Brangeon maille le Grand Ouest par l’innovation et la croissance externe

Activité renforcée dans les métaux et les déchets du bâtiment

Transporteur à l’origine de sa création en 1919, le groupe Brangeon fait évoluer son activité depuis plus de cinquante ans, en y associant la gestion territoriale des déchets. La PME n’a cessé de se diversifier et de renforcer son maillage dans le Grand Ouest, avec plus 40 sites à son actif actuellement. Malgré la crise sanitaire et économique, les projets de croissance ont continué de voir le jour depuis ces deux dernières années. Pour la direction, les nouvelles filières REP sont aussi perçues comme des opportunités pour la collecte, le tri et le traitement de nouveaux gisements.

Brangeon intervient sur 250 déchèteries communales

Une PME d’envergure régionale en passe de devenir une référence nationale dans le recyclage et la valorisation des matières secondaires ? Le groupe Brangeon s’apprête à transformer l’essai avec pour ligne de conduite : le maillage territorial et le partenariat de proximité. « Comme tout le monde, la coupure de mars 2020 liée au Covid et au confinement général a été subite et difficile dans notre secteur, mais de courte durée. La reprise s’est avérée extrêmement positive dans nos métiers du transport et de la gestion des déchets ». Victor Brangeon, directeur général de l’entreprise choletaise, fait notamment allusion à la forte augmentation des flux apportés en déchèteries. Présente dans dix-sept départements du Grand Ouest, du Havre à Bordeaux, via ses trois entités Brangeon Transports et logistique, Brangeon Environnement et Brangeon Recyclage, la PME a continué de traiter les déchets des ménages et des entreprises pour assurer un service essentiel de proximité et adapté aux besoins. Pour affronter ce pic d’activité, la PME a dû augmenter ses postes d’agents pour gérer les flux, et de conducteurs pour les transporter vers les sites de tri et de traitement. Depuis quatre ans, l’entreprise s’enrichit de nouvelles implantations avec une déchèterie professionnelle près de Rennes depuis 2017, deux sites à Angers en 2018, et la gestion de trois déchèteries communales dans l’agglomération nantaise depuis avril 2020, ainsi que sept déchèteries municipales à Poitiers depuis le début de l’année. L’intervention sur quelque 250 déchèteries communales et une vingtaine d’installations destinées aux apports des professionnels permet de réduire les distances parcourues entre les gisements et les sites de traitement.

Le transport, une philosophie

 

Brangeon mise sur son activité logistique pour renforcer la gestion des déchets

L’activité logistique demeure chez Brangeon un poste stratégique, presque une philosophie, assure Victor Brangeon. Son optimisation passe par un maillage du terrain et des investissements continus. L’ouverture d’un nouveau site de transport et de logistique de conteneurs maritimes en zone portuaire du Havre à Saint-Vigor-d’Ymonville en témoigne. Entre la collecte en porte-à-porte des déchets ménagers, la massification en déchèteries et le traitement sur ses unités de traitement, la PME a mis une distance de l’ordre de 50 km entre les différents sites. « La complémentarité de nos activités, et surtout le lien étroit entre notre activité de transport et la gestion des déchets est une force qui nous aide à gagner en expérience et en maîtrise, souligne Victor Brangeon. Pour y parvenir, nous misons sur un rythme d’investissement annuel de l’ordre de 35 millions d’euros ». La progression du chiffre d’affaires est également au rendez-vous, avec plus de 190 millions d’euros prévus en 2021, après une stagnation autour de 150 millions d’euros depuis deux ans.

