Officiellement lancé ce 15 décembre 2022, le bonus réparation est censé aider le consommateur à prolonger la durée de vie de ses équipements électriques et informatiques. Ce coup de pouce financé par la filière REP DEEE est appliqué chez tous les réparateurs labellisés QualiRépar. L’audit pris en charge à 70 % par Ecologic et ecosystem, n’en est pas moins un coût pour les TPE. Un Observatoire de la Réparation suivra de près l’évolution de l’offre et de la demande ; les résultats pourront entraîner si besoin des ajustements.
A quelques pas des Champs-Elysées, la boutique SAVE est fin prête. Dans la vitrine, un écran géant informe la clientèle que le magasin est labellisé QualiRépar. Autrement dit, pour toute réparation de smartphone, de tablette ou de PC, une ristourne est désormais réalisée sur le prix. Ce label, valide pendant trois ans, est le Sésame qui autorise, à partir du 15 décembre 2022 les réparateurs à appliquer un bonus à leurs clients. Créé en 2006, sous le nom de Point service mobile (PSM), Save est spécialiste de la réparation de smartphones. L’entreprise possède 200 magasins sur tout le territoire qui seront agréés à leur tour dans les prochains mois. Celui de l’avenue de Wagram, inauguré en septembre 2022, fait partie des tout premiers labellisés. C’est ici que la Secrétaire d’État à l’Ecologie a orchestré la répétition générale, 48 heures avant le lancement du bonus. Bérangère Couillard a remis son téléphone portable à l’opérateur du magasin en vue d’un diagnostic. Résultat : une batterie remplacée, pour un coût total de 25 euros, au lieu de 50 euros jusqu’à présent. A ce jour, une trentaine de produits sont ciblés par cette mesure. Les ristournes par appareil réparé varient de 15 à 45 euros, selon l’article, le travail effectué, la pièce changée. Seuls les équipements hors garantis sont éligibles. Une fois réparé, l’appareil est garanti un an. Pour rappel, la filière DEEE, gérée par les deux éco-organismes Ecologic et ecosystem, s’est engagée à porter le fonds réparation à hauteur de 410 millions d’euros sur la période 2022-2027. Il est exclusivement financé par les metteurs en marché (fabricants, distributeurs et importateurs).
10 000 réparateurs labellisés en 2027
Sur un total estimé de 20 000 réparateurs en France, près de 500 magasins de réparation sont d’ores et déjà labellisés, prêts à accorder des bonus. La filière vise les 1500 réparateurs certifiés d’ici fin 2023 et espère atteindre les 10 000 en 2027. Pour Bérangère Couillard, il faut taper fort et vite : « l’État soutiendra ce dispositif avec des campagnes de communication grand public ; nous devons donner une impulsion dès les premiers mois, pour attirer le consommateur dans cette démarche et nous souhaitons qu’en face, le réseau des réparateurs labellisés monte en puissance. Nous comptons sur les acteurs de la filière pour un déploiement dès l’an prochain d’au moins 4000 réparateurs labellisés sur le territoire ».
Pour répondre à l’intérêt du grand public sans le décevoir, la filière DEEE insiste sur la nécessité du label QualiRépar et d’une formation adaptée, dispensée aux futurs techniciens (jeunes ou salariés en reconversion). L’audit de certification dure au total deux mois et permet de vérifier chez le réparateur, des dizaines de critères sur la sécurité des appareils et des procédés utilisés. Le coût est pris en charge à 70 % par les éco-organismes. Toutefois, le reste à charge pour les réparateurs (entre 400 et 800 euros) peut être un frein pour les plus petits, qui pourraient s’exclure du dispositif. Le temps le dira. Fruit d’un processus qui a démarré il y a deux ans avec la loi AGEC, le bonus réparation est censé faire décoller l’activité en invitant l’usager à prolonger la durée de vie de ses appareils et à faire dans le même temps des économies. Pour les professionnels de la réparation, comme SAVE, ce bonus sera bénéfique à tous les niveaux si dès le départ, les constructeurs jouent le jeu sur la disponibilité des pièces détachées. Ce sujet est récurrent. La filière REP et les pouvoirs publics s’engagent à anticiper ces freins possibles pour éviter une défaillance du dispositif et au final la défiance du consommateur.
Réparation observée de près
En parallèle, l’association de consommateurs CLCV vient de créer un Observatoire de la Réparation. Sa mission : veiller au bon déroulement du dispositif, et suivre la progression du secteur, en recueillant des données sur le nombre de réparateurs, le geste du consommateur, les tendances sociologiques, les spécificités géographiques, la disponibilité des pièces détachées et l’évolution des prix pratiqués. Ce travail statistique démarrera au premier trimestre 2023, en partenariat avec la filière REP DEEE et les pouvoirs publics. Le ministère de l’Ecologie suivra de près les études de l’Observatoire et pourra, selon les résultats constatés, demander une réévaluation du bonus. Dans la foulée, d’autres produits vont rapidement devenir éligibles à des fonds réparation. Les prochains devraient concerner les vélos, mais aussi de nombreux équipements de sport et loisirs, ainsi que les articles de bricolage et jardinage. Un peu plus tard, ce sera au tour des vêtements, des chaussures et du mobilier. « Une vraie dynamique est attendue en 2023 dans le secteur de la réparation. Il est donc très important de veiller à ce que les choses se passent bien d’emblée, pour satisfaire les attentes du consommateur » insiste la Secrétaire d’État.
Crédit : CM
A lire aussi :
Comment faire de la réparation, un métier d’avenir ?
« L’Echo circulaire a cessé sa parution mais l’actualité de l’économie circulaire continue d’être suivie par "Déchets Infos". »