Tous les imprimeurs français ou presque connaissent la marque Imprim’Vert. Garant d’une gestion vertueuse des produits utilisés sur site et d’une maîtrise de la consommation énergétique, ce label fête ses vingt ans cette année. En conformité avec l’évolution réglementaire, Imprim’Vert durcit ses critères d’éligibilité. Pour la profession de l’imprimerie, il est devenu le Sésame pour accéder à de nouveaux marchés. Pour les donneurs d’ordre, il s’inscrit pleinement dans leur démarche RSE.
La marque Imprim’Vert, propriété du Pôle Innovation et Imprimerie depuis 2007, est attribuée actuellement à plus de 2000 sites professionnels, qui représentent 80 % des imprimeurs (hors numérique) en France. Le secteur est en déclin depuis plusieurs années, en raison de la chute de la consommation de papier journal, mais l’activité de l’imprimerie produit aussi et surtout des imprimés publicitaires, des livres, des affiches, des PLV, ou des impressions sur cartons et bâches. Des petites imprimeries ferment, d’autres se regroupent ou bien sont achetées par des plus grandes. Ces difficultés conjoncturelles conduisent la profession à s’adapter pour garder le cap. Depuis vingt ans, Imprim’Vert propose une ligne de conduite et accompagne les entreprises de l’impression dans la mise en œuvre de bonnes pratiques relatives à l’utilisation des produits dangereux, à la gestion des déchets dangereux et à la consommation énergétique des équipements. La procédure de labellisation est menée sur un cycle de trois ans.
L’imprimeur fait sa demande d’attribution en se tournant vers l’un des 200 référents régionaux. Un diagnostic est réalisé chez le professionnel puis le référent l’accompagne dans la mise en place du cahier des charges. Le dossier est ensuite présenté en comité régional ou national en vue de l’attribution du label Imprim’Vert. Si le dossier est accepté, l’imprimeur bénéficie du label pour un an. Pendant la première et la deuxième années, l’imprimeur doit justifier du respect du cahier des charges par une déclaration en ligne. La troisième année, le référent effectue un nouveau diagnostic sur site et la procédure recommence ainsi de suite.
Plus de vigilance sur les produits dangereux
Avec l’évolution réglementaire, les critères requis se durcissent depuis plusieurs années. Alors que le droit européen tend à harmoniser l’étiquetage des produits dangereux, Imprim’Vert s’efforce de son côté de suivre cette évolution et d’adapter le cahier des charges. Parmi les critères d’attribution, Imprim’Vert mentionne l’élimination conforme des déchets dangereux, la sécurisation des stockages de liquides dangereux, et l’interdiction d’utiliser des produits toxiques étiquetés par le symbole « tête de mort ». A partir d’octobre prochain, le règlement européen obligera l’affichage des produits CMR (à effets cancérogène, mutagène et reprotoxique).

« Si nous ne pouvons pas remplacer certains produits pour des raisons techniques et économiques dans l’industrie graphique, Imprim’Vert peut conseiller les entreprises dans leur démarche de prévention et de sécurisation du stockage » explique Matthieu Prévost, animateur des comités régionaux d’Imprim’Vert. Par exemple, les vernis acryliques, dès lors qu’ils sont maintenant considérés comme des substances dangereuses, doivent faire l’objet de toutes les précautions en termes de stockage et d’utilisation. Il en est de même pour la gestion des déchets dangereux qui doivent respecter un certain nombre de règles de stockage et de traçabilité.

« Nous sommes là pour permettre aux entreprises de respecter le cahier des charges mais également pour les sensibiliser aux approches flux de produits et énergie » insiste Matthieu Prévost. Imprim’Vert demande ainsi aux imprimeurs labellisés d’instaurer un suivi trimestriel des consommations énergétiques. Dans ce sens, les professionnels sont aidés à mieux gérer certaines étapes de production, pour optimiser l’emploi de substances ou encore réduire la facture énergétique. Cela se traduit par des interventions des référents Imprim’Vert sur le séchage, la climatisation, ou bien la réduction des températures, en vue de diminuer le gaspillage et réaliser des économies financières.
Gains environnementaux et financiers
Le label permet aujourd’hui aux imprimeurs de répondre aux demandes des donneurs d’ordre de plus en plus engagés dans des politiques de développement durable. La mise en place de stratégies RSE et le développement des achats responsables dans les marchés publics confirment l’importance et la pertinence du label Imprim’Vert, reconnaît-on au sein du réseau des comités régionaux. « Par ailleurs, même si cela reste hors champs des critères éligibles, notre label permet avec le temps de réaliser des gains économiques non négligeables. C’est sans doute cette valeur ajoutée, associée à la mise en conformité des règles sanitaires et environnementales, qui convainc les professionnels de l’imprimerie à s’investir dans cette labellisation » explique Matthieu Prévost.
L’imprimerie est engagée dans une démarche de réduction des coûts
A ce titre, la profession de l’imprimerie par le biais d’Imprim’Vert et de l’Uniic (Union nationale des industries de l’impression de la communication) s’est d’emblée réengagée comme partie prenante dans l’opération de l’Ademe « TPE-PME gagnantes sur tous les coûts » lancée en novembre 2017. Les économies réalisées par quatre imprimeries dans le cadre d’une expérimentation précédente sur 49 entreprises témoins encouragent à poursuivre la démarche. Chez Art et Caractère dans le Tarn, la direction a économisé 118 000 euros par an en réduisant ses pertes de matières, notamment le papier, de 4 %. Cela représente sur l’année, 115 tonnes de papiers économisées.

Un travail de sensibilisation en interne a été mené auprès des salariés pour mieux trier et réduire les coûts complets liés à la production de déchets. Même démarche de réduction à la source chez Quo Vadis en Loire-Atlantique qui a économisé 357 000 euros par an en réduisant de 296 tonnes par an les pertes de papier. Lithobru, installée en Charente, a pu gagner 13 000 euros par an en optimisant la gestion des eaux de mouillage. Ces déchets liquides dangereux sont envoyés en incinération. En utilisant un système de filtration sur ses machines, l’imprimeur a réussi à réduire ces déchets de 10,8 tonnes par an, tout en réduisant également ses achats d’additifs. Une réflexion sur ses contenants et la collecte de ses déchets a également permis des économies supplémentaires. Sur le poste énergie, Envel’Offset a gagné 9300 euros par an en réduisant sa consommation électrique de 85 000 kWh par an. Matériel incriminé, les pompes à vides, anciennes et surdimensionnées ont été remplacées par un dispositif plus économe et adapté.
Crédit : Imprim’Vert
« L’Echo circulaire a cessé sa parution mais l’actualité de l’économie circulaire continue d’être suivie par "Déchets Infos". »