Le Salon international de l’agriculture a été l’occasion pour Adivalor de présenter son bilan 2023 et de signer un nouvel accord-cadre. Les projets de la filière de gestion des plastiques agricoles usagés ne manquent pas. La pérennité du recyclage reste un perpétuel défi pour ces produits mais pas seulement. A partir de 2024, de nouveaux chantiers se mettent en place sur la prévention des déchets d’emballages et le réemploi de certains contenants.
Les fermes françaises génèrent aussi des déchets plastiques : emballages phytosanitaires, bâches agricoles, filets, ficelles, voiles de maraichage. Autant de résines PP, PEhd et PEbd qui sont utilisées pour transporter des engrais, nutriments ou protéger les cultures tout au long de l’année. En 2023, cela a représenté 125 000 tonnes de produits, toutes catégories confondues, mises sur le marché français. Depuis plus de 20 ans, Adivalor gère les emballages et les films plastiques agricoles, dans le cadre d’une démarche volontaire des industriels. Au fil des ans, le secteur n’a pas lésiné sur les moyens pour développer des solutions de collecte et de valorisation des plastiques usagés provenant des exploitations agricoles et d’élevage. En 2023, cette filière parvient à une certaine maturité et expertise puisque la collecte et le recyclage ont enregistré des performances très satisfaisantes, selon son président Christophe Grison. Ce sont ainsi 97 000 tonnes collectées, soit une augmentation de 4000 tonnes par rapport à 2022. Le taux de collecte est passé à 79 % (marqué par une forte hausse pour les plastiques d’élevage) tandis que les gisements collectés sont recyclés à plus de 90 %, pour moitié en France, le reste dans l’Union européenne. Au final le recyclage a atteint 70 % en 2023. et devrait cette année franchir la barre des 74 %.
Cinq unités de recyclage d’ici 2026

« Cette année, nous prévoyons un recyclage à 60 % en France et à 80 % d’ici 2025 » indique Ronan Vanot, directeur général d’Adivalor. Sur le terrain, tout est mis en œuvre pour que le recyclage devienne franco-français avec le déploiement d’ici 2026 de cinq unités de valorisation matière : RecyOuest (ficelles et filets) a été inaugurée en 2022. Plasticlean (films de paillage) a été lancée en 2023. A partir du printemps 2024, Novus en Normandie pourra traiter 10 000 t/an de big-bags tandis que Suez doublera d’ici la fin de l’année, ses capacités de recyclage des films agricoles avec une seconde ligne de 10 000 t/an en cours d’installation. Enfin, l’entreprise Néoplast en Haute-Garonne recyclera les films d’élevage en 2025 pour le bâtiment. Les résines régénérées repartent dans la fabrication de nouveaux produits pour l’agriculture (ficelles, filets ou gaines et raccords d’irrigation) mais aussi de sacs poubelles, de tubes, de cagettes etc. « Aujourd’hui, notre défi n’est pas seulement de trouver des capacités de recyclage en France ; encore faut-il pouvoir écouler la matière, explique le directeur d’Adivalor. Depuis quelque temps, l’industrie du recyclage se trouve dans une mauvaise passe avec des cours de résines régénérées qui s’effondrent, face à l’importation de produits neufs très bon marché, provenant d’Asie ». A son échelle, l’éco-organisme Adivalor incite à l’éco-conception des produits par incorporation de matières recyclées, mais la situation est actuellement compliquée.
Au total, la filière devrait couvrir 25 typologies de produits d’ici la fin d’année. Depuis l’automne 2023, la gestion des emballages vides provenant de la nutrition animale a démarré avec d’ores et déjà 500 tonnes collectées. En 2024, ce sera au tour des pots horticoles professionnels d’intégrer la boucle de valorisation. En parallèle, des études de préfiguration sont en cours sur la gestion des voiles non tissés utilisés en maraîchage et les filets anti-insectes.
Vers du réemploi d’emballages
Pour accompagner le mouvement, le ministère de l’Ecologie et Adivalor renouvellent depuis 2003, l’accord-cadre de la filière. Le dernier en date a été signé sur le Salon de l’Agriculture le 28 février 2024 avec le ministre Christophe Béchu. Jusqu’en 2029, il donne le cap en fixant des objectifs de performance (tendre vers 100 % de collecte et 80 % de recyclage à la fin de la période) et d’éco-conception grâce à un dispositif de bonus-malus sur les produits mis en marché. « L’éco-modulation sur le prix permet d’obtenir des produits mono-matériaux (PEHd, Pebd ou PP), facilement recyclables, avec de moins en moins de contaminants et perturbateurs comme des inserts métalliques ou d’autres résines en co-extrusion », souligne Ronan Vanot. L’accord-cadre 2024-2029 encourage également de nouveaux projets de prévention des déchets et de prise en charge des flux des cinq territoires d’Outre-mer. « Nous sommes au début de travaux en partenariat avec des acteurs locaux de Guadeloupe et de la Réunion. Peu de solutions existent à ce jour, sur place, confie Ronan Vanot. L’idée serait de regrouper les flux pour les rapatrier en métropole et les recycler. A l’échelle des Antilles, cela doit représenter environ 1000 tonnes tous produits confondus ». Autre défi à relever pour la filière, le réemploi des contenants. Des pilotes sont à l’étude sur des fûts et des bidons. La direction d’Adivalor espère la mise en place d’une filière opérationnelle fin 2024 ou 2025. L’enjeu porte sur la préservation et le stockage des emballages en l’état ainsi que leur transport. Dans le cadre d’un réemploi, pas question d’écraser et mettre ces produits en balles. Cela va demander plus de place et une collecte assez réactive. De quoi intégrer de nouvelles actions d’économie circulaire dans l’agrofourniture.
Adivalor en chiffres
- 300 000 agriculteurs jouent le jeu
- 1 300 opérateurs collectent
- 550 metteurs en marché, industriels ou importateurs financent la filière
- 110 entreprises de gestion de déchets sont partenaires
- 8 500 points de collecte existent dans toute la France
Crédit : Adivalor
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