FINDS aide les marques textiles à écouler leurs invendus

Une plateforme collaborative centralise toutes les données

La législation française interdit depuis 2022 la destruction des invendus textiles. Dans les faits, cela reste encore compliqué pour les marques qui ne maîtrisent pas toute la chaîne de valeur. Dans le monde, cela représente 45 milliards de vêtements en excédent chaque année. Pour organiser l’écoulement des stocks sans faire perdre de l’argent à l’industrie textile, la start-up française FINDS a créé une plateforme collaborative qui réunit fabricants, enseignes, associations et recycleurs.

De la réparation de vêtements à l’écoulement des invendus, il n’y a qu’un pas. En 2021, Andrea Herget et Jules-Adrien Néret créent The Retouch, un service qui propose aux marques de mode de réparer, de retoucher ou upcycler leurs stocks d’invendus. Au cours de cette activité, ils identifient l’énorme enjeu des vêtements invendus et l’insuffisance de solutions pour résoudre ce problème. Le projet mûrit. The Retouch devient alors FINDS en 2022. Les deux partenaires créent une plateforme basée sur un modèle d’agrégation des données afin de faciliter les processus de recyclage et d’up-cycling. « Il s’agit d’une innovation pour le secteur et d’une première mondiale puisque jusque-là, aucun acteur ne proposait une telle solution, alors que 45 milliards de vêtements invendus sont recensés tous les ans dans le monde » explique Jules-Adrien Néret.

En France, plus de 5 % du gisement mis en marché finiraient en invendus, soit 1,685 milliard d’euros de vêtements chaque année. Cela représente non seulement une perte de revenus mais entraîne une augmentation des coûts de gestion des déchets. Selon le co-fondateur de FINDS, c’est encore le grand bazar en France, même si la loi AGEC encadre l’interdiction de détruire les invendus non alimentaires depuis 2022. Celle-ci impose entre autres, de donner, de réemployer ou si aucune autre option n’est possible, de recycler les invendus. Si l’arrivée de cette loi est salutaire dans la lutte contre le gaspillage, les marques ont peu de solutions pour s’adapter et relever le défi. « Nous sommes dans une industrie internationale dominée par la mode, la saisonnalité et le marché de l’offre. Cela ne va pas en s’arrangeant malgré des politiques incitatives » assure Jules-Adrien Néret.

Synergies

 

Les quelques actions çà et là montrant certains efforts de l’industrie aux Etats-Unis et en Europe comme en Suisse ou en Suède, ne compensent pas la surproduction mondiale de textiles. Les marques n’anticipent pas du tout cette surproduction et leurs excédents. Alors que certaines marques optent pour le don ou la revente en outlet, d’autres, par souci d’efficacité et ayant peu de solutions circulaires à leur disposition capable d’absorber les surplus, choisissent de s’en débarrasser sur le marché international via des collecteurs- trieurs. Il arrive qu’une partie des produits Premium et de l’industrie du luxe soit revendue d’une année sur l’autre à travers des canaux de distribution spécifiques, sur la marché de l’off-price, mais cela ne permet pas d’écouler tous les stocks.

Disponible au niveau commercial depuis juin 2023, et accélérée par Techstars Sustainability Paris Accelerator en 2022, la plateforme FINDS a construit dans un premier temps, un réseau d’une centaine d’acteurs à travers le monde, qui rassemble aussi bien des recycleurs que des associations et des revendeurs. « Cet outil va permettre aux marques de gérer leurs stocks de manière durable tout en valorisant leurs produits et en gardant la maîtrise de leur image. La construction d’une industrie de la mode durable est un projet qui doit impliquer toutes les parties prenantes » rappelle Jules-Adrien Néret. C’est pourquoi FINDS a été conçu pour offrir aux marques une visibilité sur les acteurs du réemploi et du recyclage, qu’ils soient déjà opérationnels ou en phase de développement. Outre les synergies entre les acteurs d’un écosystème, cet outil va à la rencontre des innovateurs et futurs acteurs du marché du recyclage pour faire connaître leur travail auprès des marques.

Marques Premium

 

« Nous visons principalement les marques Premium et proposons aux industriels de la mode et du textile, une gestion de leurs invendus plus durable qui permet de mieux valoriser et de moins immobiliser. Actuellement, la gestion des excédents est un vrai casse-tête pour les marques », souligne Jules-Adrien Néret. Cela implique pour les équipes de gérer simultanément plusieurs défis au quotidien : extraire un maximum de valeur en un minimum de temps ; collaborer et communiquer avec une multitude de partenaires (outlets internes, revendeurs externes, ONG, et recycleurs) ; maîtriser et réduire l’impact environnemental tout en veillant à la conformité des produits.

Ainsi, la plateforme en ligne centralise dans un espace dédié, toutes les données clés nécessaires pour faciliter la gestion des invendus : données produits, inventaires, informations sur le réseau de partenaires internes (outlet) et externes (revendeurs, ONG, recycleurs) de la marque. En téléchargeant leurs données de stock, les entreprises peuvent facilement créer et partager des offres sur mesure pour leur réseau interne de déstockage ou leurs partenaires externes. L’objectif est de définir un « langage commun » entre les différents acteurs de la filière. Les partenaires peuvent alors exprimer leur intérêt, donner leur avis ou décliner les offres. L’outil FINDS non seulement standardise les processus, mais comble également le fossé entre les nombreux acteurs de la filière textile, ayant des cultures, des métiers et des pratiques différentes, mais tous connectés par leur implication sur le marché des stocks excédentaires. Faciliter l’écoulement des invendus textiles est une première étape. Si elle ne résout en rien la surproduction intrinsèque de cette industrie, FINDS instaure une démarche à grande échelle, capable de rapprocher des acteurs qui jusqu’à présent ne se parlaient pas.

Crédit : Pixabay, FINDS

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