Val’Mob donne du rab au mobilier professionnel

Une application digitale pour inciter au réemploi

Chaque année, des milliers de postes de travail sont déménagés, fracassés dans des bennes tout venant. Souvent en très bon état, le mobilier professionnel sera au mieux recyclé, au pire enfoui ou finira en fumée. Pourtant, une seconde vie pour ces équipements reste la meilleure solution sur le plan écologique et financier. C’est ce que prône la plateforme digitale Val’Mob du cabinet Mouvement Conseil. L’objectif : mettre en relation les entreprises et les associations pour rallonger la durée de vie du mobilier professionnel.

Cabinet en ingénierie de transfert, Mouvement Conseil accompagne ses clients à toutes les étapes de leur projet de réaménagement de locaux ou de transfert d’activité. Dans ce cadre, l’entreprise a développé des outils de GDAO (Gestion des Déménagements Assistée par Ordinateur) pour répondre aux besoins en termes de suivi, de sécurisation et d’accompagnement, depuis l’organisation de vidage du site jusqu’aux travaux et rénovations en passant par l’inventaire et la gestion du parc mobilier. Pour faciliter cette démarche, le cabinet a créé en 2014 une plateforme digitale Val’Mob. Sa vocation : mettre en relation les entreprises, détentrices de mobilier professionnel et les associations œuvrant pour le réemploi. En une seule application, ce service gratuit répond ainsi aux différentes contraintes liées aux objectifs de réemploi de mobilier, matériels et équipements dans le cadre du vidage d’un site, d’un changement de mobilier ou de l’optimisation d’un stock. La plateforme digitale a été pensée par des professionnels de la logistique pour répondre à la complexité d’organisation à laquelle sont confrontés les détenteurs de biens.

Entreprises du CAC 40

 

Pour Christophe Starke, co-fondateur de Mouvement Conseil, l’idée de recycler un mobilier en parfait état, est non seulement illusoire sur le plan écologique mais stupide, dès lors qu’une table ou une chaise ont encore la capacité de remplir leur fonction. L’entreprise travaille essentiellement avec des entreprises du CAC 40 et des grands comptes. « Pendant longtemps, nous avons assisté à un gâchis énorme de centaines de tonnes de matériaux et mobiliers, parce qu’un siège social d’un grand groupe à La Défense avait décidé de renouveler l’ensemble de son parc mobilier, sans se préoccuper des besoins en réemploi de ses services administratifs en région ». Christophe Starke souhaite prendre le chemin inverse d’une destruction désinhibée en créant une sorte d’aiguillage digital avant la benne. A ce jour, malgré la mise en œuvre d’une filière REP sur le mobilier professionnel, seulement 1 % du gisement collecté (93 500 tonnes en 2019) est réutilisé, soit environ 2000 tonnes en 2019. Une majorité à plus de 80 % est recyclée ; 12 % sont enfouis et 8 % sont valorisés en énergie. Pour rappel, Valdelia, l’éco-organisme en charge de cette filière souhaite relever le niveau du réemploi avec un objectif de 5 % d’ici à 2023. Selon le co-fondateur de Mouvement Conseil, cette distribution des modes de traitement s’inscrit cependant dans une logique commerciale où le réemploi ne pourra jamais dominer le dispositif, puisque celui-ci est financé par des fabricants et des distributeurs de mobilier.

Services à la carte

 

A son lancement il y a sept ans, la plateforme Val’Mob était uniquement accessible par intranet pour favoriser un réemploi de mobilier en interne. Cette démarche a permis à des grands groupes français (banques, opérateurs en téléphonie, énergéticiens) de découvrir et de tracer leur patrimoine mobilier, et de faire ainsi une pierre, deux coups. « Nous permettons à ces entreprises d’économiser des budgets pour l’achat de mobilier neuf et de réduire leurs coûts de gestion et de traitement des déchets. Le mobilier en très bon état peut rester au sein de l’entreprise, et être transféré dans d’autres services. Dans ce contexte, nous travaillons avec notre réseau de prestataires pour nettoyer les textiles et les assises, repeindre les cloisons, ou rafraîchir les menuiseries ». Si le mobilier identifié ne peut être réutilisé en interne, deux solutions sont mises en œuvre : le mobilier vendable (pratique et passe-partout) est dirigé vers la plateforme Cycle Up, partenaire de Mouvement Conseil, tandis que le mobilier donnable est affiché sur la plateforme Val’Mob et destiné aux associations caritatives. Ainsi, depuis trois ans, les annonces sont publiques ; autrement dit, les entreprises et les associations inscrites sur la plateforme peuvent voir ce que d’autres sociétés proposent en réemploi.

Aujourd’hui, Val’Mob accueille 172 entreprises inscrites, 142 associations et 37 revendeurs. « Nous proposons plusieurs services à la carte. L’entreprise peut réserver son mobilier à ses services internes. C’est ainsi que le groupe Nestlé a pu ouvrir son stock de mobilier à l’ensemble de ses implantations européennes sur une période donnée. Une entreprise peut afficher son mobilier pendant six mois, le rendre accessible aux associations de son réseau, sur un périmètre géographique défini ou bien étendre l’accès à toutes les associations inscrites sur la plateforme » explique Christophe Starke.

Certificats de dons et calcul de CO2

 

De son côté, Val’Mob délivre par simple impression les certificats de dons et les bordereaux d’enlèvement. En collaboration avec Riposte Verte, la plateforme calcule également pour l’entreprise inscrite, les émissions de CO2 évitées grâce à la non destruction d’objets et au non achat de mobilier neuf. Dans une logique industrielle, à travers des projets portant sur des milliers de tables, de caissons ou de sièges de bureaux, Val’Mob veut rendre le réemploi de mobilier professionnel plus facile et accessible. « Notre démarche éveille les consciences sur le gaspillage des ressources au sein des plus grandes entreprises, qui pourtant auraient les moyens de racheter du mobilier flambant neuf. Bien souvent, les responsables d’entreprises sont surpris de découvrir à quel point, le don de leur mobilier a pu combler d’autres personnes. Des moments forts en émotion en découlent bien souvent, lorsqu’un responsable d’une maison de retraite des Petites Sœurs des Pauvres ou un officier de gendarmerie remercient directement les entreprises qui ont choisi de donner leurs équipements » se réjouit Christophe Starke, fier de contribuer à cet acte de solidarité et de prise de conscience environnementale.

Crédit : Val’Mob, Valdelia

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