REP Jouets et ABJ : Eco-mobilier veut plus de souplesse en déchèterie

Mutualisation et réemploi

Le traitement des déchets continue de se structurer autour des REP. Pas moins de dix nouvelles filières sont attendues d’ici 2025 en France en plus de la dizaine existante. Dans quelques mois, la gestion encadrée des jouets, des articles de bricolage et jardinage, des articles sport et loisirs ou encore les matériaux de construction va s’inviter dans le quotidien des Français. Eco-mobilier, en charge des DEA ménagers, veut y prendre part, avec l’ambition de simplifier les consignes en déchèterie et de renforcer le réemploi.

En 2021, les flux déchets d’ameublement ménagers collectés sont passés à 1,1 million de tonnes contre 124 000 tonnes en 2014, année de création de la filière. Eco-mobilier recense à ce jour 5605 points de collecte dans une majorité de déchèteries publiques (3600), mais aussi au sein de 549 associations et chez 1473 professionnels. Sur le tonnage collecté l’an dernier, la valorisation affiche 94 %, réparti entre 45,7 % de recyclage et 43,8 % de valorisation énergétique (production de CSR notamment). La filière des déchets d’ameublement ménagers se concentre sur deux objectifs : renforcer le réemploi et la réutilisation (4,4 %) ; réduire encore l’enfouissement (6,1 %).

En plus de la REP DEA, Eco-mobilier va s’attaquer aux REP Jouets, ABJ et PMCB

S’appuyant sur son expérience et la progression de ses performances, Eco-mobilier a décidé d’élargir son champ d’actions et de se porter candidat à la gestion de plusieurs filières REP émergentes, comme les jouets, les articles de bricolage et de jardin. Avec l’objectif de travailler davantage sur le réemploi et la réutilisation à travers son réseau de partenaires de l’ESS. Éco-mobilier souhaite également prendre en charge certains produits et matériaux issus de la construction pour les ménages et les professionnels dans les catégories inertes et non inertes. Par ailleurs, son périmètre historique devrait également s’élargir avec l’intégration des produits de décoration textile (flux ménagers et professionnels) : tapis, moquettes amovible, rideaux, stores et voilages ainsi que les accessoires (tringles etc.). La filière attend le feu vert des pouvoirs publics au cours du second semestre 2022 pour démarrer la collecte. Pour l’ensemble de ces produits, la gestion et le traitement seront financés grâce à une éco-contribution, à l’instar des autres filières REP, mais celle-ci ne sera pas visible lors de l’achat de produits.

Collecte simplifiée ou usine à gaz ?

 

Jusqu’en 2023, plusieurs étapes réglementaires sont au programme. Tout d’abord, l’interdiction de détruire les invendus non alimentaires concerne les flux d’Eco-mobilier mais aussi les jouets et les articles de bricolage – jardin. Pour sa part, l’éco-organisme a d’ores et déjà lancé une plateforme digitale pour mettre en relation les magasins et les structures de l’ESS afin de développer le don. Les fonds réemploi et réparation seront opérationnels d’ici la fin de l’année pour les filières jouets et ABJ et en vigueur pour les invendus d’ameublement en 2023. Enfin, à compter de cette année, les associations peuvent désormais demander qu’une zone de réemploi soit mise à disposition dans les déchèteries. Les filières REP misent de plus en plus sur la reprise un pour un chez les distributeurs, avec une obligation dès cette année pour le mobilier et en 2023 pour les jouets et les ABJ. Cependant, comme le souligne Eco-mobilier, la majorité des points de collecte se concentre encore sur les déchèteries publiques – même si cela peut évoluer avec le rôle croissant de la distribution. D’où la nécessité d’organiser et d’optimiser la collecte des nouveaux flux et leur tri sur ces points d’apport. Selon l’éco-organisme, les tonnages couvrant son nouveau périmètre ne sont pas forcément très significatifs.

