Suez à la tête de l’un des plus grands centres de tri

Une capacité atteinte de 60 000 t/an à Limeil-Brévannes

Depuis 2016, le centre de tri de Limeil-Brévannes, exploité par Suez est passé de 20 000 à 60 000 t/an de déchets de collecte sélective traités. Un défi que le groupe a relevé en investissant 15 millions d’euros. L’installation a été développée et modernisée pour accueillir un tri de dernière génération et traiter treize types de déchets d’emballages. Il incarne l’un des plus grands centres de tri français, soutenu par Citeo et l’Ademe et répondant à une stratégie nationale de collecter plus et recycler mieux.

« C’est comme un sport collectif où tous les membres de l’équipe doivent jouer ensemble », lance Jean Hornain, directeur général de Citeo lors de l’inauguration officielle du centre de tri modernisé de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). Entouré de plusieurs représentants de collectivités et des collaborateurs de Suez, Arnaud Leroy, président de l’Ademe fraîchement nommé, a mis en lumière la nécessité d’augmenter les capacités des centres de tri en France, pour répondre aux objectifs européens mais aussi et surtout pour traiter des flux de déchets de plus en plus importants : « atteindre le doublement de capacité de traitement en deux ans montre de fait qu’il existe des besoins énormes sur la gestion des déchets ménagers, et que parmi tous ces emballages collectés, certains ne sont pas systématiquement recyclés ». D’où selon lui, des efforts à mener sur l’éco-conception des produits, la sensibilisation sur le geste de tri l’innovation technologique pour garantir une haute qualité des balles de matières triées.

Inauguration officielle le 15 mai 2018

Le site de Limeil-Brévannes est exploité depuis 1996 par le groupe Suez. Vingt ans plus tard, les contraintes environnementales et réglementaires ont engagé la France dans une stratégie active de recyclage de ses emballages. L’extension des consignes de tri en témoigne. Face au défi de collecter tous les emballages plastiques et de surcroît dans une région démographique et économique dense, l’Ile-de-France, le centre de Limeil-Brévannes s’est métamorphosé pour répondre à cette volonté de recycler plus et mieux. Coût de l’opération, 15 millions d’euros dont 1,4 million d’euros financés pour moitié par l’Ademe et Citeo. Le site traite les déchets de 1,5 million d’habitants, au lieu de 600 000 habitants avant 2016, en élargissant son périmètre de couverture à une centaine de communes du sud francilien.

Partenariat avec l’entreprise Ares

 

Répondant aux critères de cette extension, le centre de Limeil est capable de sortir en bout de chaîne, treize sortes de matières triées. Tous les emballages plastiques contenus dans les bacs jaunes ainsi que les emballages métalliques sont traités ici selon un parcours bien établi et par le biais d’un tri perfectionné qui associe la machine et l’humain. Depuis le début de l’exploitation du site, Suez travaille en partenariat avec Ares, une entreprise d’insertion pour les personnes éloignées de l’emploi. Aujourd’hui, sur 90 collaborateurs employés sur le centre, 50 salariés se trouvent en parcours insertion. Ces personnes sont principalement rattachées à des postes de tri manuel en cabine. Le travail bien que répétitif et pas très attrayant, a été fortement amélioré grâce aux aménagements environnants. La cabine de tri a été complètement repensée, insonorisée, et équipée de coussins rembourrés le long de la chaîne de tri au niveau de chaque poste de travail. Un système de contrôle d’atmosphère permet de plaquer les poussières au sol. L’intervention de ces agents de tri apparaît à la cinquième étape du traitement, en vue d’un sur-contrôle qualité.

