Rebond Insertion étend son réseau en Ile-de-France

Une nouvelle antenne au centre de tri Paris-XVII

L’insertion par l’activité économique représentait en France 135 000 emplois en 2020. Malgré la crise sanitaire, ce secteur se maintient dans plusieurs filières dont la gestion des déchets et la propreté urbaine. Filiale du groupe Suez, Rebond Insertion a été créée en 2003. L’entreprise recrute plusieurs dizaines de personnes en CDDI chaque année pour traiter les déchets d’entreprises privées et des centres de tri. Dernier contrat en date, avec le centre de tri du 17e arrondissement de Paris. D’autres projets sont à l’étude pour 2022.

Au printemps 2021, le Syctom de Paris a confié l’exploitation de son nouveau centre de tri dans le 17e arrondissement au groupe Suez. Le site a démarré en 2019, conçu pour traiter 45 000 t/an de déchets d’emballages ménagers d’environ 900 000 habitants du nord-ouest parisien et des communes limitrophes (Saint-Ouen, Saint-Denis et Neuilly-sur-Seine). Il intègre l’extension des consignes de tri et sort un total de dix flux de matériaux. Représentant un investissement total de 67 millions d’euros, le centre est équipé des dernières technologies de tri (un trommel, quatre cribles balistiques et 13 trieurs optiques) pour traiter 15 tonnes de matières à l’heure. Malgré l’automatisation élevée du process, le site génère 20 % de refus de tri, compte tenu de la qualité médiocre des flux collectés. Pour affiner ce tri et obtenir une qualité satisfaisante des matières à recycler, le Syctom promeut la réinsertion professionnelle.

La cabine est insonorisée, aérée, équipée d’un dépoussiéreur et bénéficie de la lumière du jour

C’est à ce titre que Rebond Insertion, filiale du groupe Suez, a été retenue en mai 2021, pour encadrer actuellement une soixantaine de personnes en CDDI (contrat à durée déterminée en insertion), dont 19 salariés repris du précédent exploitant CNIM. Sous contrat de 24 mois, ces personnes éloignées de l’emploi sont accompagnées dans leurs démarches administratives (endettement, logement, formation, apprentissage du français) et leur projet professionnel. Encadrés par des professionnels de l’insertion, les salariés définissent des objectifs personnalisés et sont formés aux gestes et postures professionnels ainsi qu’aux règles de sécurité. Pendant toute la durée de leur parcours, les salariés bénéficient d’un tutorat, associant les collaborateurs de Suez à la politique d’insertion sociale et professionnelle du groupe. Selon le directeur général du Syctom, Denis Penouel, cette démarche est en cohérence avec la stratégie RSE et la politique d’achats responsables du syndicat de traitement parisien dont la volonté est de multiplier les collaborations avec des entreprises engagées.

Pas moins de 13 trieurs optiques sont installés dans le centre de tri parisien

Dans ce centre de tri parisien, la nouvelle antenne de Rebond Insertion encadre le personnel en cabine de sur-tri pour affiner la qualité des EMR (emballages ménagers recyclables), films plastiques et JRM (journaux, revues, magazines), déjà passés par l’installation automatisée. « Comme pour la plupart des personnes que nous recrutons, il peut s’agir de demandeurs d’emploi de longue durée, d’allocataires du RSA, de séniors, de travailleurs handicapés ainsi que des jeunes de moins de 26 ans sans qualification. La plupart ont un point commun, une confiance à reconquérir » explique Patrick Blayac, directeur de Rebond Insertion. A l’issue de leur CDDI, 70 % des personnes recrutées retrouvent une sortie vers l’emploi. Des formations qualifiantes peuvent être proposées entre temps. Parmi les secteurs offrant des débouchés, on retrouve les métiers de la collecte, de la logistique, du transport, du médico-social. Certains continuent leur chemin dans la gestion des déchets, en gravissant peu à peu les échelons. A l’image de Karim, arrivé en 2013 sur le site de gestion des déchets industriels de Suez à Gennevilliers. Après quelque temps passé en chef de cabine au centre de traitement multi-filières Isséane à Issy-les-Moulineaux, il travaille aujourd’hui en CDI au centre de tri Paris XVII, encadrant technique d’une équipe de 18 personnes.

