Le collecteur et valorisateur de déchets varois, Pizzorno Environnement, poursuit son développement en misant sur une flotte de camions non polluants et l’expansion de son activité de collecte et de tri à l’échelle nationale. Dans l’une des principales grandes agglomérations françaises, à Lyon, Pizzorno a choisi de rouler au gaz propre. Une expérience que l’entreprise tente aujourd’hui de dupliquer à d’autres villes, sensibles à leur empreinte environnementale.
Un nouveau contrat signé en mai 2017 conduit l’entreprise Pizzorno à poursuivre son activité de collecte des déchets municipaux dans trois arrondissements de Lyon. La gestion des OMR et déchets d’emballages couvre 460 000 habitants. L’opérateur installé à Lyon depuis dix ans a choisi d’investir l’an dernier près d’un million d’euros dans un station de livraison de GNV (Gaz naturel pour véhicules) à Vénissieux. Pizzorno est aujourd’hui propriétaire d’un parc de 1,5 hectare qui permet d’alimenter sa flotte de camions de collecte. Celle-ci est constituée de 34 camions bennes, de deux petites bennes pour collecter en centre-ville et d’un camion grue pour relever les bornes d’apport volontaire. L’an dernier, une quinzaine de fourgons rallongés utilisés pour des prestations de propreté sont venus s’ajouter au parc de véhicules roulants.

L’investissement du groupe ne s’arrête pas là, souligne Frédéric Balse, directeur Propreté Urbaine. Cette année, Pizzorno pourrait franchir une étape supplémentaire avec le Grand Lyon. Un projet de valorisation de biogaz d’une station d’épuration est en cours de finalisation. La production de biogaz est estimée à 600 tonnes par an. Pizzorno souhaiterait à terme acheter une partie de ce biogaz pour alimenter 60 % de sa flotte de camions de collecte.
L’opérateur varois reconnaît que l’installation de sa station de livraison de gaz à Vénissieux fait aujourd’hui des émules. « Jusqu’à présent, les régions au sud de la France restaient peu sensibles à cette pratique. Aujourd’hui, la situation évolue. Des délégations de collectivités sont venues voir notre station, intéressées par cette démarche » ajoute Frédéric Balse. A Draguignan, siège social de Pizzorno, un appel d’offres pour 2019 vient d’être lancé dans le secteur du transport où les critères environnementaux pèsent 30 % dans la note.
Au plus près des habitants
Autre cheval de bataille, la sensibilisation des usagers à la collecte des déchets, en particulier sur les marchés forains et dans les écoles. Dans le cadre d’une politique active sur la réduction des déchets, un dispositif de bonus/malus, qui se traduit par des primes pour les opérateurs, a été instauré à Lyon pour inciter à augmenter la collecte. Pour Pizzorno qui a perçu 45 000 euros de récompense en 2017, l’enjeu est d’identifier les quartiers les plus difficiles à capter, en partenariat avec Citeo et le Grand Lyon et de développer une communication adaptée auprès des habitants.
Toujours à Lyon dans le 3e arrondissement, Pizzorno propose comme il est de tradition dans cette ville, un service complet de collecte à temps. En d’autres termes, avant que le camion-benne relève les bacs de déchets, un agent de l’entreprise Pizzorno est chargé de sortir les poubelles à temps puis de les rentrer une fois vidées. Le tout grâce à un dispositif informatisé qui vérifie la mise en œuvre des opérations et évite les oublis de bacs. « La digitalisation de notre activité est en développement, constate Frédéric Balse. Elle nous aide à la performance de notre métier, mais aussi favorise les bonnes relations entre la collectivité et ses habitants ». Pizzorno, comme d’autres opérateurs, a mis en œuvre la collecte embarquée et un dispositif de pendulage pour relever grâce à des sondes connectées, les déchets contenus dans les colonnes d’apport volontaire. Une application est également mise à disposition de l’usager, pour signaler les dépôts sauvages. L’information est simultanément envoyée à Pizzorno et au service déchets de la collectivité.
Au service de nouvelles régions
Limitant son périmètre d’action jusqu’au début des années 2000 aux régions méridionales, y compris de l’autre côté de la Méditerranée, Pizzorno concurrence aujourd’hui les grands opérateurs nationaux dans toutes les grandes villes de France. De nouveaux marchés pourraient ainsi s’ouvrir sur le grand ouest, un territoire où Pizzorno n’est pas encore implanté. Ils porteraient en particulier sur la collecte de déchets des centre-ville historiques. C’est une spécialité de l’opérateur, habitué aux rues étroites des stations balnéaires et touristiques du sud de la France, telles que Saint-Tropez ou Saint-Raphaël. Présent en Ile-de-France depuis 2000 pour la collecte du verre, Pizzorno est même devenu le 1er opérateur privé de Paris en nombre d’habitants desservis par la collecte des déchets ménagers et emballages recyclables dans trois arrondissements (10e, 15ème et 18ème). Pizzorno assure la collecte des rues de la capitale avec des camions bennes électriques, circulant pour la première fois en 2013 sur les Champs-Elysées.
Outre ses véhicules électriques, l’entreprise dispose d’un parc roulant de 80 véhicules fonctionnant au GNV. Poursuivant sur cette voie, elle vient de signer en mars 2018, un contrat avec la capitale pour collecter les biodéchets de 84 restaurants collectifs (cantines scolaires, restaurants d’entreprise, maisons de retraite), répartis dans les 20 arrondissements. Ces biodéchets sont récupérés par des camions-bennes spécifiques parfaitement étanches, fonctionnant au GNV. Les flux partent ensuite vers des plateformes de compostage et de méthanisation dans la région francilienne. « On pourrait tout à fait imaginer à terme boucler la boucle, en utilisant le biogaz de cette méthanisation pour faire rouler nos camions », se réjouit Frédéric Balse.
Un centre de tri parisien dans les tuyaux
En attendant, Pizzorno prépare le terrain. Ayant gagné le marché de la collecte du Grand Orly Seine Bièvre l’an dernier, l’opérateur s’apprête à mettre en circulation 15 véhicules de collecte au GNV dès le mois de juin. Avec comme à Lyon, la mise en oeuvre d’un dispositif de bonus/malus incitant à l’augmentation des collectes sélectives dans les quartiers difficiles, caractérisés notamment par de l’habitat vertical.

L’activité de Pizzorno ne serait pas complète sans évoquer le tri. L’exploitation de deux centres de traitement des emballages en extension de consigne de tri au Muy (Var) et à Grenoble, porte l’entreprise vers de nouveau horizons. Le centre de tri de Nanterre, vieux de 15 ans n’est plus adapté aux futures collectes sélectives. Pizzorno a répondu à un marché public de performance en 2017 pour la conception, la réalisation, l’exploitation et la maintenance du centre de tri de Nanterre. L’entreprise retenue devra procéder à des travaux d’adaptation du process de tri à l’extension des consignes de tri. Verdict en juillet.
Crédit : Pizzorno Environnement
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