Le plan de relance industrielle se déploie dans les territoires depuis septembre 2020 pour soutenir la compétitivité, l’écologie et l’emploi. Après un engagement de 10 milliards d’euros l’an dernier, France Relance accélère sa mise en œuvre avec une nouvelle enveloppe de 16 milliards d’euros à fin février 2021. La crise sanitaire a rebattu les cartes dans certains secteurs, dont celui du recyclage considéré du jour au lendemain comme activité essentielle. Plusieurs entreprises du recyclage et projets d’économie circulaire sont d’ores et déjà soutenus dans 22 départements.
Pour relancer l’industrie et les emplois, les aides de l’État visent l’ensemble du territoire français. Tous les départements sont concernés par un soutien de plusieurs milliards d’euros dont l’objectif est de sortir rapidement et durablement de la crise, provoquée par la pandémie Covid-19. Parmi les leviers favorisant cette sortie, l’économie circulaire a été pour la première fois intégrée aux paramètres de Bercy. Avec en ligne de mire, des projets sur le tri, le réemploi et le recyclage. Il ne s’agit donc plus d’un dossier uniquement réservé au ministère de l’Ecologie. Au-delà du volet écologique qui concerne principalement la rénovation des bâtiments et le verdissement du parc automobile, l’industrie du recyclage est devenue une composante à part entière d’une stratégie nationale. A ce jour, France Relance recense 22 départements où le recyclage et l’économie circulaire bénéficient d’un budget ciblé pour des projets et des entreprises définies.
Sauver la régénération des plastiques
C’est notamment le cas pour la régénération des plastiques. L’effondrement des prix du pétrole liés à la crise sanitaire et économique, a entraîné de lourdes conséquences pour la filière du plastique recyclé. Des organisations professionnelles comme Federec (Fédération des entreprises du recyclage) sont montées au créneau et ont obtenu la mise en place d’un soutien à la tonne. C’est ainsi qu’en région Auvergne Rhône-Alpes, 15 entreprises de recyclage des plastiques ont d’ores et déjà bénéficié d’une aide d’urgence de 3,8 millions d’euros pour régénérer 43 320 tonnes de plastiques. Parmi elles, six entreprises de Haute-Loire soutenues à hauteur de 1,4 million d’euros pour la vente de matières issues du recyclage, via le dispositif AideRecy de l’Ademe. En Isère, l’entreprise de recyclage de plastiques Ereplast a également reçu une aide à l’investissement pour son développement. En Bourgogne Franche-Comté, Recytherm (Yonne) a bénéficié des fonds destinés au recyclage des matières plastiques, tandis que dans la Nièvre, le plan de relance est venu soutenir l’activité de tri des pneus usagés au sein de la Holding Cassier Recyclage. Dans la Meuse, les entreprises Wellman France Recyclage et Paprec Groupe ont bénéficié d’une aide exceptionnelle de 809 000 euros au total pour leurs ventes de matières premières recyclées. C’est également le cas pour quatre entreprises du Maine-et-Loire, une entreprise de la Sarthe ainsi que Vendée polystyrène.
L’Ile-de-France mise sur le réemploi
La région francilienne accueille plusieurs entreprises soutenues dans leurs projets d’économie circulaire. C’est le cas en Seine-et-Marne de la PME Fornells (37 salariés), implantée à Nangis et spécialisée dans la fabrication d’éléments de matières plastiques recyclées destinés à la construction. Elle doit recevoir une subvention d’1,2 million d’euros pour investir dans son outil et élargir sa gamme de production. Cet investissement va permettre la création de cinq emplois qualifiés en CDI. Par ailleurs, l’entreprise Cosson va bénéficier d’une aide de 300 000 euros pour la création d’un éco-tri des déchets des entreprises et d’une centrale de traitement. En Essonne, le plan de relance se traduit notamment par une aide de deux millions d’euros pour soutenir les acteurs de l’économie circulaire, soit 1,2 million d’euros pour moderniser et développer une plateforme de recyclage à Marcoussis et 400 000 euros pour construire une déchèterie de nouvelle génération couplée à une ressourcerie sur le plateau de Saclay.

