La France vante neuf destinations éco-responsables

Le Sommet du G7 à Biarritz donne le coup d’envoi

On connaissait déjà le tourisme durable et des stations balnéaires engagées dans la propreté des plages et une gestion des déchets renforcée en période estivale. Voici maintenant les destinations internationales responsables. A ce jour, neuf villes et territoires français ont décidé de jouer la carte environnementale et sociale pour attirer le tourisme d’affaires et réduire l’empreinte carbone de leurs événements à caractère international. Première manifestation à inaugurer cette démarche, le prochain G7 sous présidence française, organisé du 24 au 26 août 2019 à Biarritz.

Après plusieurs mois de préparation, le programme baptisé Destinations Internationales Responsables a été inauguré officiellement le 13 juin 2019 quai d’Orsay, avec le soutien de Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères. Porté par l’organisation France Congrès et Evénements et l’entreprise Green Evénements, le projet s’inscrit dans une démarche éco-responsable initiée par G7 France. En effet, le Sommet du G7 qui se tiendra fin août à Biarritz devrait être exemplaire à plus d’un titre, et surtout en adéquation avec l’objectif de faire de cette grand-messe, le porte-voix de la lutte contre les inégalités. « Avec la volonté de montrer le meilleur en termes d’éco-responsabilité, cet événement international sera un vrai défi pour ses organisateurs, surtout en pleine saison touristique » se réjouit Philippe Augier, président de France Congrès et Evénements.

Inauguration de Destinations Internationales Responsables sur les marches du quai d’Orsay

La présidence française au G7 a déjà allumé quelques signaux verts lors de ses réunions inter-ministérielles et diplomatiques organisées tout au long de l’année en France. A Metz par exemple, la réunion des ministres de l’Environnement a atteint une neutralité carbone et a mis en œuvre une opération de lutte contre le gaspillage alimentaire en redistribuant plus de 200 repas à Emmaüs. A Bordeaux, priorité a été donnée aux partenaires locaux privés et notamment aux acteurs de l’ESS. Mais c’est à Biarritz que de nombreuses actions vont se concentrer. « Ce sera une façon de capitaliser sur la réputation de durabilité déjà engagée lors de la COP21 à Paris. Cette rencontre des chefs d’Etats sur l’urgence climatique a été conçue et organisée autour des mêmes valeurs en répondant à un enjeu sociétal mais surtout, en valorisant la différenciation » insiste Jean-Pierre Thébault, ambassadeur chargé de la préparation de la présidence française du G7.

Facteur d’attractivité supplémentaire

 

Se démarquer, c’est bien là tout l’enjeu du G7 à Biarritz qui sera pendant trois jours une porte ouverte sur le monde. « Nous voulons montrer que la France peut devenir un pays attractif en termes de tourisme d’affaires, en misant aujourd’hui sur des valeurs éco-responsables » ajoute l’ambassadeur. Par exemple, le sommet du G7 fera la promotion du zéro plastique jetable. L’hébergement et la restauration vont travailler à la réduction des déchets. Une flotte de vélos à hydrogène sera mise en place, ainsi que des navettes électriques et un tram-bus pour circuler en ville. Le mobilier et les équipements utilisés à l’occasion des rencontres et des forums du G7 seront issus du réemploi et seront ensuite redistribués à des associations locales. Les bâches de présentation des réunions préalables seront recyclées en accessoires et distribuées à Biarritz. Au total, près d’une centaine d’actions sont envisagées pour rendre l’événement exemplaire.

Béatrice Eastham, fondatrice de Green Evénements

Dans ce sillon, huit autres territoires (Metz, Deauville, Rennes, Nantes, Bordeaux, Marseille, Cannes, Nancy) prendront le relais de l’éco-responsabilité à la fin du G7. Fondatrice et présidente de Green Evénements, Béatrice Eastham souhaite que d’ici le 24 août, ces destinations pilotes certifiées ISO 20121 (système de management durable dans l’événementiel) s’engagent à faire de l’accueil responsable, un axe stratégique : « nous avons d’ores et déjà réfléchi à trois grands axes de réflexion et de travail déclinés en plusieurs actions de terrain : la réduction de l’empreinte environnementale, la lutte contre les inégalités sociales et la création d’une dynamique de réseaux d’acteurs et de filières locales ». Soutien de la première heure, Philippe Augier se montre plus nuancé à l’égard des pouvoirs publics, qui sur le terrain, expriment toujours des réticences au changement, si tant est qu’il soit durable : « ce sera aussi l’occasion d’identifier certains verrous, comme les problèmes d’approvisionnement en matières ou de sourcing. On se rend compte actuellement que plusieurs actions ne peuvent pas voir le jour, par méconnaissance du réseau d’acteurs locaux, de solutions de proximité, ou bien en raison des freins normatifs ou administratifs ». Si l’État français s’engage aujourd’hui à rendre son territoire plus attractif par de l’événementiel éco-responsable, il va sans doute devoir aussi jouer le jeu en se montrant exemplaire sur sa commande publique, insiste le président de France Congrès et Evénements.

Crédit : CM

La filière de l’événementiel en quête de modèle durable

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