Spécialisée dans la menuiserie industrielle, l’entreprise Comec fabrique des portes et du mobilier d’agencement, dans son unique usine de Cholet. Il y a quatre ans, elle s’est engagée dans une démarche plus respectueuse de l’environnement. Après un bilan carbone de son activité, Comec a lancé fin 2023 une nouvelle gamme de portes, issues du réemploi. En partenariat avec un fournisseur du grand Ouest, le fabricant a déjà récupéré plus de 400 portes, prêtes pour une seconde vie.
Comment alléger l’impact carbone de son activité industrielle en cochant les cases « sécurité, social, esthétique et environnement » ? En 2020, les 180 salariés du groupe Comec ont décidé de se pencher sur la raison d’être de leur entreprise et de trouver des solutions pour réduire leur empreinte écologique. Depuis plus de 60 ans, cette Scop conçoit et fabrique des menuiseries industrielles (trappes de visites et façades de gaines techniques, mobilier d’agencement professionnel, bloc-portes coupe-feu) dans son unique usine de Cholet. Elle s’appuie aujourd’hui sur quatre activités (Comec Industrie, Comec Menuiserie, Comec Agencement, Comec Habitat), et réalise également la pose de menuiseries intérieures en bois pour les professionnels en région Pays de la Loire et plus localement pour les particuliers sur l’agglomération choletaise.

Il y a deux ans, le groupe Comec a réalisé son premier bilan carbone. Celui-ci a mis en évidence l’impact élevé des matières premières importées par l’entreprise dont du bois exotique nécessaire à la fabrication de portes résistant au feu. L’entreprise utilise également des panneaux de bois agglomérés provenant de France et d’Europe, des panneaux composites et en résine. « Progressivement, plusieurs étapes ont été franchies, explique Emmanuel Bastide, responsable Prospective, Innovation et Développement. Tous les bois sont désormais certifiés PEFC. Les panneaux utilisés sont optimisés pour réduire les chutes de production. Et le peu de déchets de coupe générés est envoyé chez un prestataire qui refabrique de grands profilés. Malgré toutes ces opérations, nous devions encore mieux agir sur nos matières premières, sources de nos principales émissions de GES ». Ecumant les salons professionnels et les conférences, Emmanuel Bastide prend conscience que sur les chantiers, une quantité importante de portes sont démontées sans être réutilisées par la suite. La plupart sont déposées sans les huisseries, ce qui limite leur réemploi pour un même usage. Mais pour Comec, c’est l’opportunité de développer une nouvelle gammes de portes bas carbone. C’est la raison pour laquelle la Scop a décidé de fabriquer et commercialiser en 2023 une nouvelle gamme de produits plus « responsables », issus du réemploi, et provenant essentiellement des « déchets du bâtiment ». Ces portes sont composées a minima de 60 % de matière réemployée. La configuration des produits reste inchangée par rapport aux produits « neufs ». Chaque dossier réalisé est accompagné d’une attestation de traçabilité indiquant le pourcentage et le poids de la matière réemployée.
Sourcing de proximité
L’an dernier, Comec a commencé à récupérer des portes dans la région Grand Ouest, en partenariat avec Articonnex. Ce spécialiste de la menuiserie de réemploi approvisionne l’usine de Cholet, avec des portes âme pleine et sans tôle intérieure, provenant d’opérations de curage ou de surplus de chantiers. Ces produits peuvent avoir entre 5 et 30 ans d’âge. « Sur notre site de production, nos ateliers sont divisés en îlots indépendants. Cela permet d’intégrer les panneaux de portes dans notre process sans perturber les autres lignes de production. Nous nous chargeons d’enlever toute trace du passé, procédons à des opérations de stratification et posons de nouvelles huisseries. Le réemploi d’anciennes portes est invisible en apparence et garantit un aspect neuf. Ces blocs portes sont faits sur mesure et à la commande. Ce sont des produits haut de gamme pour un usage professionnel mais ils ne disposent pas de propriété acoustique ou anti-feu » souligne Emmanuel Bastide. A ce jour, plus de 400 portes ont ainsi été récupérées et pour partie stockées chez Comec.

Si le prix est de 10 à 20 % plus élevé que celui du neuf, l’entreprise est plutôt confiante sur la demande à moyen terme. D’ici un à deux ans, de plus en plus de bâtiments vont intégrer des matériaux issus du réemploi. D’autant que dans le secteur des assurances, cela commence à bouger. « Notre gamme de portes Réemploi est garantie deux ans par notre assureur, insiste Emmanuel Bastide. Avant de les commercialiser, plusieurs essais de qualification et de performance environnementale ont été menés. Et une nouvelle FDES (fiche de déclaration environnementale et sanitaire) est programmée pour fin 2024 ». Cerise sur le gâteau, Comec peut également incruster une puce RFID sur la porte de distribution réemploi et la façade menuisée sous-tenture réemploi pour connaître la composition de la matière et faciliter un futur réemploi des produits bénéficiant déjà d’une seconde vie. L’action de Comec suscite d’ores et déjà beaucoup d’intérêt dans le secteur de la construction et parmi les autorités locales. Ainsi, en 2023, l’entreprise a été lauréate de l’AAP économie circulaire de la région Pays de la Loire. En parallèle, les premières portes issues du réemploi de Comec ont été exposées sur le démonstrateur du réemploi Cyneo, filiale de Bouygues, à Vitry-sur-Seine (94). « Le show-room nous aide à obtenir une plus grande visibilité et favorise des échanges avec des clients potentiels. L’implantation de Cyneo en Pays de la Loire, prévue cette année, sera une occasion supplémentaire de mieux faire connaître notre gamme de portes éco-responsables et promouvoir toutes ses qualités » assure Emmanuel Bastide.
Crédit : Comec
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