ProSUM chiffre la mine urbaine européenne

Créer une banque de données sur les flux de déchets électroniques (DEEE), de véhicules usagés (VHU), de batteries et de piles, pour identifier et valoriser les métaux de la mine urbaine. C’est l’objectif atteint désormais par ProSUM. Un projet porté par un consortium de 17 partenaires scientifiques et industriels*.

Lancé en 2015 par l’Union européenne et le gouvernement suisse le projet ProSUM achève trois années de recherches et de compilation d’informations avec la création de la première base de données sur la mine urbaine. Financé à près de 3,6 millions d’euros, cette plateforme en ligne (www.urbanmineplatform.eu) présente les principaux flux de métaux contenus dans les gisements de DEEE, VHU et batteries, collectés et valorisés dans l’industrie européenne. Un nombre à retenir : 18 millions. C’est le tonnage des gisements valorisables de la mine urbaine européenne.

L’Union européenne, la Suisse et la Norvège ont produit environ 10,5 millions de tonnes de DEEE en 2016, soit 23 % du gisement mondial. A cela s’ajoutent deux millions de tonnes de batteries et quelque huit millions de tonnes de VHU. La plateforme sur la mine urbaine contient des informations très précises sur ces quantités de métaux par catégorie de produits, et associés à des graphiques explicites, comme le nombre et le type de produits mis en marché, en stocks ou générés comme déchets ; les composants métalliques (cuivre, aluminium, or, néodyme…), les flux de déchets incluant les quantités collectées, les estimations des piles et DEEE contenus dans les flux de déchets municipaux, les VHU exportés ainsi que les flux fantômes, qui ont échappé aux filières de traitement.

250 kg d’appareils électroniques par européen

 

Au final, le consortium du projet ProSum a contribué au rassemblement et à l’exploitation de plus de 800 documents et bases de données sourcés : un véritable état de l’art de connaissances qui permettra à l’industrie du recyclage et aux politiques d’investir ou de prendre des décisions stratégiques en connaissance de cause. Selon Pascal Leroy, secrétaire général de WEEE Forum et coordinateur de ProSUM, il a fallu trois ans pour rassembler et consolider toutes ces données, en vue de créer cette première plateforme du genre sur les matériaux critiques dans les flux de déchets. A la lumière de ces données, si tous les appareils électroniques stockés dans les foyers, les entreprises ou les espaces publics étaient partagés entre chaque habitant des 28 Etats membres plus la Suisse et la Norvège, chaque personne serait en possession de 44 appareils, soit 250 kg d’électronique, en plus de 17 kg de batteries.

 

 

Toutes ces données sont mises en valeur sous forme d’analyses et de tableaux par les partenaires experts du projet. Les chiffres sur les flux de produits électroniques montrent pour la première fois un effet combiné entre les ventes croissantes de produits électroniques, la miniaturisation croissante des circuits imprimés et l’apparition de nouveaux produits comme les tablettes. Cette évolution du marché affecte bien sûr la composition de la mine urbaine. On constate que les plastiques et l’aluminium augmentent, que le cuivre et l’or se stabilisent et que les circuits imprimés déclinent.

Nouveaux flux de métaux

 

Autre constat, l’explosion du marché des piles et batteries passant de 1,7 million de tonnes en 2000 à 2,7 millions de tonnes attendues en 2020. toutefois, la moitié seulement serait traitée. De nouveaux types de batteries apportent aussi de nouveaux composants. La mine urbaine européenne disposerait ainsi de 7800 tonnes de lithium, 21000 de cobalt et de 114 000 tonnes de manganese. Pour les VHU, cela correspond à des gisements de 213 millions de tonnes d’acier, 24 millions de tonnes d’aluminium ou encore 7,3 millions de tonnes de cuivre. L’arrivée sur le marché des véhicules électriques apportera à moyen terme son lot de néodyme, lithium et cobalt.

L’ensemble de ces informations sont prises en compte par le système d’informations des matières premières de la commission européenne en vue de créer un inventaire de connaissances plus compréhensibles sur les matières primaires et secondaires consommées en Europe. Pour la filière, ces données visent une meilleure anticipation de l’activité industrielle tant pour les transformateurs et les fabricants que pour les recycleurs.

* le BRGM (France), le bureau des statistiques néerlandais, le centre de géologie tchèque, l’université technologique de Chalmers en Suède, C-Tech Innovation (UK), EuroGeoSurveys (Belgique), Empa (Suisse), Eucobat (Belgique), GeoZS (Slovénie), GEUS (Danemark), Recharge (Belgique), SGU (Suède), TUB (Allemagne), TU Delft (Pays-Bas), UNU (Allemagne), WEEE Forum (Belgique), Wrap (UK).

Crédit : CM, ProSum

 

https://lecho-circulaire.com/comment-recycler-les-metaux-critiques/

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