Panneaux solaires : Envie 2E Occitanie modernise sa ligne de traitement

Un partenariat avec l’Icam Toulouse pour une nouvelle machine

La filière française de traitement des panneaux solaires PV usagés a inscrit Envie 2E parmi ses prestataires de marque. A ce jour, deux sites du réseau Envie démantèlent des panneaux en fin de vie en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Dans cette région, Envie2E a fait appel à l’école d’ingénieurs, l’Icam de Toulouse, pour moderniser sa ligne et faciliter le travail des salariés en insertion. La machine sera opérationnelle d’ici fin 2024.

Pour anticiper l’essor du secteur photovoltaïque et le volume de traitement d’ici 2030 (40 000 tonnes par an), l’éco-organisme Soren, en charge de la filière REP a lancé en 2021 trois appels d’offres pour la collecte et le traitement des panneaux solaires PV en France. A ce jour, la filière compte désormais cinq centres de traitement : Galloo France (Nord), Envie 2E Aquitaine, Envie 2E Occitanie, Rosi Solar (région AuRA), et deux sites en Belgique (Comet) et en Allemagne (First Solar). Dans son rapport d’activité 2023, Soren recense 5207 tonnes de panneaux solaires PV collectées en France et sur les territoires ultra-marins dont 4804 tonnes sur site. En tête des régions, l’Occitanie affiche 1661 tonnes collectées et Nouvelle-Aquitaine a capté 802 tonnes de panneaux. Au total, la filière compte onze centres de regroupement en activité, tandis que le taux de recyclage du gisement récupéré s’élève à ce jour à 90,5 %.

Test sur prototype

Le réseau Envie 2E a été choisi par la filière REP en raison de sa maîtrise des techniques manuelles et industrielles de démantèlement et de valorisation des matières. Indépendants les uns des autres, les sites du réseau investissent en R&D pour continuer d’innover, faciliter la tâche des salariés en contrat d’insertion et valoriser au mieux les déchets qui leur sont confiés. Après l’inauguration d’une installation de démontage et séparation automatisée sur le site d’Envie 2E Aquitaine à Saint-Loubès en 2022, le site occitan de Portet-sur-Garonne s’apprête lui aussi à passer un cap. Envie 2E Occitanie est en place depuis vingt ans et travaille sur trois secteurs : traitement et réparation de PAM, démantèlement d’écrans plats et à tube cathodique, logistique et vente en boutique de matériel reconditionné. Le traitement des panneaux solaires remonte à cinq ans. La collecte de ces produits est croissante, avec l’arrivée de nouveaux formats plus grands. Bénéficiant déjà de deux machines de démontage de panneaux petit format, Envie 2E Occitanie va pouvoir d’ici fin 2024 traiter des panneaux de plus de deux mètres de long, tout en facilitant la tâche de ses salariés en contrat d’insertion. Les panneaux récupérés sont défectueux, et ne peuvent pas être réemployés en raison de leur baisse de rendement. « Aujourd’hui, le marché évolue et les panneaux sont plus grands. Pour les démanteler, il faut des outils appropriés pour faciliter la tâche des opérateurs » reconnaît Michael Vidal, directeur maintenance et infrastructure d’Envie 2E Occitanie. L’idée de faire appel à l’Icam de Toulouse vient du responsable maintenance du site, lui-même ancien élève ingénieur de cette école. « C’est en toute confiance que nous avons confié ce projet de nouvelle machine aux élèves ingénieurs de l’école. Nous savions que le coût était moins élevé mais le délai sans doute plus long. Toutefois, ils ont une connaissance du monde industriel qui nous a séduit et nous partageons en outre les mêmes valeurs d’inclusion », explique Michael Vidal. En effet, l’école toulousaine propose en parallèle à des étudiants au parcours scolaire difficile d’intégrer des formations dans différents secteurs comme la chaudronnerie par exemple.

Des étudiants ingénieurs engagés

 

Avec son pôle Services aux entreprises, l’Icam accompagne les organisations dans les transitions technologiques, écologiques et sociétales. Ses prestations se déclinent sous la forme d’audit, de conseil et de prestations industrielles telles que le développement de nouveaux procédés ou encore la mise au point d’innovations technologiques. A ce titre, les étudiants de 5e année y participent activement dans le cadre de leur mémoire scientifique industriel (MSI). Ce dernier consiste à travailler sur une problématique en tant qu’ingénieur projet durant une période de 18 semaines à temps plein avec un chef de projet dédié. Chaque année, plus de 200 projets sont ainsi réalisés par l’Icam pour les entreprises. Mandatés par Envie 2E Occitanie, une dizaine d’élèves ingénieurs ont donc conçu une machine capable de démanteler des panneaux solaires hors d’usage ou défectueux, afin d’envoyer leurs composants (verre, aluminium, connecteurs électriques) vers des filières de recyclage adaptées. Cette machine, livrée d’ici fin 2024, permettra de traiter, en fonction des options retenues, entre 15 et 60 panneaux solaires à l’heure. Suivant le cahier des charges d’Envie 2E, la machine devra être simple d’utilisation sans signalétique compliquée, ergonomique pour éviter les TMS et prendra en compte les enjeux de sécurité, pour préserver la durée de vie de l’appareil et l’intégrité des utilisateurs.

Les élèves ingénieurs à l’Icam de Toulouse

Le partenariat a démarré au premier semestre 2023. « La phase de conception de la machine a pris trois mois. Nous avons dimensionné l’appareil pour répondre aux fonctionnalités demandées. Pour mettre au point cette nouvelle machine, nous l’avons évidemment testée aux conditions réelles d’utilisation pour voir comment elle se comportait lors de l’arrachage des composants des panneaux », souligne l’un des élèves ingénieurs qui a pris part au projet. Maintenant que le prototype est validé, les élèves ingénieurs planchent sur la fabrication de la machine et son usinage. « L’équipement repose sur un procédé hydraulique (à huile et vérins) qui permet de séparer la dalle et le cadre. Il pourra être utilisé par deux hommes et traiter un panneau à la minute ou par un seul homme aidé d’un bras automatisé. La manipulation est assez basique et permet à des personnes étrangères ne sachant pas bien lire le français d’utiliser la machine » souligne Mathieu Bonnal, chef de projet industriel à l’Icam.

Après sa mise en œuvre, le process et les pièces d’usure feront l’objet d’un suivi par l’Icam, en plus du service de maintenance d’Envie 2E. « Le cadre en aluminium part dans la filière de recyclage. Pour les autres composants, des solutions de recyclage sont à l’étude, y compris au sein d’Envie 2E », assure Michael Vidal. En Occitanie, Envie 2E continue d’innover avec les industriels locaux. Le site a investi à parts égales avec Derichebourg dans une ligne de traitement de PAM (Petits appareils ménagers), tandis que l’activité de traitement des écrans TV fait l’objet d’un projet de remise à niveau et d’innovation pour 2025.

Bon à savoir :

L’Icam, école d’ingénieurs créée en 1898, possède onze campus en France et à l’étranger : Lille, Grand Paris Sud, Nantes, Vannes, La Roche-sur-Yon, Toulouse, Strasbourg-Europe, Pointe-Noire, Douala, Kinshasa, Chennai et Recife. L’Icam se structure en trois pôles d’activité : l’enseignement supérieur et la recherche, la formation professionnelle et le service aux entreprises. Près de 700 ingénieurs généralistes sont diplômés chaque année en France, dont près de la moitié par la voie de l’apprentissage. L’établissement propose également des formations qualifiantes et diplômantes allant du CAP au Mastère Spécialisé, et dispose d’écoles de production.

Crédit : Icam, Envie 2E

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