Utiliser les déchets des uns pour en faire les matières premières des autres. Cette forme d’écologie industrielle intéresse de plus en plus les entreprises et les collectivités. Pour développer ces liens, l’outil numérique s’avère être l’interface idéal. iNex Circular a créé une plateforme web pour mettre en relation les acteurs d’un même territoire, autour des déchets et des ressources.
Mobilier en fin de vie, bois usagé, plastiques, déchets organiques, textiles usagés, ces déchets sont autant de ressources susceptibles d’être exploitées et échangées entre acteurs d’une région ou d’une zone industrielle définie. Lancé par Olivier Gambari il y a trois ans, iNex Circular est une start-up française conceptrice d’une plateforme web de modélisation de synergies. Elle fonctionne grâce à la récupération de déclarations de déchets et autres données d’entreprises collectées en open data à l’échelle européenne. A ce jour, iNex dispose de 500 000 référencements d’entreprises hors tertiaire dont une grande majorité en France (450 000), en Belgique et en Espagne.
« Plus on accumule de données, meilleures seront notre valeur ajoutée et notre capacité à répondre aux besoins » explique Olivier Gambari.

Des projets en Belgique
Cette plateforme « donneurs-preneurs » peut détecter sur un rayon géographique de 200 km, des partenariats entre industriels et collectivités, à la recherche de flux de matières à traiter ou à transformer. Dans ce secteur, la massification garantit l’optimisation des coûts de transport et de traitement. Cet outil interactif aide ainsi à trouver des matières premières à moindre coût, disponibles localement. D’ores et déjà, quelques territoires ont été séduits par l’offre d’iNex, dans la région de Barcelone et depuis fin 2017 en Belgique dans le Hainaut.
Situé en Wallonie, Cœur du Hainaut fait l’objet d’une expérience pilote, portée par Idea (intercommunale de développement économique et d’aménagement du coeur du Hainaut). Son objectif est de réindustrialiser une zone dense, dans une perspective de développement durable. Ce territoire regroupe 25 villes et communes soit près de 500 000 habitants, et couvre une superficie de près 1.000 km². A Soignies, l’activité économique génère des boues de sciage des carrières pierre bleue, des résidus agricoles, des vapeurs industrielles, et des emballages plastiques. Ces flux de « déchets » peuvent être transformés en matières premières ou en énergie utiles aux entreprises voisines et donner lieu à de nouvelles filières économiques.
A ce jour, 788 entreprises et 491 ressources et déchets ont déjà été identifiés. Pour mettre en relation tous ces acteurs, Idea a fait appel à iNex Circular. Grâce aux outils proposés, les entreprises peuvent communiquer entre elles via un réseau social qui les met en contact en fonction de leurs affinités. Les premières réunions entre entreprises ont déjà suscité plusieurs interactions possibles dans la bio-méthanisation, la substitution au gypse et la gestion de palettes. La start-up ne se limite pas au partage de données. Dans ce projet qui s’achève en septembre prochain, elle va accompagner ces entreprises dans leur démarche de collecte, de contractualisation et de logistique.
Les pôles de compétitivité comme cible
A peine lancée, cette opération fait tache d’huile. La ville de Namur et la région wallonne ont déjà montré leur intérêt tandis que le ministère de l’Environnement au Luxembourg a invité les fondateurs d’iNex à plancher sur une étude technique. Objectif : créer un cluster associant la Belgique, l’Allemagne et le Grand Est de la France. Comme nul n’est prophète en son pays, c’est en France, que l’entreprise a le plus de mal à percer, malgré le référencement de 450 000 données. La présence d’outils soutenus par les pouvoirs publics rend encore la tâche compliquée, mais iNex ne désespère pas. Le succès remporté hors frontières et le pragmatisme de son outil devraient faire évoluer rapidement la situation.
Les pôles de compétitivité et les filières de recyclage, via les éco-organismes, s’intéressent de plus en plus à ces nouveaux outils interactifs. Cette année, Olivier Gambari compte sur la mise en œuvre de six projets (quatre avec des collectivités et deux avec des industriels) dont un appel à projets européen incluant une collectivité française.
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