L’écologie industrielle s’installe à Paris

La RATP et la Ville de Paris portent le Quartier des Deux Rives

Espace urbain dense de 350 hectares à cheval sur les 12e et 13e arrondissements de Paris, le Quartier des Deux Rives pourrait devenir d’ici trois ans, le premier projet d’écologie industrielle de la capitale française. Pour lancer cette révolution urbaine, la RATP et la Ville de Paris souhaitent mobiliser les entreprises autour de la collecte des déchets et de la mobilité douce. La mise en œuvre des premières synergies est attendue à l’automne.

Tout a commencé en 2012 par une étude de diagnostic réalisée par la RATP sur la gestion des déchets papier-carton. L’idée était de mettre en place une collecte mutualisée de ces déchets de bureaux avec les entreprises installées autour du siège de la RATP, près de la gare de Lyon (12e arrondissement). « Cette motivation est partie du constat que le quartier de la RATP abritait une diversité et un tissu d’entreprises importants, explique Nathalie Jarosz, chargée d’études Environnement à la RATP. La gestion des flux de papiers et cartons, générés en grandes quantités, pouvait ainsi entraîner des bénéfices tant sur le coût que sur l’empreinte environnementale, liée notamment à l’optimisation du transport ». Traversé par la Seine, ce quartier bénéficiait également selon la RATP de la voie fluviale pour acheminer ces matières directement vers un site papetier en aval. Bien que séduisante, l’idée n’a pas fait son chemin et est restée en sommeil jusqu’en 2015 .

4e quartier d’affaires du Grand Paris

 

L’organisation des Etats généraux de l’économie circulaire a donné un coup d’accélérateur au projet. La RATP a participé à plusieurs ateliers dont celui en lien avec la gestion des déchets et a rencontré l’enthousiasme de la Ville de Paris. La patience a payé. Dans le cadre de l’appel à projets de la CCI Ile-de-France, Recyter (pour réduire et recycler les déchets), la Ville de Paris et la RATP ont proposé le projet Quartier des Deux Rives, qui a été retenu en 2016. Outre les bonnes pratiques en termes de collecte des déchets, le projet vise à instaurer une mutualisation des équipements et des ressources.

Dans le Quartier des Deux Rives

Lancé au printemps 2017, ce chantier d’écologie industrielle de 350 hectares, représente un vivier économique de 60 grandes entreprises et 700 TPE et PME. Soit un total de 100 000 emplois. Cela en fait le 4e quartier d’affaires de la métropole du Grand Paris. L’an dernier, une cartographie a été réalisée pour identifier les entreprises et leur profil. Ce quartier englobe quatre zones : gare de Lyon, Bercy, gare d’Austerlitz et Tolbiac. Il accueille des activités de bureaux, des services de recherche et d’enseignement hospitalier, de l’hôtellerie, des petits commerces et des services de transport.

Une identité propre au quartier

 

Pour la mise en œuvre du projet, seules les entreprises de plus de dix salariés ont été prises en compte. « La sensibilisation des PME est plus difficile, explique Nathalie Jarosz, car contrairement aux grands groupes, ces structures n’ont pas forcément un poste à temps plein, chargé de l’environnement ou du développement durable ». Fin janvier, les premiers ateliers de travail ont été organisés et ont réuni une trentaine de représentants d’entreprises.

Une identité visuelle pour fédérer les entreprises

Une identité visuelle propre au Quartier des Deux Rives a également été créée pour fédérer les entreprises autour de cette démarche. Une plateforme numérique collaborative prochainement ouverte aux inscriptions des sociétés qui souhaitent échanger sur leurs besoins et leurs ressources. Les porteurs du projet, RATP et Ville de Paris, espèrent ainsi que ces réflexions vont se muer en synergies d’ici l’automne prochain : « les déchets, mais aussi, la gestion du foncier, la logistique, la mobilité douce, l’économie de la fonctionnalité, sont autant de thèmes susceptibles de prendre racine sur cet espace parisien ».

Une fois lancé, le Quartier des Deux Rives est voué à poursuivre l’aventure en autonomie. La création d’un club d’entreprises par exemple permettrait de gérer le réseau et les mises en relation en toute indépendance. Chaque type d’établissement peut y trouver son compte en travaillant non plus sur les résultats, mais sur la valeur créée, la réduction des coûts et l’empreinte environnementale.

Crédit : RATP

« L’Echo circulaire a cessé sa parution mais l’actualité de l’économie circulaire continue d’être suivie par "Déchets Infos". »

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