Connu depuis 2004 pour ses services de nettoyage et de préparation esthétique des véhicules particuliers et professionnels, le groupe Sineo amorce depuis un an, un virage dans la conception de son activité. Comment ? En misant sur le reconditionnement de la voiture d’occasion et l’économie de la fonctionnalité. Résultat : des prestations à plus forte valeur ajoutée, une motivation renforcée de ses salariés et un allongement garanti de la durée de vie des véhicules.
Le nettoyage des véhicules d’entreprises ou de particuliers réalisé pour le compte des concessionnaires reste une activité à faible valeur ajoutée. Un peu comme la dernière roue du carrosse, la préparation visuelle d’un véhicule n’est pas considérée à sa juste valeur. Partant de ce constat et pour tenter de remobiliser ses salariés en insertion professionnelle, le groupe Sineo (réseau de plus de 50 sites en France, travaillant avec une dizaine de partenaires régionaux et plus de 800 collaborateurs) a souhaité donner une nouvelle dimension à son activité. Pour y parvenir, nous avons emprunté le chemin de l’économie de la fonctionnalité et de l’allongement de la durée d’usage, rappelle Caroline Bocquet, directrice du développement chez Sineo à Toulouse : « par ce biais, nous avons reconsidéré les métiers du groupe et les personnes qui l’exerçaient, en partenariat avec nos clients concessionnaires. Ces derniers reconnaissent qu’au-delà de la préparation esthétique du véhicule, Sineo dispose d’une réelle compétence en matière d’organisation de planning et de logistique ». Cette ouverture d’esprit partagée a permis au groupe Sineo de franchir une nouvelle étape depuis le début de l’année : valoriser le véhicule d’occasion dans tous les sens du terme.
Dix jours au lieu de 90
Comme le lustrage de la carrosserie ou le brossage des sièges pour dénicher la moindre poussière ou trace de graisse sur les jantes, l’allongement de la durée de vie du véhicule est devenu pour Sineo, une nouvelle activité à part entière. Chez les concessionnaires, les voitures d’occasion représentent 30 % du parc en moyenne, sauf qu’en général, ces véhicules de seconde main restent longtemps immobilisés, 90 jours environ. Cela coûte cher en espace foncier et au final en démantèlement, si le véhicule n’est pas vendu. Sineo a réfléchi sur la manière de raccourcir ce délai d’immobilisation avant la vente, pour le ramener à dix jours. Son expertise de préparation esthétique l’a entraîné vers de nouvelles compétences en mécanique, en carrosserie, et en communication. De là est née la première usine de reconditionnement des véhicules d’occasion à Toulouse, en février 2021. Le centre a tout d’abord accueilli des véhicules âgés de trois à cinq ans, puis de cinq à sept ans. « Il s’agit de contrôler l’état du véhicule, de remplacer les pièces usées, de réparer, de remettre à neuf la carrosserie, de la préparer esthétiquement et de lui attribuer une fiche d’identité visuelle en vue de sa commercialisation. Au bout d’un an, nous commençons désormais à recevoir des véhicules de plus de quinze ans. C’est un véritable challenge pour nos équipes qui doivent alors se former et transmettre leur savoir-faire à nos salariés en insertion. A terme, l’usine pourra reconditionner environ 3500 véhicules par an », assure Caroline Bocquet. Dans cette démarche, tout le monde y trouve son compte : le concessionnaire qui peut écouler ses voitures d’occasion plus facilement et Sineo qui élargit son activité à de nouvelles prestations à plus forte valeur ajoutée.
Reconditionner et mutualiser
Cette démarche pousse également Sineo à utiliser des pièces détachées issues de l’économie circulaire, en particulier pour équiper des véhicules plus âgés. Malgré la loi LTCV de 2015 imposant l’emploi de pièces auto de l’économie circulaire, renforcée depuis par la loi AGEC (article 19), les concessionnaires en lien avec les constructeurs, restent toujours frileux dans ce domaine, préférant la vente de pièces détachées neuves. Mais cela évolue et va dans le bon sens, souligne Caroline Bocquet. La diversification d’activité a depuis fait des émules au sein du groupe, puisqu’un second centre de reconditionnement a ouvert ses portes en septembre dernier à Bordeaux. En janvier 2022, deux autres usines seront inaugurées à Lyon et à Marseille. Elles marquent ainsi pour le groupe, une évolution significative dans les services proposés, associant le reconditionnement, le stockage de proximité de véhicules neufs et d’occasion et une offre de solutions dédiée au transport.
Ce concept va permettre d’accroître la capacité de reconditionnement de Sineo à plus de 25 000 véhicules par an. L’entreprise ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin, bien décidée à se diversifier pour répondre aux nouveaux besoins du marché. Avec toujours comme leitmotiv d’allonger la durée d’usage et développer les compétences de ses collaborateurs, l’entreprise espère passer rapidement à une autre activité : mutualiser par de la location, l’emploi d’accessoires tels que des pneus neige, des coffres et barres de toit et autres équipements qui en général, dorment au fond du garage, une fois la saison ou les vacances passées. Dans le cadre de sa politique d’insertion professionnelle, le reconditionneur forme des personnes pendant deux ans. En lien avec de nombreuses associations locales d’apprentissage et d’aide aux démarches administratives quotidiennes, Sineo travaille également en coopération avec des entreprises conventionnelles. Objectif, selon Caroline Bocquet : « créer des passerelles pour faciliter le recrutement des salariés de Sineo aux termes de leur contrat. Dans cette perspective, un projet d’école de formation est également à l’étude. L’idée serait de transmettre de nouvelles compétences valorisantes et délivrer un diplôme validant le savoir-faire de nos apprentis ».
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