Expérimentation Valorplast sur l’étude des flux plastiques en déchèterie

C’est plutôt en termes de leur composition, qu’une nouvelle logistique s’impose. Ainsi dans le domaine des produits de décoration-textile, le gisement accueilli en déchèterie s’élève à 37 000 tonnes par an, soit environ 500 g par habitant et par an. L’idée serait donc de mutualiser la collecte avec le flux DEA en benne ou en sac de pré-collecte réservé aux couettes et oreillers. Concernant les articles de bricolage et jardin, Eco-mobilier prendrait en charge les catégories 3 et 4, c’est-à-dire, les matériels de bricolage à main (hors DEEE et flux professionnels) et les produits et matériels pour l’entretien et l’aménagement du jardin (parasol, bâches, pots de fleurs, dispositifs d’arrosage, binettes, etc.). Ces flux en déchèterie sont estimés à environ 100 000 t/an (moins de 1,5 kg/an/hab), composés à 52 % de plastiques, à 25 % de métaux et à 23 % d’autres matières comme du bois et des inertes. Le gisement des jouets rapportés en déchèterie (jeux de plein air, d’intérieur, jeux de société et jouets cadeaux) est encore plus faible (40 000 tonnes par an) où domine le plastique à 70 %. Cela représente pour les deux filières, un total de deux kilos par an et par habitant, souligne Eco-mobilier. Une petite fraction parmi bien d’autres que les déchèteries devront donc accueillir avec méthode et organisation.

Mutualiser les bennes

 

L’espace en déchèterie devient un enjeu pour les futures REP

En amont, une co-construction avec l’ensemble des partenaires représentant les collectivités, et les metteurs en marché a été réalisée pour garantir le bon fonctionnement des nouvelles filières et l’acceptation de nouvelles pratiques de tri. Le CNR (association de collectivités) rappelle que les déchèteries publiques doivent accepter depuis plusieurs années de plus en plus de contraintes externes sans forcément de concertation préalable. Éco-mobilier assure que la prise en charge des filières REP Jouets et ABJ doit nécessairement s’appuyer sur la mutualisation des collectes entre filières et simplifier les procédures pour les agents de déchèterie. Pour rendre ces filières acceptables et non contraignantes pour la collectivité locales, plusieurs expérimentations ont été menées avec le Smictom, le Smicval et le Cyclad. Selon la direction d’Eco-mobilier, les flux DEA, jouets et ABJ concernent des matières similaires collectables ensemble. D’où l’intérêt de mutualiser les bennes, pour éviter de multiplier les dispositifs de collecte et d’encombrer les espaces dans les déchèteries. En amont, le réemploi et le don seront privilégiés grâce à la reprise en magasin et à la création de nouveaux points de proximité comme les écoles et les associations caritatives. Les autres gisements finissant en déchèterie feront l’objet de collectes à la carte en mutualisant les bennes et en installant des contenants adaptés à tous les flux. Priorité sera donnée au tri des plastiques en vue de leur recyclage. Eco-mobilier envisage de renforcer son soutien à la R&D dans ce domaine.

Une collecte adaptée par déchèterie

 

La stratégie de collecte proposée par Eco-mobilier et adaptée à chaque déchèterie, repose sur quatre axes : le réemploi grâce à l’aménagement d’une zone spécifique ; la gestion par la collectivité des flux métaux et inertes ; la gestion par Eco-mobilier où chaque déchèterie pourra choisir une collecte opérationnelle combinée en benne et/ou contenant haut de quai ; une prise en charge financière des flux jouets et ABJ collectés par la collectivité et destinés au recyclage et à la valorisation énergétique. Deux schémas de collecte sont possibles en fonction de l’espace disponible. Dans le premier, la collecte serait réalisée en deux bennes pour deux flux différents : une benne Eco-mobilier réservée uniquement aux produits et matériaux bois ; une benne Eco-mobilier pour les plastiques, mousses et décoration textile, incluant également le sac à couettes, oreillers, peluches, rideaux et voilages. Dans le second, Eco-mobilier propose une collecte avec une benne unique en mélange dans laquelle se retrouverait tous les DEA, les gros objets ABJ et jouets et les éléments de décoration textiles comme les tapis et les stores. A cette benne viendrait s’ajouter le sac rempli d’oreillers, couettes, peluches. Seront exclus tous les gros objets en ferraille et inertes gérés par la collectivité. En plus de cette benne unique, une option à partir de 2023 consistera à installer en haut de quai, une caisse-palettes pour les petits objets ABJ et jouets (non triables en benne), tous matériaux sauf ferrailles et inertes. Eco-mobilier doit lancer un appel d’offres afin de choisir les opérateurs capables d’enlever ce flux.

Le démarrage de la collecte en benne est prévu à partir d’octobre 2022, après un diagnostic effectué en déchèterie, le choix du schéma de collecte, la préparation de la signalétique – arrivée des premiers supports de communication et d’affichage cet été – et les formations dispensées aux agents de déchèterie. Pour être dans les temps, l’éco-organisme propose aux collectivités de lancer les procédures de contractualisation dès le 1er juillet prochain.

Crédit : Valorplast, CM

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