L’ascensoriste Kone généralise le démontage non destructif et le réemploi

Une offre circulaire pour tous ses clients avant la fin de l’année

En France, les ascenseurs et autres monte-charges représentent un parc de 600 000 appareils en activité. En l’espace de quarante ans, ce marché est devenu le plus important en Europe. Face au vieillissement des machines, les opérations de modernisation augmentent. Principal acteur du secteur, Kone France propose un démontage non destructif en vue d’un réemploi en interne et sur le marché de l’occasion. Après plusieurs chantiers tests, l’ascensoriste déploie son offre dans toute la France.

A Lyon, avec l’opéra national, mais aussi à Paris, Toulouse, Marseille, avec les parking Indigo ou les magasins Ikea, une dizaine de chantiers tests ont vu le jour à partir de 2020 pour valider une démarche singulière chez l’ascensoriste Kone France : moderniser le parc d’ascenseurs et de monte-charges par un démontage non-destructif. Objectif : récupérer un maximum de composants (câbles, éclairages, cartes électroniques, boutons, variateurs de fréquence …) pour les réemployer en interne afin d’équiper d’autres ascenseurs ou les vendre sur des market places spécialisées. Cette opération est unique dans cette industrie à ce jour, et Kone France est pour l’instant la seule filiale du groupe finlandais à se lancer dans cette démarche circulaire.

Les éclairages peuvent trouver une seconde vie dans d’autres applications

Le groupe Kone qui a enregistré un chiffre d’affaires de 10,5 milliards d’euros en 2021, est engagé dans la réduction de son empreinte carbone depuis les années 1990. Plusieurs actions ont été menées pour rendre ses composants recyclables à 95 % et utiliser des pièces recyclées à 25 %. Autres pistes d’amélioration, la décarbonation de sa logistique grâce à l’électrification de sa flotte de véhicules et au déploiement de la maintenance prédictive. Cela a permis de diviser par deux, le nombre de déplacements pour des pannes. Enfin, Kone propose des appareils éco-performants, c’est-à-dire 43 % plus économes en énergie que les appareils standard mis sur le marché. Mais en France, l’entreprise a choisi d’aller plus loin. « A l’heure actuelle, nous estimons entre 6000 et 7000 ascenseurs à moderniser (rénovés ou remplacés) chaque année. Le parc est important et vieillissant. Une majorité d’ascenseurs ont été installés il y a plus de 30 ans. Cela nous a conduit à réfléchir sur la fin de vie de ces équipements » assure Julien Lanners, directeur commercial et modernisation de Kone France. Lors d’une opération de modernisation, dans un immeuble de bureaux ou un bâtiment public, deux possibilités : soit le technicien change une pièce sur deux, soit il remplace l’ensemble du matériel. « Plutôt que de tout mettre au recyclage sans savoir ce qui fonctionne encore ou pas, nous avons voulu expérimenter un démontage minutieux avec à la clef, le tri des pièces réutilisables », souligne Julien Lanners.

L’opéra de Lyon cobaye

 

Les cartes électroniques en bon état seront réintégrées dans d’autres ascenseurs

Pour ce faire, Kone a sollicité quelques chantiers clients. A l’occasion du remplacement de son matériel vieillissant, l’Opéra national de Lyon, bâtiment de 18 étages, déjà engagé pour réduire son impact carbone, a permis à l’ascensoriste de se faire la main sur quatre ascenseurs et un monte-charge. Pour être réutilisés, les composants sont au préalable diagnostiqués, sélectionnés (pour des raisons de sécurité), minutieusement démontés, séparés des composants recyclables, puis stockés. Après identification de tous les composants aptes au réemploi, des cartes électroniques, des guides cabines ou encore plus de trois km de câbles de traction et limiteur, ont été mis en ligne sur la plateforme de vente Cycle Up, spécialisée dans le réemploi de matériaux de construction pour les professionnels du BTP. Ils seront directement rachetés puis utilisés comme tel. Pour certaines pièces, pas besoin d’aller loin dans la reconversion. Les éclairages pourraient avoir une seconde vie dans les parkings et les câbles être transformés en garde corps sur des toits d’immeubles. Les recettes de ces ventes seront reversées à l’association Reforest’Action, assure l’ascensoriste.

Une offre généralisée en décembre 2022

 

Kone France intégrera également le réemploi de quelques pièces comme les cartes électroniques ou les variateurs de fréquence, dans de nouveaux ascenseurs ou monte-charges. « Dès lors que cela ne concerne pas directement la sécurité de l’équipement, nous allons promouvoir cette pratique pour réduire notre impact sur les ressources » indique Julien Lanners. Aux termes d’une dizaine de chantiers tests, et après des résultats concluants, Kone France va proposer cette solution de démontage sélectif et de réemploi de pièces à tous ses clients à partir de décembre 2022. Un nouveau marché est à conquérir, et Kone France se positionne désormais pour défricher le terrain. « Nous allons étudier de nouveaux débouchés pour les composants réutilisables. Par exemple, de nouvelles pistes pour réemployer du câble sont à l’étude dans le secteur forestier qui utilise régulièrement des outils de traction ». L’ascensoriste compte également sur le rôle moteur des marchés publics pour inciter au réemploi. Enfin, avec la mise en place de la nouvelle REP PMCB et les initiatives privées comme le Booster du réemploi dans le bâtiment, Kone France espère rapidement faire des émules et entraîner l’ensemble de sa profession vers cette pratique vertueuse.

Crédit : KONE

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