Il y a deux ans, le quartier des Deux Rives a pris forme sous le signe de l’économie circulaire. Couvrant 350 hectares à cheval sur la Seine entre les 12e et 13e arrondissement, ce quartier d’affaires parisien tisse tout doucement son réseau de synergies. Plusieurs initiatives ont été mises en œuvre pour répondre aux attentes des entreprises et des habitants. Dernière en date, la seconde édition de Tri en Seine pour collecter les déchets d’entreprises de ce mini territoire.
Depuis son inauguration officielle en 2018, la démarche d’écologie industrielle à l’échelle d’un quartier urbain d’affaires, celui des Deux Rives, fait son chemin. Cœur de cible, près d’un millier d’entreprises (TPE, PME et grands groupes) sont invitées à partager, mutualiser et réduire leur empreinte environnementale en partenariat avec les associations et les commerçants locaux. Désormais relayé par une plateforme en ligne (lesdeuxrives.paris) le quartier a enregistré ses premières actions de partage ou d’appel à l’évolution des comportements. L’ensemble des acteurs concernés (commerçants, entreprises, salariés) peuvent désormais déposer leurs annonces pour donner du matériel de bureau inutilisé, réduire leurs emballages de repas, créer de la mobilité partagée ou encore mutualiser la gestion de leurs déchets. En droite ligne avec ces synergies, l’opération Tri en Seine a été organisée pour la seconde année consécutive.

Sous la houlette de la Ville de Paris (co-fondatrice du quartier des Deux Rives avec la RATP), de Voies Navigables de France (VNF), de Haropa et de Suez, une déchèterie mobile fluviale a été installée le 18 septembre dernier sur le quai de Bercy. Affichant les couleurs du groupe Suez, la péniche a été amarrée à l’occasion pour collecter les déchets d’entreprises du quartier. Crise sanitaire oblige, l’opération a été restreinte à une seule journée et uniquement aux flux industriels et commerciaux. Pour autant, ces contraintes n’ont pas empêché d’améliorer les performances avec près de 19 tonnes de déchets contre 15 tonnes lors de la première édition qui avait duré trois jours et s’adressait également aux particuliers. L’objectif : permettre aux entreprises (essentiellement du tertiaire, des administrations dont le ministère de l’Economie et de l’Industrie, mais aussi des commerces de proximité) de se débarrasser de leur petit mobilier de bureau usagé, d’encombrants, de déchets cinq flux et de DEEE (informatique, téléphonie, imprimantes).
Déchèterie mobile fluviale
D’une capacité de 500 m³, la péniche remplace l’équivalent de 25 camions de déchets. Pour acheminer les déchets jusqu’au quai de Bercy, des associations locales Carton Plein et 13Avenir ont collecté en vélo et triporteur auprès des entreprises intéressées. Les déchets pré-triés en amont ont été ensuite placés en big bags ou en conteneurs grillagés avant d’être déposés dans la péniche à l’aide d’un grappin. D’autres structures du réseau Refer (réemploi en Ile-de-France) ont également participé à l’opération en récupérant certains produits en bon état, repoussant ainsi leur recyclage direct vers le centre de traitement de Gennevilliers. Si la ville de Paris et Voies Navigables de France ont apporté leur soutien logistique et financier à Tri en Seine en libérant une partie des quais, à terme, ce nouveau modèle de gestion de déchets devrait être la règle, explique Florentin Letissier, maire-adjoint chargé de l’économie sociale, solidaire et circulaire à la Ville de Paris, dans la perspective des JO 2024 et d’une ville durable.

D’un point de vue économique, le quartier est gagnant, ajoute Guillaume Surier, responsable de la reprise des déchets chez Suez. « Cette année, pour des raisons sanitaires, nous n’avons conservé que la collecte de déchets professionnels, mais ce type d’opération peut tout à fait associer la gestion de flux professionnels et ménagers, recyclables ou organiques (déchets alimentaires ). Au final, une péniche comme celle-ci revient à 1200 euros la tonne pour la journée, contre 700 euros pour un camion ». Pour Suez, il ne s’agit plus d’une expérimentation comme cela peut encore l’être pour ce quartier, mais bien d’une prestation économique à part entière que le groupe déploie de façon régulière. Hier Bercy et Gare de Lyon, aujourd’hui Tolbiac et demain Gare d’Austerlitz, la transformation totale du quartier est en cours. La réhabilitation de cette gare va donner lieu d’ici à cinq ans, à la construction de nouveaux immeubles, à l’arrivée de nouveaux commerçants, entreprises et habitants. Cette mutation ne pourra pas se faire sans intégrer les valeurs circulaires du quartier des Deux Rives sur lequel se trouve cette infrastructure, avec en ligne de mire, une gestion continue et pérenne de tous les flux de déchets.
Crédit : CM, Suez
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