Pour Brangeon, la filière CSR va devenir une activité incontournable dans le traitement des déchets

Les technologies ne sont pas oubliées. En pleine crise sanitaire, Brangeon a continué d’innover sur son principal site de traitement de vingt hectares à Cholet. Au menu, une ligne de traitement pour les déchets d’ameublement, intégrant un nouveau process de tri et la mise en œuvre d’une activité de préparation de CSR qui permet à Brangeon Recyclage d’atteindre une capacité totale de 30 000 t/an, en y ajoutant son site de Thouars. Ce n’est qu’un début, assure Victor Brangeon qui espère monter en puissance rapidement dans cette filière grâce au traitement de nouveaux gisements. En parallèle, le projet de R&D sur le recyclage des mousses lancé en 2017, soutenu par Eco-mobilier et l’Ademe suit son cours et devrait bientôt entrer en phase de commercialisation. Objectif : préparer et fournir un mélange de mousses broyées issues de matelas usagés et de compost pour servir de substrat à la végétalisation de toits. L’allègement de la terre grâce aux mousses permet de végétaliser plus facilement des espaces qui ne supporteraient pas trop de poids.

Partenaires industriels locaux

 

Vision du futur centre de tri UniTri conçu et exploité par Brangeon et Séché

Au-delà de sa croissance externe et de ses investissements dans de nouveaux procédés de valorisation, Brangeon s’appuie avant tout sur des partenaires locaux et experts du secteur. C’est à ce titre que deux grands chantiers ont vu le jour depuis deux ans. Tout d’abord, la création de la société Trinovia avec Séché Environnement pour construire et exploiter d’ici 2023, le futur centre de tri interrégional de la Société publique locale (SPL) UniTri. Implanté à Loublande (79), entre Cholet (49) et Mauléon (79), ce sera l’un des plus grands centres de tri en France, avec une capacité de prise en charge de 48 000 tonnes de déchets ménagers valorisables par an. Le montant global du marché s’élève à près 70 millions d’euros. Le centre pourra gérer les flux d’un million d’habitants, dans le respect des consignes de tri des territoires concernés. Mis au point par Hofmann Group, le process inclut l’utilisation d’équipements dernier cri pour garantir l’atteinte des performances exigées, soit 16 tonnes triées par heure. Une soixantaine d’emplois locaux sont prévus dans le cadre de l’exploitation et la maintenance du centre de tri, dont 40 postes d’agents valoristes en insertion. Ce chantier apporte une nouvelle dimension à l’activité de Brangeon en tant que partenaire d’un projet collectif de grande ampleur. UniTri remplacera le centre de tri de Cholet exploité actuellement par Brangeon Environnement.

Autre chantier de taille, l’Écopôle Bellevue, première plateforme d’écologie industrielle de la métropole bordelaise qui associe Brangeon (20 % du capital) à deux industriels néo-aquitains, le Groupe Cassous (majoritaire) et l’entreprise Garandeau. Annoncée en septembre 2021, sa mise en œuvre à Mérignac doit favoriser au niveau local, une meilleure gestion des déchets non dangereux issus du BTP via le recyclage, le réemploi et la réutilisation de tout ou partie de certains matériaux. L’installation sera aménagée sur 1 500 m² et pourra traiter jusqu’à 50 000 tonnes de déchets et atteindre 80% de valorisation à terme. La plateforme accueillera une installation de tri mécanisé, deux ponts-bascules, un bureau-accueil attenant pour le contrôle des déchets, une aire de lavage, une aire pour le parc à bennes et un parking pour matériels. Un espace sera réservé au pré-tri à la pelle et au transit de certains déchets. Parmi les services innovants proposés : un tri mécanisé par process industriel avec du criblage, du déferraillage, de la soufflerie, des techniques magnétiques et balistiques. L’opération porte sur neuf millions d’euros d’investissement et est soutenue à hauteur de 20% par la région Nouvelle-Aquitaine et l’Ademe. Les travaux ont débuté en mai 2021, et une mise en service industrielle est attendue courant 2022. Porté par la société éponyme créée en février 2021, l’Écopôle Bellevue proposera aux acteurs de la construction, de l’industrie et des travaux publics de Gironde de multiples services tels que le tri et la préparation de matières premières secondaires. Brangeon se chargera de transporter les déchets depuis ses déchèteries professionnelles.

