Valrhona prépare son ComeBac

Emballages réutilisables et neutralité carbone pour 2025

Producteur et transformateur de fèves de cacao à Tain-l’Hermitage dans la Drôme, Valrhona vend exclusivement aux professionnels de la restauration et de l’industrie alimentaire dans le monde entier. Depuis 2013, l’entreprise renforce sa politique environnementale sur toute la chaîne de valeur et compte sur sa neutralité carbone d’ici à 2025. Parmi ses tout derniers projets, ComeBac vise à remplacer les emballages de livraison à usage unique par des bacs réutilisables.

Filiale du groupe Savancia, spécialisée dans la transformation des fèves de cacao depuis près d’un siècle, Valrhona achète 0,13 % de la production mondiale de cacao auprès de 18 000 producteurs et exporte dans 85 pays à plus de 40 000 clients en BtoB. L’entreprise a réalisé son premier bilan carbone en 2013. Mais dès 2005, une démarche volontaire de certification ISO 14001 pour la qualité du système de management environnemental a été mise en place, suivie d’une certification ISO 50001 obtenue en 2015 sur le management de l’énergie. Outre la conformité du site aux dernières règlementations environnementales, la politique de Valrhona s’accompagne aujourd’hui d’actions concrètes à tous les niveaux de son activité (transports des salariés, procédés de production, gestion et prévention des déchets, économies d’eau et d’énergie, éco-conception des produits). L’objectif est de rendre la chocolaterie neutre en carbone dès cette année sur les deux sites de production de Tain-l’Hermitage (environ 700 salariés), ainsi que toute la chaîne de valeur, de la plantation à l’assiette, d’ici à 2025. Première mission remplie en 2020, puisque l’entreprise vient d’être certifiée B Corp. Ce label distingue, à l’issue d’un audit exigeant, les sociétés s’imposant d’elles-mêmes des normes sociales et environnementales élevées et qui s’inscrivent dans une démarche de progrès.

Bannir l’emballage à usage unique

 

Depuis l’an dernier, Valrhona s’est fixé un nouvel objectif pour réduire son empreinte sur les ressources, en repensant totalement sa politique vis-à-vis de ses emballages de conditionnement. Car un enjeu demeure, celui des déchets d’emballages laissés dans les laboratoires des clients avec les cartons d’expédition. Avec l’ambition au départ de renforcer la recyclabilité des sacs de conditionnement, habituellement composés d’un matériau bi-couche aluminium et plastique -idéal néanmoins pour la conservation des arômes, l’entreprise décide finalement de tester l’emballage réutilisable pour livrer ses chocolats. L’équipe RSE est moteur dans cette démarche circulaire et réussit à convaincre l’ensemble des collaborateurs des services innovation et marketing de l’intérêt logistique et environnemental de ce dispositif baptisé ComeBac. Retenu en 2019 dans le cadre d’un appel à projets de l’Ademe sur l’éco-conception en Auvergne-Rhône-Alpes, ComeBac consiste à mettre en pratique le réemploi d’emballages à petite échelle tout d’abord.

Des sacs en bi-couches aluminium/PE non recyclables seront remplacés par des bacs en plastique lavables et réutilisables

Une expérimentation devait être lancée en septembre 2020 auprès d’une centaine de clients lyonnais, mais le confinement et la crise sanitaire ont changé la donne et repoussé cette échéance à fin novembre 2020 auprès d’une dizaine d’artisans pâtissiers-chocolatiers. Pendant six mois, Valrhona va ainsi essayer sa nouvelle solution de livraison de fèves de cacao dans des bacs en plastique aptes au contact alimentaire et lavables. « Pour cette expérience, nous avions le choix entre un bac de transport ou un bac de stockage, explique Alice Dux, chargée de produits RSE et responsable du projet. Nous avons finalement opté pour le bac de transport, plus robuste pour tester le nombre de rotations. Deux types de bacs seront utilisés, avec rabats et avec charnières. Une sache recyclable sera placée entre nos produits et les bacs. Enfin, deux références de chocolats, noir et au lait, seront livrés ainsi ». Le projet ComeBac mettra en service 200 bacs de 6 kilos de contenance. Le dispositif vise dans un premier temps à vérifier le niveau d’acceptabilité des clients et montrer que la livraison en contenants réutilisables est meilleure que celle des sacs reçus dans des cartons.

Test élargi à une centaine de clients

 

Projet d’éco-conception retenu par l’Ademe

Un bilan environnemental complet basé sur des critères environnementaux, sanitaires, économiques permettra à Valrhona de poursuivre ou pas ce dispositif. Le ramassage des bacs sera réalisé une fois par mois par des équipes internes à Valrhona. A terme, si ComeBac fait ses preuves, l’entreprise envisage un système de logistique reverse associant un transporteur régional et un prestataire de lavage. Deux entreprises locales spécialisées dans la récupération de bouteilles en verre ont été identifiées à Chabeuil et Valence dans la Drôme pour nettoyer ces bacs. « Nous espérons basculer rapidement vers une expérimentation de plus grande envergure, en touchant une centaine de clients lyonnais dans six mois, annonce Alice Dux. Dans l’idéal, nous pourrions imaginer de mettre en service des bacs réemployables sur mesure et mutualisés avec d’autres fournisseurs industriels de produits alimentaires tels que du café. Mais là aussi, nous devrons étudier les impacts possibles sur la qualité de nos produits et en particulier sur le respect des arômes ».

Dans cette continuité, Valrhona a choisi d’adhérer à Réseau Vrac, après avoir été contacté par plusieurs épiceries spécialisées dans la distribution de produits en vrac. A ce jour, l’industriel ne procède pas à de la vente en BtoC, mais ne ferme pas non plus toutes les portes. De même, la lutte contre le gaspillage de matières alimentaire fait partie des missions de l’entreprise aussi bien en interne au niveau de son outil de production, que chez ses clients. C’est pourquoi, Valrhona propose à la vente sur son site de production, sa gamme de « Cabossés » (orangettes tordues et amandes bonbons à moitié enrobées), des produits non conformes aux critères visuels de vente. En aval, chez ses clients, l’entreprise aimerait susciter aussi le déploiement d’emballages réutilisables afin de conserver, stocker et redistribuer les produits transformés non vendus.

Coques : plusieurs valorisations possibles

Les coques de cacao font partie des principaux déchets de Valrhona en amont de la production de chocolat. En 2019, 790 tonnes de déchets de coques ont été produites sur 1800 tonnes de déchets totaux. Ces coques sont aujourd’hui valorisées en paillage, en engrais, ou en arôme, et pourraient trouver une nouvelle voie de traitement par combustion dans une chaudière biomasse. Depuis 2017, un projet régional est à l’étude pour valoriser localement ces co-produits en énergie et limiter ainsi le transport des déchets. Les déchets de chocolat représentent par ailleurs en 2019, 340 tonnes de matières, principalement valorisées pour la filière d’alimentation animale.

Objectifs de neutralité carbone 2025

  • 50 % de réduction de la consommation d’énergie contre 31 % en 2019 ;
  • 79 % d’emploi d’ENR contre 69 % en 2019 ;
  • 50 % de réduction de la production de déchets contre -11 % en 2019 ;
  • 100 % de la valorisation des déchets contre 90 % à ce jour ;
  • 100 % des produits éco-conçus contre 75 % en 2019 ;
  • 85 % des emballages recyclables contre 79 % actuellement.

Depuis 2013, Valrhona a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 57 %, sa consommation d’eau de 51 % et d’énergie de 31 %.

Crédits : Valrhona

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