Le destin de MC Plast, située près de Nantes aurait pu s’interrompre avec le départ à la retraite de son président fondateur. Spécialisée depuis plus de vingt ans dans l’injection de biomatériaux, la PME repart pour une nouvelle vie entre les mains de deux nouveaux dirigeants. Associés dans un cabinet de conseil, ils ont repris la société il y a quelques semaines. Avec l’envie de l’inscrire au cœur d’une démarche 100 % environnementale, portée par l’essor du biosourcé et du recyclage.

Rien ne préparait Hilaire Coutansais et Suzy Mc Ennis à reprendre les rênes d’une entreprise de la plasturgie aussi tôt. Membres fondateurs du cabinet de conseil en environnement Amárach depuis deux ans, ces deux anciens salariés d’un grand groupe du déchet, ont décidé d’unir leurs compétences en management et ingénierie pour accompagner les entreprises et les collectivités dans leur démarche environnementale. « Bien souvent la porte d’entrée pour nos clients concerne la mise en conformité réglementaire, la RSE. Pour les PME, qui n’ont pas forcément le temps ou les moyens humains disponibles, nous sommes là pour répondre à leurs besoins en termes de gestion de déchets, augmenter leur valorisation, ou bien mettre en place le tri cinq flux par exemple » explique Hilaire Coutansais.

Amárach compte d’ores et déjà dans son porte feuille clients, une dizaine d’entreprises de toute taille. Le cabinet de conseil réalise également des audits dans plusieurs domaines (RSE, réduction des plastiques). « Nous pouvons aussi accompagner les collectivités, en particulier les collectivités côtières à la recherche de solutions pour lutter contre la pollution des plastiques issues des zones commerçantes ou liées à l’activité touristique » souligne le co-dirigeant d’Amárach. En matière de prévention et de conseil en environnement, le travail ne manque pas. La réglementation européenne, comme la loi AGEC aident dans ce sens, avoue ce dernier, même si en face, la crise sanitaire freine encore les élans et ne place pas les actions écologiques au cœur des préoccupations des entreprises. Comme en témoigne le manque d’incitation forte à l’intégration de matière recyclée dans les produits industriels.
Une reprise plus rapide que prévue
Ce n’est peut-être pas un hasard si les dirigeants d’Amárach ont rencontré sur leur chemin, la PME nantaise MC Plast, il y a environ un an. Cette pépite industrielle, experte dans l’injection de pièces techniques en plastique depuis plus de vingt ans et innovante sur l’utilisation de biomatériaux emploie quatre salariés. En 2020, son dirigeant Michel Criquetot fait savoir qu’il veut prendre sa retraite. Hilaire Coutansais et Suzy Mc Ennis avouent d’emblée leur intérêt pour cette entreprise dont ils reconnaissent le potentiel. Les procédures s’enclenchent et en moins d’un an, ils parviennent à racheter MC Plast.

Pour les deux associés d’Amárach, cette reprise n’était pas prévue aussi tôt, mais aujourd’hui, ils considèrent comme une chance, la possibilité de pérenniser et développer une activité industrielle qui a du sens et de l’avenir. En effet, depuis 2002, MC Plast propose et transforme des matières composites à base de farine de bois et/ou de PLA (acide polylactique) biosourcées, biodégradables voire compostables. Pour ce faire, l’entreprise s’est appuyée sur les travaux de recherche du laboratoire Valagro de Poitiers. Ce basculement vers des matériaux thermoplastiques à base de carbone végétal a eu comme élément déclencheur, la fabrication de petites pièces (clips) utilisées dans le maraîchage comme support de culture. Ce petit bout de résine PP se retrouvant en fin de vie, mélangé aux déchets verts était une aberration pour le dirigeant de MC Plast. Cette démarche a permis à l’entreprise nantaise de remporter plusieurs prix régionaux placés sous le signe du développement durable. Outre le maraîchage et la viticulture, MC Plast travaille pour la menuiserie en fabriquant des cales de transport par exemple, mais aussi pour le jouet, et les activités outdoor. Face à ces expériences, les nouveaux dirigeants de MC Plast ne demandent qu’à poursuivre sur cette lancée et convaincre les industriels d’utiliser des biomatériaux et des plastiques recyclés.

« Dans cette perspective, nous envisageons rapidement de candidater pour bénéficier du dispositif Orplast et à très court terme, nous allons recruter un nouveau collaborateur pour déployer l’activité, idéalement connaisseur de la plasturgie, mais aussi capable de travailler en relation avec les autres corps de métier, mouliste, coloriste, compounder, recycleur » explique Hilaire Coutansais. Avec des idées et des projets plein la tête, les nouveaux patrons de MC Plast souhaitent promouvoir l’incorporation de plastiques régénérés dans leurs produits et diversifier les applications dans d’autres secteurs comme l’industrie du luxe. En parallèle, Hilaire Coutansais et Suzy Mc Ennis n’oublient pas le développement de leur cabinet de conseil, à l’international par exemple, et imaginent pourquoi pas, d’accompagner des entreprises de pays émergents dans la lutte contre les pollutions aux déchets plastiques.
MC Plast en quelques dates :
- 1998 : création de MC Plast par Michel Criquetot
- 2005 : « Charte de progrès en environnement » décernée par le Conseil général, la CCI, et la Chambre de métiers de Loire-Atlantique
- 2006 : premier prix pour ses pièces injectées à base de farine de bois dans le cadre du concours « Artinov’ »
- 2012 : premier prix des Trophées régionaux du développement durable (catégorie TPE)
- 2013 : label « Nantes capitale verte 2013 » décerné par Nantes Métropole
- 2014 : intégration du Pôle des éco-industries de Poitou-Charentes
- 2019 : prix innovation Stars&Métiers Loire Atlantique (Chambre des Métiers et de l’Artisanat et BPGO)
- 2021 : reprise de MC Plast par Hilaire Coutansais et Suzy Mc Ennis
Crédit : Amàrach, MC Plast
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