Comment mobiliser les régions autour de l’économie circulaire ? Comment aider les structures locales publiques et privées, à agir collectivement en suscitant des partenariats multi-acteurs, dans tous les secteurs de la vie économique, sociale et environnementale ? C’est l’ambition que s’est fixé l’Institut Territoires Circulaires. Officialisée le 22 juin 2021 sur le campus d’ISC Paris à Orléans, autour d’une vingtaine de membres fondateurs, cette association souhaite donner un coup d’accélérateur à l’économie circulaire en région Centre-Val de Loire.
Co-fondateur de l’Institut national de l’économie circulaire en 2013 avec François-Michel Lambert ; aujourd’hui enseignant et conférencier sur la RSE et l’économie circulaire dans les grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs et en entreprises, Grégory Giavarina connaît ce nouveau modèle sur le bout des doigts. Il est surtout conscient des impacts que les actions circulaires peuvent avoir sur les territoires, au plus proche des élus, des citoyens et des entreprises locales : « il est urgent de mobiliser les acteurs autour de projets concrets et innovants en région. Pour cela, il faut former, développer la recherche et surtout favoriser la création de réseaux et de passerelles entre institutions publiques, entreprises, chercheurs. »

C’est ainsi que l’idée d’un institut pour promouvoir les territoires circulaires a germé au fil des mois. Une assemblée générale constitutive regroupant les membres fondateurs, s’est déroulée le 22 juin dernier en Centre-Val de Loire pour présenter les objectifs, les axes stratégiques et le fonctionnement de cette association multi-acteurs à but non lucratif. L’Institut Territoires Circulaires porte plusieurs ambitions : créer une expertise partagée entre les différents acteurs du territoire ; favoriser de nouvelles synergies entre acteurs privés, publics et associatifs pour développer des projets territoriaux ; accompagner les élus et l’ensemble des acteurs de terrain dans leur réflexion d’actions publiques et entrepreneuriales en termes de politique circulaire, de soutien à la recherche et à la formation ; structurer et valoriser un réseau de chercheurs, d’enseignants chercheurs et de responsables de formations capables de lever les freins au développement de l’économie circulaire dans les territoires ; proposer des outils pour mettre en place ce nouveau modèle économique au cœur des politiques publiques territoriales et des stratégies d’entreprise.
Vingt membres fondateurs
« L’Institut Territoires Circulaires a pour vocation de fédérer les acteurs socio-économiques pour accélérer l’économie circulaire dans les régions. En Centre-Val de Loire bien sûr, mais aussi ailleurs, en Ile-de-France par exemple, là où la demande est forte. Concrètement, cela signifie mener des études, créer des réseaux de recherche et d’enseignement, identifier les besoins locaux, faire du benchmarking, travailler sur des sujets précis et des solutions concrètes duplicables en régions », ajoute Grégory Giavarina, chef de projet de l’Institut. Une vingtaine de structures d’horizons différents ont déjà rejoint l’association pour travailler ensemble. Cela va de la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (Groupe LSDH) à Orléans Val de Loire Technopole en passant par l’éco-organisme de mobilier professionnel Valdelia ou encore la start-up Lib&Lou qui propose des jouets en location. D’autres entreprises et institutions publiques devraient suivre, comme Orléans Métropole.Parmi les premiers membres du Conseil d’administration figurent ADESS-LOGIC, Agyre, le BRGM, le Crédit Agricole Centre-Loire, ENGIE, GRDF, ISC Paris, le groupe La Poste, NEKOE, Poly To Poly, PERSEE3C.
Opérationnel et réplicable
Le directeur de l’éco-organisme Valdelia, Arnaud Humbert-Droz, perçoit dans l’institut la même logique qui a conduit à la création de Second Ere en Occitanie : « cela consiste à créer une dynamique locale, à multiplier les jeux d’acteurs et à mettre en œuvre un éco-système différent sur chaque territoire ». Ensemble, les membres de l’association veulent faire de la région Centre-Val de Loire une sorte de Living Lab ou de Do Tank pour les institutions nationales qui veulent expérimenter l’économie circulaire sur le terrain avant de l’appliquer dans d’autres régions. Le lancement officiel de l’association aura lieu en septembre prochain, mais plusieurs grands chantiers sont déjà dans les tuyaux : l’intégration de l’économie circulaire dans les achats responsables publics et privés avec à la clef, la constitution de clausiers ; le sourcing végétal à partir de flux de biomasse ; ou encore le déploiement d’une filière de réemploi de matériaux dans la construction, en lien avec des projets d’écologie industrielle. Pour Pierre Barreaud, Vice-président en charge de la formation de l’Institut, la prise en compte de l’économie circulaire par les acteurs socio-économiques passera nécessairement par la montée en compétences des collaborateurs sur le sujet : « c’est pourquoi l’Institut lancera en septembre 2021 une étude régionale sur l’économie circulaire dans les formations initiales et continues, et évaluera en parallèle les besoins des employeurs. Nous travaillerons ensuite, avec nos membres et partenaires, sur la mise en place de formations et d’outils pédagogiques spécifiques ».
Toutes ces thématiques seront pensées collectivement à l’échelle des réseaux du territoire pour favoriser l’opérationnel dès que possible. Car c’est souvent là que le bât blesse. Il manque toujours un maillon pour aborder l’étape d’après, regrette Grégory Giavarina. L’ambition de l’institut sera de porter les projets en développant des outils collaboratifs de formation et de recherche, en organisant des échanges de bonnes pratiques, des veilles réglementaires et scientifiques. « Aujourd’hui la question n’est plus de savoir si l’on doit ou pas développer l’économie circulaire, mais comment accélérer sa mise en œuvre dans les entreprises ou les collectivités. Nous voulons créer les conditions pour faire émerger dans la région, des démarches circulaires rapidement opérationnelles et réplicables » souligne Sabine Guillien-Heirnrich, présidente de l’Institut.
Composition du bureau :
Présidente : Sabine Guillie-Heinrich, déléguée régionale ENGIE CVL
Secrétaire : Walter Boblin, délégué au développement régional du groupe La Poste CVL
Trésorier : Stéphane Le Guirriec, directeur général d’Agyre
Vice-président Recherche/Innovation : Francis Garrido, directeur adjoint Eau, Environnement, Procédés et Analyses du BRGM
Vice-président Formation : Pierre Barreaud, directeur général délégué à l’ISC Paris Campus Orléans
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