Loewi démocratise le VAE de seconde main

Reconditionneur de flottes d’entreprises et de distributeurs

Alors que le marché du vélo électrique neuf affiche 2,2 millions d’unités vendues en Europe, le secteur de l’occasion devrait rapidement trouver sa place. Les prévisions tablent sur 27 millions de VAE reconditionnables d’ici 2030. En France, la demande est forte pour le VAE de seconde main. Reste à trouver la bonne source. L’entreprise Loewi a démarré son activité il y a quelques mois en reconditionnant les flottes professionnelles de A à Z. Prochaine étape : développer l’achat-revente et contribuer à l’émergence de nouvelles compétences.

Reconditionner un vélo électrique, pour la toute jeune entreprise française Loewi, ce n’est pas juste remplacer la batterie. Il s’agit de contrôler, réparer et remplacer toutes les pièces d’usure du VAE, et si besoin la batterie. Créée fin 2021 par Diego Level, Elisa Wallez et Tanguy Lastennet, trois passionnés de mobilité douce, Loewi a pour ambition de démocratiser l’accès au vélo électrique tout en réduisant l’impact environnemental de ce dernier. L’empreinte carbone d’un VAE reconditionné afficherait moins de 15 gCO2e/km contre 22 pour un VAE neuf. Pour cela, ils ont choisi de s’attaquer aux flottes d’entreprises et de collectivités. Un gisement d’avenir selon Tanguy Lastennet qui estime qu’en 2025, plus de 50 % du parc de VAE sera détenu par des entreprises. Loewi collecte auprès de fabricants, de leasers, d’entreprises exploitant des flottes, de financeurs et de loueurs saisonniers. Elle propose également aux magasins distributeurs un service de reprise des anciens VAE de leurs clients particuliers. Son activité repose sur deux prestations en lien avec le marché de la seconde main : un service de reconditionnement pour des entreprises qui restent propriétaires de leurs VAE ; une fois contrôlés et réparés, ces derniers sont recommercialisés ou remis en service par leurs propriétaires. Deuxième offre, Loewi rachète les flottes d’entreprises ou de magasins pour revendre en propre, après reconditionnement, sur des market place spécialisées dans le matériel d’occasion destiné au grand public. A ce jour, Loewi collabore avec plus de 1000 magasins et plateformes commerciales de la seconde main en France (Decathlon, BackMarket, recovélo, Alltricks, refurbed, Upway, etc.).

Vers un label de certification indépendant

 

Quelle que soit leur destinée, une fois entre les mains de Loewi, les vélos électriques passent par un diagnostic complet. Ils sont nettoyés et repeints. Les pièces d’usure sont remplacées, les connexions sont changées ainsi que les batteries, si besoin. Enfin, un test de contrôle qualité est réalisé. Toutes ces opérations sont certifiées en interne, avant revente et le vélo est garanti un an. « La certification est indispensable pour la market place qui veut s’assurer de commercialiser des produits de seconde main de qualité. Nous travaillons actuellement en partenariat avec la fédération RCube pour monter un label de certification spécifique s’inspirant du label RecQ (lancé au printemps 2021 avec l’organisme certificateur Dekra sur les téléphones, ordinateurs et pneus de tourisme) » explique Tanguy Lastennet, co-fondateur et directeur commercial de Loewi. L’entreprise a démarré pleinement son activité de reconditionnement en mars 2022 dans un entrepôt de 500 m² à Bobigny (Seine-Saint-Denis), hébergée et accompagnée par Murphy, réparateur d’appareils électro-ménagers. Depuis le début de l’année, l’entreprise a sourcé 3400 vélos et traite à ce jour plus de 80 VAE par mois, grâce à deux postes dédiés, pour un chiffre d’affaires de 120 000 euros. A ce rythme, Loewi vise entre 800 et 1000 vélos reconditionnés sur son premier exercice. « Notre objectif est d’associer haute technologie et moyens humains pour accélérer la montée en puissance et l’industrialisation de l’activité. Cela devrait se traduire par une automatisation de certaines opérations de test et de reconditionnement, combinée à de l’intervention humaine à forte valeur ajoutée ».

Une filière de formation en Ile-de-France

 

Pour mener à bien son projet, Loewi a reçu le soutien de la région Ile-de-France. Depuis son démarrage au printemps dernier, l’entreprise emploie au total sept collaborateurs et a bénéficié de trois incubations au sein de HEC, de 21st by CentraleSupelec et de Moovelab. Toujours en recherche de fonds, les trois fondateurs espèrent poursuivre leur croissance en région francilienne et s’installer rapidement sur un nouveau site de 1500 m². A terme, l’entreprise prévoit d’embaucher entre 30 et 35 personnes dont une vingtaine d’opérateurs reconditionneurs. Dans cette optique, Loewi s’est rapprochée de l’INCM (institut national de formation du cycle et du motocycle) dont une antenne est basée au Bourget, avec l’ambition de créer la première filière de formation pour le cycle électrique de seconde vie en Ile-de-France. Les enjeux portent sur le développement de nouvelles compétences afin de former les futurs électromécaniciens du cycle. « Dans ce domaine, presque tout est à créer. Fabriquer un VAE n’est pas la même chose que le reconditionner. Nous avons besoin d’experts pour diagnostiquer, démonter, réparer, remplacer des composants et certifier des VAE reconditionnés » assure Tanguy Lastennet. Le manque de compétences à tous les niveaux de la chaîne de reconditionnement bloque aujourd’hui l’accès aux VAE certifiés pour les particuliers et les entreprises. En contribuant au déploiement de formations adaptées et à la création d’emplois qualifiés, Loewi espère ainsi lever le dernier frein pour mettre le vélo électrique à la portée de tous.

Crédits : Loewi

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