L’ObsAR sensibilise au coût de fin de vie

Un groupe de travail sur la gestion des déchets

Acheter en pensant à la fin de vie du produit, c’est ce que souhaite impulser l’association ObsAR au sein des services achat des entreprises et des administrations. Pour y parvenir, un groupe de travail sur la gestion des déchets vient d’être lancé en partenariat avec le réseau Praxy. Plusieurs réunions sont prévues jusqu’à la fin de l’année pour informer sur la réglementation, le coût global du cycle de vie et les modes de valorisation existants. L’ObsAR devrait livrer un outil de méthodologie au plus tard début 2020.

« De mon point de vue, c’était la pièce manquante à la politique d’achats responsables ». L’économie circulaire, la grande oubliée selon Nathalie Paillon, chargée de mission à l’ObsAR (association sur les achats responsables) : « les volets sociaux et environnementaux ne suffisent pas à boucler la boucle. Il fallait intégrer la fin de vie des produits dans la stratégie d’achats ». C’est donc chose faite avec la création d’un nouveau groupe de travail au sein de l’ObsAR, consacré à la gestion des déchets. Il a reçu le soutien du réseau Praxy, qui regroupe une vingtaine de PME, soit près de 90 plateformes en France, spécialisées dans la collecte et la valorisation des déchets. Pour Nathalie Paillon et Florence Collot, directrice déléguée chez Praxy, il s’agit de sensibiliser les grands acheteurs non seulement à la fin de vie des produits qu’ils achètent mais aussi et surtout à la prise en compte du coût global, intégrant tout leur cycle de vie. Avec le durcissement de la réglementation vis-à-vis du recyclage, de la réduction de la mise en décharge, les acteurs économiques et les administrations doivent agir en connaissance de cause.

Aujourd’hui, l’économie circulaire permet de réduire la consommation des ressources mais aussi d’anticiper les coûts de fin de vie (collecte, transport, traitement). Les adhérents de l’ObsAR, invités à participer aux réunions du nouveau groupe de travail ont déjà pu s’informer sur les filières de traitement de déchets et ses mécanismes économiques. D’autres intervenants comme Valdelia participent aussi à cette initiative pour sensibiliser au fonctionnement des filières REP et à l’offre du secteur. « Le coût du cycle de vie ne peut plus être négligé lors d’un achat privé ou public, insiste Nathalie Paillon. Or nous constatons une réelle méconnaissance qui conduit non seulement à un gaspillage des ressources mais également à une perte financière liée à une absence d’informations sur les modes de traitement et les prestations de gestion de déchets appropriées ».

Coût risque élevé

 

Praxy copilote le groupe de travail de gestion des déchets. Adhérent à l’ObsAR depuis 2017, le réseau veut contribuer à une meilleure prise en compte du coût d’achat global du produit incluant les impacts environnementaux et sociaux mais aussi avec les externalités. La gestion des déchets doit passer par des prestations de qualité au regard de la collecte, d’un transport de proximité et du traitement en lui-même. Un achat responsable sur la gestion des déchets c’est d’abord choisir le mode de valorisation le plus adapté, assure Florence Collot : « pour identifier les bons choix, il faut connaître les réglementations et les impacts sociaux et environnementaux liés à ces traitements. On sait par exemple que le recyclage emploie plus de personnes que la valorisation énergétique. A la demande de l’ObsAR, nous devons réfléchir en tant qu’expert, sur la façon d’accompagner les acheteurs dans une meilleure connaissance de nos métiers et de nos prestations ».

Souvent les entreprises, quelle que soit leur taille et leur statut, ne connaissent pas les procédés de valorisation, parce qu’elles n’ont pas le temps de comparer les prestataires. Le groupe de travail vise à donner des clefs aux acheteurs par le biais d’une méthodologie qui pourra mesurer tous les impacts des solutions de gestion pour leurs déchets. Il sera également utile à travers ce nouvel outil diffusé par l’ObsAR à partir de 2020, de pouvoir identifier et chiffrer tous les risques. Cela entraînera pour les entreprises et les administrations un devoir de vigilance accrue sur la traçabilité de leurs déchets et la façon dont ils sont traités car ils en sont responsables. « Dans ce contexte, il est indispensable de se reposer sur des prestataires qui soient en mesure de proposer des filières conformes avec la réglementation et d’assurer le suivi des déchets qu’ils prennent en charge ». A terme, on peut imaginer que le service achat influence la politique de son entreprise ou de son administration si par exemple, le produit acheté est mieux éco-conçu ou recyclable plutôt que valorisable. « Notre devoir est aussi d’expliquer qu’avant le recyclage ou la valorisation énergétique, le produit peut être réemployé ou réutilisé, explique Florence Collot. Nous comptons bien faire grandir les acheteurs en maturité dans ce domaine. Et nous espérons que ce groupe de travail lancé par l’ObsAR, suscite le partage et attire toutes les personnes de bonne volonté, désireuses de transmettre les bonnes pratiques ».

  • Praxy est un réseau national qui regroupe des PME de dimension régionale, soit 90 sites de collecte et de traitement de déchets répartis dans toute la France. Cette structure porte la responsabilité de l’exécution des prestations, en garantit la qualité et en assure la coordination dans les territoires. Praxy est l’interlocuteur unique face aux donneurs d’ordre nationaux ou multi-régionaux.

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