Le site e-commerce Belong affiche la durabilité avant l’heure

La sortie officielle de l'indice pourrait prendre du retard

L’indice de réparabilité gagne du terrain avec pas moins de huit articles électriques et informatiques concernés. Il doit fusionner avec un indice de durabilité qui prendra le relais en 2024. De nouveaux critères comme la robustesse et l’éco-conception sont à l’étude. Sans attendre, quelques acteurs de la distribution ont pris les devants en proposant sur leur site, leur propre score de durabilité. Des grandes marques, mais aussi des sites indépendants comme Belong, précurseur sur ce terrain depuis 2019.

A première vue, les plateformes de vente en ligne d’appareils électro-ménagers se ressemblent toutes. Comment se démarquer dans ces conditions, alors que la concurrence est rude ? En y regardant de plus près, certaines enseignes tentent aujourd’hui de se distinguer en misant sur le prix, d’autres sur une offre éco-responsable. Les valeurs environnementales sont nombreuses et de plus en plus visibles. Les clients ont désormais le choix entre des produits de seconde main et reconditionnés, des produits éco-conçus avec intégration de matières recyclées, mais aussi de la location d’appareils. Toutefois, une ligne directrice s’impose à tous : la réglementation. Lorsque la loi AGEC a ouvert la porte à la fin de l’obsolescence programmée, au réemploi et à la réparation, cela a donné lieu à des mesures innovantes. L’indice de réparabilité en est une et a fait de la France, un territoire pionnier en la matière. Depuis, le mouvement est enclenché pour aller plus loin, et orienter le marché des appareils électriques et électroniques vers plus de durabilité. Un nouvel indice de durabilité fusionnant avec celui de la réparabilité doit s’imposer en 2024.

Les entreprises prennent les devants

 

Faut-il toujours attendre un signe de l’État pour se mettre en action ? Pour ce qui concerne la durabilité, des entreprises françaises comme Belong se sont lancé en 2016 en proposant de l’électroménager résistant, fait pour durer. A l’origine, deux amis de lycée, Benoît Delporte et Jean-Thomas Paradowski décident de créer un déstockeur d’électroménager en 2012 avant de créer en 2015, « ma Garantie 5 ans », devenue ensuite le site e-commerce Belong.fr. « Il y a dix ans, les valeurs environnementales portées par la durabilité n’intéressaient pas grand monde. L’enjeu était avant tout économiques en proposant une garantie de cinq ans sans frais. Aux prémices de la transition écologique, nous souhaitions déjà concilier pouvoir d’achat et durabilité. Par exemple, en matière d’électroménager, le but n’est pas seulement de payer moins cher, mais aussi d’avoir des appareils qui ne tombent pas en panne au bout de quelques mois », indique Benoit Delporte.

Benoit Delporte et Jean-Thomas Paradowski, fondateurs de Belong

En 2019, les fondateurs de Belong ont décidé d’associer à leur site de référencement d’équipements, un indice de durabilité. Basé sur un score de 100 points, il repose sur quatre critères : le taux de pannes rencontrées sur les modèles concernés ; la disponibilité des pièces détachées ; le score de fiabilité d’association de consommateurs et l’évaluation des consommateurs en année. « Nous nous appuyons uniquement sur des données qui concernent le cycle de vie passé de l’appareil. A partir de ces informations, nous calculons ses résultats et nous choisissons uniquement des produits dont le score est supérieur à 80. Cela nous permet de garantir cinq ans, un appareil en toute confiance, insiste Benoit Delporte. C’est une perte d’argent sur le court terme pour Belong, par rapport à nos concurrents qui font payer l’extension de la garantie, mais nous pouvons ainsi fidéliser une clientèle ». D’autres grandes enseignes comme Darty/Fnac ou Boulanger surfent également sur cette tendance en affichant leur choix pour des appareils de seconde main, et des articles dit durables. Seul hic, sur leur site en ligne, aucun score chiffré n’est indiqué et aucune information ne peut renseigner sur les critères retenus justifiant leurs choix durables. Aujourd’hui, Belong dispose de 4000 références et travaille en direct avec les fabricants. L’entreprise est aussi capable de réparer des équipements grâce à un réseau d’une centaine de techniciens basés en France, et a contracté avec 300 000 clients depuis son lancement. En deux ans, l’entreprise a doublé son chiffre d’affaires à 20 millions d’euros.

Possible retard de l’indice

 

Pour simplifier la compréhension du processus de sélection, Belong a synthétisé les données par marque et catégories de produits. Plusieurs équipements sont ainsi scrutés à la loupe : lave-linge, sèche-linge, lave-vaisselle, réfrigérateur, cave à vin, piano de cuisson, table de cuisson, four et hotte. La livraison est gratuite à domicile à partir de 399 euros, tandis que l’ancien appareil est repris en vue de son recyclage. Une offre de réparation est proposée hors garantie et valable pour tous les types de pannes (problèmes d’entretien, problèmes sur les pièces, etc.) suivant trois possibilités : auto-réparation avec l’achat de pièces détachées (à partir de 5 euros), via un partenariat avec Spareka ; réparation par un professionnel à partir de 119 euros et réparation par visioconférence à partir de 6,99 euros.

Sur le site de Belong, tous les produits en vente disposent d’un score supérieur à 80/100.

En acteurs précurseurs de l’allongement de la durée de vie des produits, Benoit Delporte et Jean-Thomas Paradowski ont pu intégrer très tôt les groupes de travail sur les indices de réparabilité, le club de la durabilité avec l’association HOP et aujourd’hui planchent avec d’autres professionnels et institutionnels sur le futur indice de durabilité. En 2021, leur entreprise est élue meilleur site e-commerce Espoir par la FEVAD (fédération de la vente à distance). Aujourd’hui, Belong ambitionne de devenir une référence pour l’équipement de toute la maison, en s’ouvrant à de nouvelles catégories de produits : meubles, literies, TV, petits électroménagers et produits reconditionnés. « Nous sommes au coeur d’une évolution de conception, où les discussions risquent d’être encore très animées avec les constructeurs, surtout lorsqu’il s’agit de définir ensemble les critères de robustesse d’un appareil. Mais les mentalités changent et il n’y a pas de raison que cela s’arrête ». Les travaux conduisant à l’indice de durabilité et réunissant toutes les parties prenantes autour des pouvoirs publics vont sans doute s’étendre jusqu’en avril 2023, prédit Benoît Delporte. Ensuite, un chantier parlementaire va s’installer. A partir de là, le temps législatif peut être plus ou moins long ». L’indice de durabilité ne devrait donc pas selon lui, émerger avant le 1er janvier 2024 comme prévu. De quoi laisser encore du temps aux distributeurs de roder leur dispositif.

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