Auparavant, le déchet a parcouru plusieurs mètres de tapis et traversé plusieurs process mécaniques. Lorsqu’il arrive sur la chaîne de tri, ce déchet d’emballage est préparé dans deux trommels. Cela permet de séparer dans un premier temps les films plastiques et de trier le déchet selon le calibre. En fonction de leur taille et de leur nature, les déchets d’emballages sont dirigés vers des cribles balistiques et des équipements, tels que l’overband pour séparer l’acier ou le courant de Foucault pour séparer l’aluminium. Les résines plastiques sont envoyées vers les six lignes de tri optique. Juste avant cette opération, les corps creux suivent une étape supplémentaire dans le Pratop. Deux machines de ce type existent en France et seulement chez Suez : à Limeil-Brévannes et sur le site multi-filières du Jas de Rhodes dans les Bouches-du-Rhône. Cet équipement, constitué de deux cylindres munis de picots, perfore et écrase les corps creux pour les rendre plus facilement détectables par le trieur optique. De cette façon, l’entreprise mise sur une meilleure qualité de tri et moins de perte de valorisables en bout de chaîne.

Pas plus de 22 % de refus de tri

 

La capacité de traitement du site a beau être la plus performante en France à ce jour, Suez reste vigilant sur ses refus de tri. Son objectif : rester sous la barre des 22 %. « Aujourd’hui, il peut varier entre 20 et 25 %, en fonction principalement des collectes sélectives de communes, où le geste de tri a été plus ou moins respecté, indique un agent. Chaque camion arrivant sur le site est tracé et permet d’alerter la collectivité en cas de taux de refus élevé ».

De son côté, Suez s’efforce aussi de travailler sur la récupération des matières valorisables tout au long du process. Les refus de tri constitués d’emballages ou de déchets indésirables dans les conteneurs finissent en valorisation énergétique. Pour ceux qui ont pris le chemin du recyclage, plusieurs options sont possibles selon leur nature. Parmi les différentes résines, le PET de bouteille par exemple est envoyé dans l’usine France Plastiques Recyclage (Suez/Paprec) à Limay, à raison de 7000 t/an en moyenne. Transformé en granulés, ce PET pourra intégrer de nouveaux produits d’emballages aptes au contact alimentaire. Les papiers-cartons et les ELA vont chez des papetiers près de Rouen et à Nogent-sur-Seine. Les métaux ferreux sont acheminés chez un sidérurgiste de Dunkerque, tandis que l’aluminium est retraité dans des fonderies ou des sites spécialisés près de Chartres.

Un problème insoluble

 

Limeil-Brévannes dispose aujourd’hui de l’un des plus grands centres de tri français, avec celui de Paprec à Le Rheu, près de Rennes, inauguré en 2016. D’autres viendront rapidement emboîter le pas avec des capacités de traitement proches. Concernant la participation de Suez dans l’évolution du tri en France, elle reste plus que jamais active. « D’autres projets pourraient voir le jour à Angers ou à Marseille dans le cadre de nouveaux contrats de performance pour les collectivités. Le groupe Suez n’hésitera pas à étudier toute proposition et à répondre à ces futurs marchés » assure Edouard Hénaut, directeur général des services aux collectivités chez Suez. Sans attendre les orientations de l’après-feuille de route sur l’économie circulaire, l’entreprise française mise sur la production de nouvelles matières premières, en particulier les résines plastiques recyclées. Pour Olivier Vilcot, directeur de la division plastiques du pôle recyclage chez Suez, le problème peut sembler insoluble, mais des solutions existent : « D’un côté, la collecte a du mal à augmenter parce qu’il n’y a pas de demande industrielle pour la tirer vers le haut. De l’autre, les industriels freinent l’intégration de matière recyclée, considérant qu’ils n’auront pas l’approvisionnement suffisant pour leur production ». Si la bouteille PET est de loin l’emballage le mieux recyclé, elle ne l’est par exemple qu’à hauteur de 10 % du gisement européen. La quantité de bouteilles PET collectables s’élève à trois millions de tonnes en Europe. Du chemin reste à faire des deux côtés.

Crédit : Suez, CM

En savoir plus : Suez Belgique, Citeo

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