L’UE et onze autres pays créent l’Alliance mondiale pour l’économie circulaire

Pour sortir de la crise écologique et de la Covid-19

Dans son plan d’actions en faveur de l’économie circulaire, adopté en mars 2020, la commission européenne proposait de créer une « Alliance mondiale pour l’économie circulaire et l’utilisation efficace des ressources ». Objectif : déployer des initiatives et des partenariats à l’échelle des cinq continents. Son lancement a eu lieu officiellement le 22 février 2021. Aux côtés de l’Union européenne, onze pays ont exprimé leurs espoirs et leurs attentes vis-à-vis de ce nouveau modèle économique.

L’occasion était toute trouvée. En marge de la 5e session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement, l’Union européenne a lancé l’« Alliance mondiale pour une économie circulaire et une utilisation efficace des ressources » en collaboration avec le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). La création de cette instance faisait partie des objectifs du plan d’actions européen pour l’économie circulaire, adopté par la Commission européenne en mars 2020, dans le cadre du pacte vert pour l’Europe. L’Alliance réunit non seulement l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne mais également onze pays d’Afrique (Afrique du Sud, Kenya, Nigeria, Rwanda), d’Asie (Japon), d’Amérique (Canada, Chili, Pérou, Colombie), de Scandinavie (Norvège) et d’Océanie (Nouvelle-Zélande).

Sortir de deux crises majeures

 

L’Alliance officiellement lancée le 22 février 2021 à distance

Avec pour tous, les mêmes objectifs : lutter contre le changement climatique et préserver les ressources et la biodiversité. Economies développées ou émergentes, les pays adhérant à l’Alliance souhaitent faire de l’économie circulaire un rempart à la dégradation de la planète et un moyen durable de sortir de la pandémie Covid-19. Pour ce faire, un travail d’identification des freins et des leviers sera nécessaire, ainsi que des études sur les besoins de recherche. Les pays intégrant l’Alliance ne sont pas tous au même niveau réglementaire, fiscal, technologique et industriel. Si l’Europe a pris de l’avance dans sa réglementation et ses objectifs en matière de circularité, d’autres pays, de manière isolée s’attaquent également aux problèmes de pollution aux plastiques, à la gestion de leurs déchets, et encouragent la création des éco-technologies et d’emplois verts. C’est le cas pour plusieurs Etats d’Amérique latine, aujourd’hui adhérents de l’Alliance. La Colombie par exemple souhaite renforcer sa politique environnementale sur l’énergie, les matières premières et la réduction des pollutions. Pour son ministre de l’Environnement, l’initiative européenne va permettre de créer des synergies et peser dans la balance à l’échelle du continent américain. Même avis pour le ministre de l’Environnement péruvien, qui salue les coopérations possibles comme un moyen d’agir sur le changement climatique. Selon Gabriel Quijandria Acosta, l’économie circulaire conduira à une nouvelle approche industrielle, au développement de nouveaux modèles économiques. Pour cela, il espère la mise en œuvre de partenariats publics-privés à l’échelle internationale, le renforcement des programmes d’éducation des jeunes et le changement de comportements des consommateurs. Toutefois, il insiste sur le fait que cette économie circulaire ne pourra pas se faire aux dépens des pauvres mais devra bénéficier à tous pour garantir son succès.

Pays émergents dans la boucle

 

Pour les pays émergents, l’Alliance mondiale a un pouvoir d’entraînement et d’émulation. Au Chili, cette coopération internationale devrait booster les actions nationales pour améliorer la gestion des déchets, et réduire les pollutions en tous genres. La législation chilienne a déjà pris les devants pour combattre les plastiques à usage unique, comme c’est le cas également au Rwanda qui a inscrit l’interdiction des sacs plastiques en polyéthylène dans sa législation bien avant la réglementation européenne et investit avec des pays européens partenaires dans des filières de recyclage des déchets électroniques. Pour sa ministre Jeanne d’Arc Mujawamariya (nommée en 2020), l’économie circulaire est un outil viable et prometteur qui contribue à la protection de l’environnement et qui en Afrique, peut générer des milliers d’emplois et attirer de nouveaux investissements, gages de compétitivité.

Par son approche technologique, le Japon compte sur son savoir-faire pour développer l’innovation au service de l’éco-conception, du recyclage et du démantèlement de DEEE ou de VHU (véhicules hors d’usage). Son ministre de l’Environnement Shinjirō Koizumi souligne le combat que mène son pays pour réduire les matières plastiques et pose l’économie circulaire comme levier pour sortir de deux crises majeures : le changement climatique et la Covid19. Au Canada, qui accueillera le prochain Forum mondial sur l’économie circulaire en septembre 2021, l’heure est venue de se conformer aux accords de Paris pour lutter efficacement contre le changement climatique. Selon Patricia Fuller, ambassadrice au Canada pour les changements climatiques, l’économie circulaire fait partie des valeurs fortes qui doivent désormais rassembler les leaders économiques mondiaux. Pour la Nouvelle-Zélande, déjà bien engagée dans des démarches d’économie circulaire sur son territoire à travers sa politique sur les plastiques, les emballages et le recyclage, l’Alliance ne peut que favoriser le dialogue et les échanges pour aller encore plus loin dans le changement de paradigme.

Ne pas oublier les jeunes

 

Lors de l’inauguration de l’Alliance en distanciel, Teresa Oberhauser, fondatrice de la start-up hollandaise Circularise et représentante de la jeunesse à l’UNEP, n’a pas manqué de souligner que le recyclage n’est pas la seule action à mener. Elle insiste sur le fait que les jeunes devront jouer un rôle majeur dans les actions et les partenariats à venir. De même, Jocelyn Blériot, dirigeant de la Fondation Ellen MacArthur estime qu’il est nécessaire de se rassembler en plus grand nombre pour déployer les démarches d’économie circulaire à condition de transformer le système en profondeur. La Fondation se mettra au service de l’Alliance pour apporter ses idées et fournir des analyses économiques et environnementales à partir de son expertise.

L’Europe ne veut plus être seule à porter l’économie circulaire en étendard. Perçue comme une solution phare pour sortir des crises écologiques et sanitaires mondiales, l’économie circulaire devrait gagner du terrain à condition de créer des partenariats forts entre pays de tous les continents, quel que soit le statut ou le niveau de richesse. Si les pays d’Amérique latine et d’Afrique attendent beaucoup de cette Alliance pour favoriser les investissements et la création d’emplois verts, les économies développées estiment que c’est le moyen de repenser leurs modes de consommation et de production destructeurs. L’année 2021 s’annonce riche en événements internationaux où pourront être abordés les actions en faveur de l’économie circulaire : le G7 en juin (Royaume-Uni), le Forum mondial sur l’économie circulaire en septembre (Canada), le G20 en octobre à Rome (Italie) et la Cop26 en novembre à Glasgow (Royaume-Uni). Les membres de l’Alliance mondiale pour l’économie circulaire et l’utilisation efficace des ressources comptent sur ces rencontres pour faire passer des messages et initier les premières actions.

Pour visionner la réunion de lancement de l’Alliance (GACERE) :

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« L’Echo circulaire a cessé sa parution mais l’actualité de l’économie circulaire continue d’être suivie par "Déchets Infos". »

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