En 2020, un fonds de soutien exceptionnel a été mis en place par l’Ademe pour soutenir les structures engagées dans le réemploi et le recyclage. Dans le Val-de-Marne, sept structures ont pu en bénéficier à hauteur de 150 000 euros. En parallèle, deux projets similaires seront accompagnés en 2021. Dans le Val-d’Oise, trois entreprises bénéficient d’un soutien à l’investissement grâce au fonds économie circulaire et déchets, à hauteur de 1,7 million d’euros. Green Récupération à Argenteuil a reçu un million d’euros pour créer une déchetterie professionnelle et une installation de tri mécanisé des déchets des entreprises. La structure pourra ainsi trier 21 flux de déchets différents venant des commerçants, artisans et TPE de tous métiers. IMAJ a obtenu 8 250 euros de soutien pour la modernisation de la ressourcerie de Villiers-le-Bel, lieu essentiel dans la conduite des actions de réinsertion. Ces financements permettront l’achat d’équipements pour la création d’un atelier de « soudure à l’arc » favorisant la réutilisation d’objets dans un processus de sur-cyclage. Enfin, Medinger Environnement est soutenue à hauteur de 700 000 euros pour la mise en œuvre d’une plateforme de lavage de terres excavées et de ballast.
Entreprises de pointe
A Rochefort (Charente-Maritime), l’entreprise Werzalit, spécialisée dans la fabrication de plateaux de tables, a reçu 800 000 euros pour diversifier son activité et innover sur la conception des produits par une approche écologique, en lien avec l’économie circulaire. Le projet va permettre de créer dix emplois supplémentaires aux 65 postes déjà en place. En Aveyron, une filière technologique fait l’objet de toutes les attentions. Il s’agit du recyclage et de la seconde vie des batteries. Deux entreprises sont aidées dans ce domaine : SNAM à Viviez souhaite étendre ses capacités de production (en volume et en nature) de son usine de recyclage de batteries et d’accumulateurs, tandis que Phénix Batteries à Decazeville projette de monter une usine de fabrication de batteries de seconde vie à partir de batteries de véhicules électriques usagées. Les projets dans les DOM COM ne sont pas en reste. France Relance a choisi de soutenir la modernisation des centres de tri et de recyclage à Saint-Pierre et Miquelon et aux Antilles, en particulier en Guadeloupe, avec le lancement d’une étude sur la filière Textile Linge Chaussures pour une aide de 47 000 euros et la mise en œuvre d’ une unité de valorisation de déchets organiques de cuisine centrale pour 219 000 euros. Une enveloppe de 5 millions d’euros est par ailleurs attribuée à la Polynésie française, au titre de l’économie circulaire, pour financer des projets sur la valorisation des déchets.
Pour rappel, France Relance distribuera 100 milliards d’euros d’aides sur trois ans, dont 30 milliards d’euros consacrés à la transition écologique. Pour l’État français, l’aide à l’économie circulaire reste principalement centrée sur des projets d’investissement dans le réemploi, le tri, le recyclage et la valorisation des déchets. Ce basculement vers un modèle plus circulaire, bien qu’incomplet, est censé assurer à court et moyen terme, la pérennité d’activités industrielles essentielles et créatrices d’emplois.
Aller plus loin :
Le fonds déchets et économie circulaire de l’Ademe représentera une enveloppe de 400 millions d’euros par an au cours des deux prochaines années.
Une nouvelle aide destinée aux TPE-PME vient d’être créée. Jusqu’à 80 % des dépenses des entreprises peuvent être désormais prises en charge, notamment sur les prestations d’accompagnement suivantes : bilan d’émissions de gaz à effet de serre ; gestion des déchets ; éco-conception des produits et services.
Les cartographies de France Relance
Crédit : CM, Paprec
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