10 000 personnes recrutées

 

Un agent de tri de Rebond est détaché sur le site de BNP Paribas, pour gérer les déchets. Une zone de tri a été installée pour l’occasion

Depuis sa création, Rebond Insertion a accompagné au total 10 000 personnes et permis à plus de 6500 d’entre elles de trouver un emploi CDI ou une formation adaptée. L’entreprise spécialisée dans l’Insertion par l’Activité Economique, est certifiée ISO 9001 et agréée Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale. Rebond Insertion s’appuie sur une entreprise d’insertion (EI) et une entreprise de travail temporaire d’insertion (ETTI) agréées par les DIRECCTE. Ce dispositif permet de recruter des personnes éloignées de l’emploi, de les former, de favoriser leur stabilité, en vue de trouver un emploi durable. Elle recense à ce jour 11 établissements aux quatre coins de la France et pourvoit en salariés d’autres centres de tri exploités par Suez. C’est le cas de Poitiers, Reims, Avignon, Marseille, Istres, Gennevilliers et Vitry. Parmi ses clients privés, figurent des centres commerciaux, des banques, ou des grands comptes comme la SNCF (propreté des gares parisiennes), Fnac, La Poste, Eurovia Vinci. Sur le site Odyssée de BNP Paribas Cardif à Nanterre, Suez s’est engagé pour l’insertion professionnelle, en s’appuyant sur l’expertise de Rebond Insertion. Depuis 2020, un agent de tri recruté par Rebond est détaché sur le site afin de gérer ses flux de déchets. Une mini zone de tri a été mise en place pour séparer les flux, trier des sacs et utiliser une presse à balle pour le carton. Pour les quatre années à venir, Suez assure la gestion de l’ensemble des flux des restaurants inter-entreprises et des immeubles tertiaires du groupe bancaire, notamment les déchets industriels banals (DIB), les biodéchets, le verre, le plastique ou encore le métal.

Pour 2022, Patrick Blayac souhaite développer l’insertion professionnelle dans de nouveaux secteurs et territoires. Certaines régions comme le Grand Ouest ou le Sud-Ouest pourraient venir s’ajouter au réseau : « l’Ile-de-France fait partie des zones denses à fort potentiel pour notre activité. Les centres commerciaux et la restauration sont des cibles à venir pour assurer la gestion des déchets. Dans ces secteurs, nous pouvons travailler en direct avec les entreprises, contrairement aux centres de tri et collectivités qui passent d’abord contrat avec Suez ». A contrario, Suez peut coopérer avec Rebond mais aussi avec d’autres partenaires de l’ESS. Le groupe travaille actuellement avec 1500 personnes en réinsertion dont un tiers est sous contrat avec Rebond. « Tout le monde a sa place pour lutter contre la précarité, insiste Patrick Blayac. L’État français s’est fixé comme objectif de doubler l’insertion professionnelle entre 2018 et 2022, ce qui reviendrait à plus de 200 000 personnes éloignées de l’emploi en contrat d’insertion ». Aujourd’hui nous sommes encore loin du compte, et la crise Covid a plutôt ralenti la progression, mais l’économie circulaire s’annonce riche en activités prometteuses comme la réparation, le réemploi et la création de nouvelles filières REP. Pour le directeur de Rebond, la taille de sa structure lui permet d’être réactif en vue d’aborder ces nouveaux secteurs et donner une chance à des centaines de personnes en difficulté.

L’insertion par l’activité économique en 2020

Fin 2020, le secteur de l’insertion par l’activité économique (IAE) comptait 135 400 salariés. Les nouvelles signatures de contrat ont baissé fortement sur l’année (-13 %) en raison de la crise sanitaire. Toutefois les renouvellements en ateliers et chantiers d’insertion (ACI) et en entreprises d’insertion (EI) ainsi que l’augmentation des durées dans toutes les structures, imputable aux mesures d’urgence mises en place en réponse à la crise sanitaire, ont stabilité les effectifs entre fin 2019 et fin 2020 (+1 %). Comme les années précédentes, les salariés entrés en IAE en 2020 sont majoritairement des hommes (62 %) et des personnes ayant un niveau de diplôme inférieur au bac (79 %). Ils étaient en majorité demandeurs d’emploi de longue durée avant leur embauche (54 %). Les métiers qu’ils exercent sont tournés vers les services à la personne et à la collectivité, particulièrement dans les EI et les associations intermédiaires (AI). Source : DARES

Aller plus loin :

Résultats de l’IAE en2020

L’ESS en France en 2020

A lire aussi :

L’insertion professionnelle, vivier de métiers pour l’économie circulaire

Crédit : CM, Cyril Bailleul

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