Le Comité technique pour le recyclage des emballages plastiques (Cotrep) va voir son périmètre d’influence élargi en devenant groupement d’intérêt économique (GIE). Depuis plus de vingt ans, cette instance réunissant Valorplast, Elipso, Citeo et le SRP aide l’industrie de l’emballage plastique à améliorer la recyclabilité de ses produits. Les échéances réglementaires sur l’éco-conception et contre les emballages plastiques à usage unique poussent la filière à mieux s’armer sur le plan technique pour répondre aux objectifs de recyclage.
La transition écologique s’accélère dans la filière des emballages plastiques ménagers, boostée par un calendrier réglementaire serré. Les objectifs européens fixent à 50 % la part de recyclage pour ces emballages en 2025 tandis que leprojet de révision de la directive Emballages sous forme de règlement pourrait entraîner à l’horizon 2030, des éco-modulations sur les produits recyclables et l’interdiction de certains emballages non recyclables. En France, seulement 26 % sont recyclés à ce jour. Pourtant, selon Valorplast (filière de gestion des emballages plastiques ménagers), plus de 65 % des emballages plastiques ménagers mis sur le marché français sont recyclables. Tout l’enjeu est de jongler entre recyclabilité d’une part et techniques de recyclage disponibles d’autre part.

Depuis 2001, le Cotrep, Comité technique pour le recyclage des emballages plastiques ménagers, accompagne les fabricants de matières plastiques, les concepteurs, ou les fabricants d’emballages. Il est constitué de représentants de fabricants, de metteurs en marché, de distributeurs, et de régénérateurs (Citeo, Elipso, Valorplast et SRP). Sa mission : tester et vérifier la compatibilité des emballages existants ou en développement avec les filières de tri et de régénération. En vingt ans, le Cotrep a publié plus de 200 avis sur la base de tests semi-industriels ou industriels, de protocoles représentatifs des pratiques des régénérateurs recevant des déchets français. Sur ce laps de temps, les emballages et les plastiques ont beaucoup évolué dans leur composition et leur conception. Il est arrivé que des industriels éludent la recyclabilité au nom de l’innovation. Aujourd’hui, cet « oubli » ne devrait plus subsister, grâce à des réglementations plus strictes et la mise en œuvre d’éco-modulations incitatives.
Défendre la position française à Bruxelles

Dans le cadre des futurs travaux d’harmonisation du CEN (Comité Européen de Normalisation) sur l’éco-conception et la recyclabilité des plastiques, la Commission européenne invite les industriels de l’UE à y prendre part. Pour pouvoir défendre la position de la filière française à Bruxelles, le Cotrep a pris le statut juridique de GIE et compte désormais parmi les 30 organisations œuvrant sur la recyclabilité dans l’Union européenne, aux côtés de Recoup, RecyClass, Cradle-to-Cradle etc. Une présidence tournante sera établie entre les différents membres du Cotrep et un salarié à temps plein sera recruté pour animer les réunions et rendre plus visibles les travaux du GIE. Cette évolution répond à au moins trois objectifs : être reconnu au niveau des instances européennes pour participer aux travaux d’harmonisation ; accélérer la diffusion de recommandations sur la recyclabilité pour toutes les typologies d’emballages plastiques ménagers ; créer ou mettre à jour les recommandations en lien avec l’évolution des filières de recyclage comme sur les pots et barquettes en PET operculés, les emballages rigides en PS et les emballages souples en PO (mélange de PE/PP).

Au niveau de la filière française, le Cotrep ne chôme pas et les travaux finalisés en 2022 ont mis en lumière des avis documentés sur l’impact des étiquettes, des manchons et des bouchons solidaires dans le recyclage des bouteilles plastiques, les effets des différentes barrières dans le recyclage des souples PE. L’an dernier, le Comité a planché également sur l’identification de colorants sombres compatibles avec les procédés de tri optique actuels. Pour 2023, la feuille de route va poursuivre ces travaux et s’attaquer à la recyclabilité des flux développement instaurés par Citeo. A ce jour, seules les technologies de recyclage du PS rigide ont été reconnues, ce qui va permettre de vérifier la recyclabilité des emballages PS. Viendra ensuite l’étude des souples PO, des bouteilles opaque blanc, des barquettes PET clair mono et multi, avec l’émergence des nouvelles techniques de traitement. A l’ordre du jour également, la validation des nouvelles barrières dans les flacons de PET, la dorure sur le PE rigide, les étiquettes sur les souples et les skin sur les barquettes PP.
Pour atteindre les objectifs réglementaires d’éco-conception, de réemploi, de recyclabilité et de recyclage, l’expertise scientifique du Cotrep est devenue indispensable. Un double enjeu pour les fabricants d’emballages plastiques ménagers : conserver leurs parts de marché et continuer d’innover.
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