réalisées auprès des ménages parisiens. L’objectif de ce futur atelier urbain est d’augmenter la capacité de traitement d’Envie à Paris mais aussi d’optimiser son circuit logistique entre les lieux de collecte des gisements reconditionnés et ses points de vente. Le local permettra également à la Fédération de créer un centre de formation de la réparation d’électroménager, au plus près des plateformes techniques.

Formations tous publics

 

Atelier de reconditionnement d’Envie à Trappes

L’apprentissage chez Envie existe depuis deux ans à travers ses formations en interne sur tous les sites demandeurs du réseau. « L’objectif à terme est de regrouper des apprenants internes au réseau et externes, sur un site physique doté des outils et des machines nécessaires à leur montée en compétences. Aujourd’hui, nous pouvons délivrer une formation certifiante ouverte à tous types de publics. Le diplôme est reconnu par l’État, financé par le CPF, OPCO ou dans le cadre d’un contrat de professionnalisation » assure Eric Gastineau, directeur d’Envie à Trappes. En attendant de prendre ses quartiers dans la capitale, c’est sur le site de Trappes, que les stagiaires sont accueillis pour acquérir un savoir-faire. La prochaine session aura lieu en janvier 2025. Elle s’adresse à des personnes ayant une expérience professionnelle de minimum 12 mois en atelier de réparation ou rénovation d’appareils électriques, ou d’un diplôme, titre professionnel, ou d’une certification professionnelle en électricité et/ou en réparation d’appareils électriques.

« Dans leur parcours d’accompagnement social et professionnel, tous nos salariés en contrat d’insertion bénéficient de formations métiers sur leur poste de travail, habilitations électriques et de formations à des compétences transverses  (remise à niveau de français, rédaction cv, sécurité…etc…) » explique Eric Gastineau. A Trappes cela concerne chaque année entre 20 et 25 salariés et sur l’ensemble du réseau Envie, près de 3000 salariés. Une partie d’entre eux bénéficie de formations certifiantes (permis CACES, poids lourd, formations certifiantes de l’Ecole Envie – Technicien spécialisé en électroménager ou vendeur spécialisé en électroménager par exemple).

Le projet Davout doit contribuer à la création d’une quinzaine d’emplois en insertion et d’au moins huit ETP de salariés permanents à terme. L’atelier de reconditionnement sera alimenté par du gros électroménager issu d’apports volontaires parisiens et en majorité du hub logistique de Bercy, situé à Porte de Charenton. Ce hub lancé en 2023 est géré par l’entreprise Ecogem qui fournit déjà gratuitement les antennes franciliennes d’Envie Trappes et Pierrefitte. Il rassemble des gisements provenant de la distribution comme Darty et de particuliers via le site jedonnemonelectromenager.fr créé par l’éco-organisme ecosystem. A ce titre, Ecogem est soutenu par la filière REP pour réaliser la collecte préservante. Une fois réceptionnés, les appareils font l’objet d’un diagnostic et d’un pré-tri avant d’être dirigés vers des filières de réemploi ou de recyclage.

Les marchés publics dans le viseur

 

Au sein du futur atelier parisien, Envie envisage de traiter en moyenne 2500 produits par an. Les équipements remis en état seront ensuite commercialisés sur deux points de vente : Envie Le Labo à Paris 20e et sur le Village du Réemploi à Montreuil (93). Cela implique de repenser à court terme toute la logistique pour optimiser l’acheminement des équipements vers les sites de réparation et de livraison. Par ailleurs, qui dit plus de flux traités, signifie garantir la vente de ces produits. Marie Baulu, responsable développement Ile-de-France pour Envie, rappelle que jusqu’à présent, la demande était supérieure à l’offre surtout les mois qui ont suivi la crise Covid mais depuis le printemps dernier, la tendance s’inverse. Moins de demande et surtout moins d’équipements haut de gamme à reconditionner : « nous constatons une perte générale de la crème, liée à une nouvelle répartition des gisements et à la présence de nouveaux acteurs du réemploi lucratif. Face à cette situation, Envie doit s’adapter et à ce titre, nous comptons sur les marchés publics pour diversifier notre activité ». A ce jour, seuls 4 % des collectivités jouent le jeu des achats circulaires. Dans cette configuration, Envie Paris souhaite dans un second temps renforcer son équipe avec le recrutement d’un commercial pour développer ces marchés.

Futur local Davout (Paris 20e)

Aujourd’hui, le local du 56 boulevard Davout est vide et prêt pour l’aménagement. Envie prévoit des travaux d’électricité, de plomberie et l’installation de plusieurs procédés, comme des équipements de lavage industriel pour nettoyer certains composants. Une réflexion est également menée pour segmenter les tâches pour aider les futurs apprentis à se spécialiser. Pour définir la structure juridique la plus adaptée à son projet parisien, la Fédération Envie va faire appel au DLA (dispositif local d’accompagnement de l’ESS) et sera accompagné par France Active. Plusieurs paramètres seront pris en compte comme l’accès à certains financements pour choisir le statut juridique. L’objectif d’Envie est de démarrer au plus tard en 2026.

Crédits : Envie

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