Orplast 2 continue de séduire les industriels

Pour encourager l’industrie à incorporer plus de plastiques recyclés, le dispositif d’aide financière Orplast a été créé en 2016 par l’Ademe et l’association 2ACR*. Fort de son succès en 2017 avec plus de 90 dossiers soutenus, la version Orplast 2 prend le relais à partir de février 2018.

Retour sur une mesure incitative hors paire. Le dispositif Orplast accompagne les industriels qui souhaitent investir dans du matériel ou s’approvisionner en matière plastiques recyclées. Il permet également d’instaurer une nouvelle approche économique durable, face à des enjeux importants : réduire les émissions de CO2 et préserver les ressources. Si Orplast ne peut pas faire basculer la tendance à lui seul, il encadre un objectif ambitieux mais réaliste : contribuer au recyclage de 300 000 tonnes de déchets plastiques post-consommation supplémentaires. Orplast 1 a retenu au total 94 projets pour un coût global de 15 millions d’euros environ et un volume de matières plastiques issues du recyclage estimé à environ 100 000 tonnes. Trois types d’aides ont été réalisés : l’aide aux études de faisabilité, l’aide à l’investissement et l’aide à l’approvisionnement en MPR. Parmi les grands secteurs demandeurs de ces soutiens : le BTP, l’automobile, l’emballage, le mobilier et le câble électronique.

Près de 10 millions d’euros pour Orplast2

 

Pour l’Ademe et l’association 2ACR, l’industrie doit jouer le jeu de façon significative. Partant du constat qu’il n’existe pas assez de matière recyclée utilisée, les initiateurs d’Orplast ont décidé de cibler l’aval, les plasturgistes et les transformateurs, pour tirer le recyclage vers le haut. En novembre dernier, l’appel à projets de Orplast 2 a retenu une soixantaine de dossiers. Moins que la série précédente, mais des dossiers de qualité et bien construits, avoue Roland Marion à l’Ademe. Cela correspond au traitement de 150 000 tonnes de déchets plastiques supplémentaires, pour une enveloppe financière comprise entre 8 et 10 millions d’euros. Ce dispositif a été lancé à l’origine dans un contexte économique fragile pour les matières premières et les entreprises, d’où le succès de Orplast 1. Aujourd’hui, la conjoncture se porte mieux, mais certains facteurs comme les freins aux exportations vers la Chine, pourraient entraîner une augmentation des stocks de déchets à court terme en France et en Europe. Avec pour conséquence directe de faire baisser le prix des matières à recycler ; ce qui est susceptible de favoriser la consommation des transformateurs. Cet effet d’aubaine doit néanmoins s’inscrire dans la durée. Pour l’agence française, il est important d’accompagner ces entreprises qui choisissent la matière recyclée, mais il faut à terme passer à l’instauration de certificats de recyclage pour inscrire cette démarche dans une logique de marché et de rentabilité.

Fornells met en application

 

En Ile-de-France, la PME Fornells, basée à Nangis en Seine-et-Marne témoigne de son expérience. Spécialiste de l’extrusion et l’injection de pièces en PVC, l’entreprise est surtout connue pour ses panneaux de chantiers verts et gris de la ville de Paris, ainsi que ses barrières de protection installées dans les hippodromes du monde entier (7 millions d’euros de CA dont 50 % hors UE). C’est pour ce secteur notamment, que Fornells a déposé un dossier Orplast. L’idée est d’utiliser un peu plus de PVC rigide issu du recyclage pour fabriquer des profilés en co-extrusion, avec remplissage interne en PVC recyclé. Consommatrice de matières recyclées depuis sept ou huit ans, la société souhaite monter en puissance en utilisant 2000 tonnes de PVC régénéré sur un total de 3000 tonnes de matières. Ses principaux fournisseurs sur le marché : Suez, Paprec et Veka. Pour ce faire, Orplast a financé l’entreprise pour 495 000 euros.

Son PDG, David Maizeret espère que dans ce contexte, il pourra bénéficier de circuits courts et disposer d’une matière homogène et de qualité. « Cette activité ne devrait pas atteindre l’équilibre tout de suite, avoue son président. Nous comptons toutefois sur la communication environnementale pour changer la donne. On s’aperçoit que dans de nombreux pays hors Europe, le recyclage bénéficie d’une bonne image. Ce qui n’est pas toujours le cas en France. Si en plus, Orplast nous permet de gagner en qualité sur notre produit fini, nous serons gagnants ».

* 2ACR : Association Alliance Chimie Recyclage

Crédit : CM

« L’Echo circulaire a cessé sa parution mais l’actualité de l’économie circulaire continue d’être suivie par "Déchets Infos". »

Partagez cet article