Donner plus de visibilité, favoriser les échanges entre les territoires, permettre aux acteurs de l’ESS d’intégrer de plain-pied les enjeux de la loi AGEC. Autant de raisons qui aboutissent aujourd’hui à la mise en œuvre d’une cartographie numérique, Carteco. Lancée par la Chambre française de l’ESS (ESS France), cette plateforme interactive démarre dans un premier temps avec le soutien de sept régions pilotes, soit 1500 acteurs enregistrés.
Récupération d’invendus, mise à disposition de matériel, vente de pièces détachées, ateliers vélos, Repair cafés, activités de collecte de déchets, consigne pour réemploi, réemploi/réutilisation, préparation au recyclage, recyclage, sensibilisation à la lutte contre le gaspillage alimentaire. Voici les points d’entrée pour cartographier et identifier les acteurs français de l’ESS engagés dans l’économie circulaire. Malgré l’existence de réseaux territoriaux sur le réemploi ou la réparation, ou encore les données régionales relatives à la gestion et au traitement des déchets, ESS France (la Chambre française de l’ESS instituée par la loi ESS de 2014) vient de lancer la première plateforme nationale des acteurs de l’ESS engagés dans la transition écologique. Cette initiative est soutenue par l’Ademe et l’Agence nationale de la coopération territoriale. Pas question de rajouter une couche à ce qui existe déjà.
Plateforme numérique

Cette cartographie numérique et évolutive, baptisée Carteco vise à étendre la visibilité des réseaux locaux existants à l’échelle nationale pour aider acteurs publics et privés à déployer des actions circulaires tournées vers l’économie sociale et solidaire. Le rôle de ce secteur dans la réparation, le réemploi, la réutilisation, ou la gestion des déchets est significatif et indiscutable face aux objectifs de la loi AGEC. Pour rappel, l’ESS représente sur le plan économique, 10 % du PIB et selon l’Ademe, pour les seules activités liées à la deuxième vie des biens, 60 % des emplois sont situés dans le champ de l’ESS. Pour favoriser les connexions entre territoires mais aussi entre tous les acteurs, que ce soit au niveau des marchés publics ou dans le cadre d’appels d’offres avec des entreprises privées, Carteco simplifie l’accès aux données, aide à identifier et à répondre à un besoin croissant de sourcing. La secrétaire d’État à l’Economie Sociale, Solidaire et Responsable, Olivia Grégoire, insiste sur l’importance d’un tel outil qui permettra à chacun de voir facilement où et comment il peut contribuer à la transition sociale et solidaire de sa consommation. Et d’ajouter que dans ce cadre, l’État doit faire preuve d’exemplarité dans sa conduite des marchés publics. Plus aucune excuse par conséquent pour intégrer dans le jeu, des acteurs oeuvrant à la transition sociale et écologique de notre société.
Sept régions pilotes

La cartographie démarre dès à présent avec 1500 acteurs de l’ESS dans sept régions pilotes, dont environ 60 % se trouvent répartis en Auvergne-Rhône-Alpes, et en Nouvelle-Aquitaine. Les autres acteurs sont situés en Corse, en Guyane, en Île-de-France, à Mayotte, et en Pays de la Loire. Au fur et à mesure, cette plateforme s’enrichira de nouvelles informations sur les acteurs du territoire, et leurs activités. L’outil est amené à évoluer de manière qualitative, à travers un référencement régulier des structures elles-mêmes qui ne sont pas encore répertoriées ou qui souhaitent réactualiser leurs données, mais aussi par le biais des réseaux locaux déjà organisés qui pourront importer directement leurs données dans la base. Par ailleurs, la carte est connectée avec la base de données internationale OpenStreetMap en open data. Cela signifie que les données des deux bases peuvent se synchroniser automatiquement. Les Cress comptent bien jouer dans cette organisation, un rôle majeur grâce à leur connaissance fine des territoires. Un bémol toutefois pour certaines structures du réemploi et de la réparation : seuls les acteurs appartenant à l’ESS, statut défini par la loi ESS de 2014, pourront figurer sur Carteco.
D’ores et déjà, certains acteurs intégrés dans cette carte numérique y voient plusieurs avantages. Pour Joanne Boachon, fondatrice de Minéka, structure pour le réemploi de matériaux dans la construction, basée à Lyon, cela va automatiquement mettre en lumière les actions au-delà du périmètre local : « ce maillage va nous faciliter la tâche, puisqu’on nous demande souvent, si des structures équivalentes à la nôtre existent dans d’autres régions. Cela va mettre aussi en exergue la richesse de certains territoires et a contrario, l’absence ou le manque de structures dans d’autres. A partir de ces données, nous pourrons analyser et comprendre pourquoi les territoires ne sont pas égaux ».
Généralisation en 2022
Jérôme Saddier, président d’ESS France, souligne que l’accès aux acteurs des autres régions est prévu dès 2022, avec sans doute d’autres champs à explorer comme l’agriculture et l’alimentation durables, l’énergie, l’éducation à l’environnement, ou la mobilité durable. En attendant, place à la découverte, à la connaissance et à l’analyse des informations déjà disponibles pour développer un véritable outil collaboratif. Bien sûr ajoute-t-il, Carteco servira également à répondre à des enjeux plus transversaux telles que la collecte cinq flux en entreprise ou le déploiement de synergies d’écologie industrielle et territoriale. A ce titre, des connexions pourront être réalisées avec le réseau synapse engagé sur l’EIT.
Crédit : Minéka
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