Matières à forte valeur ajoutée

 

Entreprise polyvalente dans la gestion et le traitement des déchets, Brangeon ne pouvait pas négliger son expansion dans le recyclage des métaux. Depuis quelques années, son site historique de Cholet accueille une installation de traitement des chutes de production de menuiseries en aluminium, provenant des fabricants de profilés, nombreux dans la région. La ligne peut traiter actuellement 3500 tonnes entrantes par an. L’aluminium est ensuite livré en fonderies. Cette activité devrait évoluer à terme, pour recycler en plus, des profilés en fin de vie. Le déploiement de la filière REP PMCB (Produits et matériaux de construction et bâtiment) pourrait y contribuer. Misant sur la dynamique de filière dans le recyclage des métaux, Brangeon vient de racheter l’entreprise sablaise Métaux Fers Valorys. Officialisée début octobre, cette acquisition lui permet de faire d’une pierre, deux coups : renforcer son implantation dans le sud de la Vendée et son expertise dans le secteur. « Par le biais de notre filiale Brangeon Recyclage, notre mission est de faire des déchets une ressource. Il s’agit ici de développer une synergie culturelle et technique, grâce au savoir-faire de Métaux Fers Valorys » explique Victor Brangeon. Brangeon Recyclage compte 20 sites de Rennes à Bordeaux, dédiés à l’apport, au transit et au recyclage des matières collectées. Menée par la famille Guareau depuis 1981, Métaux Fers Valorys compte 24 salariés qui vont rejoindre Brangeon. Elle intervient en collecte avec la location de contenants et en traitement, historiquement des métaux ferreux et non ferreux, mais aussi d’autres types de déchets. En 2021, l’entreprise devrait traiter 50 000 tonnes de déchets pour un CA de 18 millions d’euros.

Le recrutement, un problème récurrent

 

Dans son activité de tous les jours, malgré sa croissance, le groupe Brangeon n’échappe pas au problème de pénurie de main-d’œuvre, récurrent dans la profession, en ce qui concerne les postes de conducteurs routiers. « Notre double compétence sur le transport et la gestion des déchets nous amène à embaucher régulièrement des conducteurs poids lourds que nous avons du mal à trouver dans le Grand Ouest. Rien que dans la région, 1500 postes de conducteurs sont à pourvoir. C’est pourquoi nous travaillons de plus en plus sur l’attractivité de nos métiers, en ayant une politique d’ouverture et de découverte » insiste Victor Brangeon.

La collecte latérale a été lancée par Brangeon il y a 14 ans

A l’écoute des possibilités de croissances externes et d’ouverture de nouveaux sites, le groupe Brangeon maintient une politique d’investissement active, permise par son indépendance, insiste Victor Brangeon, en prenant l’exemple de la collecte latérale des déchets ménagers. L’entreprise est l’une des seules engagées dans ce domaine depuis 14 ans maintenant. « Nous avons développé cette technique de bras latéral pour la préhension des conteneurs de déchets sur nos camions en milieu rural et semi-rural. Nous constatons à notre dépend, que le changement de pratique prend beaucoup de temps, mais nous ne lâcherons pas. Nous sommes convaincus au regard des conditions de travail à risque et des problèmes de recrutement, que le métier de ripeur n’est pas tourné vers l’avenir » assure le directeur général.

Dans d’autres filières comme la collecte des biodéchets, Brangeon reste très attentif. C’est un secteur prometteur où il faut se préparer dès maintenant compte tenu des échéances réglementaires en 2023. Même anticipation vis-à-vis des prochaines filières REP touchant les PMCB, mais aussi les articles de bricolage, de jardinage, les jouets ou les articles de sport que Brangeon va devoir gérer bientôt dans ses déchèteries et ses centres de traitement. Des opportunités d’affaires et de croissance assurément, malgré encore un manque de visibilité. La PME choletaise prend du poids d’année en année mais garde le cap, selon Victor Brangeon : « nous continuerons de faire bien les choses et prendre le temps pour garantir une valorisation optimale des matières, favoriser l’emploi et sécuriser nos outils de production. Entretenir une proximité géographique et relationnelle avec l’ensemble de nos partenaires est indispensable pour ne pas exploser en vol ».

Crédit : Groupe Brangeon

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