Yprema joue la carte de la franchise

Une présence aux quatre coins de la France

Spécialisée dans le traitement de matériaux de déconstruction, des mâchefers d’incinération et des terres inertes, Yprema a choisi la franchise industrielle il y a six ans pour s’implanter aux quatre coins de la France. Créée en 1989, la PME dispose aujourd’hui de six installations, essentiellement en Ile-de-France. D’ici quelques semaines, trois entreprises franchisées en région, compléteront l’offre d’Yprema.

« Nous avons la chance d’être bien implantés en Ile-de-France, là où la densité urbaine et l’absence de carrières ont pu jouer en notre faveur. Ici, nous sommes moins concurrencés par les granulats naturels. La demande soutenue en matériaux de TP est largement satisfaite grâce au traitement des matériaux de déconstruction de la région » explique Antoine Pereira da Vale, en charge du dossier franchise chez Yprema. Toutefois, cette situation est loin d’être aussi idyllique partout. Hormis un autre site en propre à Quimper et un site en partenariat industriel à Reims, Yprema a été rapidement confrontée à des difficultés d’implantation en régions.

Centre de recyclage de CBM

Sans partenaire local, face à des carriers influents, le recyclage est de fait moins rentable. Pour tenter une percée et convaincre des bienfaits de matériaux recyclés, Yprema a eu l’idée en 2012, de développer le concept de franchise industrielle en s’associant à des entreprises du BTP locales. « Le seul moyen de devenir visible sur un territoire sans créer de site en propre ni investir massivement » souligne Antoine Pereira. Après plusieurs mois de prospection, Yprema signe une première franchise en 2013 avec CBM au Teil en Ardèche. Spécialisée dans les travaux publics et dans le nettoyage industriel, cette entreprise ardéchoise a développé un centre de recyclage de 10 000 m², capable d’accueillir des bétons de démolition, de les concasser afin de les utiliser pour ses propres besoins ou de les revendre.

Un savoir-faire réputé

 

Tout en restant indépendante, l’entreprise franchisée utilise l’enseigne d’Yprema, qui de son côté apporte une formation technique et économique, accompagnée d’un manuel opératoire, ainsi qu’une assistance à la gestion commerciale et au contrôle qualité des matériaux traités. Le franchisé en contrepartie paye un droit d’assistance et reverse une redevance sur son chiffre d’affaires. Yprema signe un contrat d’exclusivité qui lui interdit de s’implanter sur le même périmètre d’activité que l’entreprise franchisée. Si au départ, Yprema pensait créer une franchise tous les ans, les procédures administratives et les prospections ont rapidement freiné cet objectif. « A l’époque, la conjoncture dans le BTP avait fortement ralenti et la lenteur des procédures était loin de nos croyances » se souvient Antoine Pereira. Pour trouver la bonne entreprise, plusieurs critères sont requis. Tout d’abord, l’implantation géographique : le site doit avoir une activité sur un rayon de 15 à 20 km et être suffisamment proche d’une agglomération de taille moyenne. La PME candidate doit être indépendante et exercer déjà dans le secteur des TP ou des matériaux de carrière. Elle doit également suivre une démarche qualité et disposer d’une installation normalisée compatible avec le fonctionnement d’Yprema. « En signant une franchise, notre image est utilisée par l’entreprise et notre crédibilité est en jeu » ajoute Antoine Pereira.

Floro TP signe avec Yprema

 

L’image et le savoir-faire, c’est aussi et surtout ce que recherchent les entreprises candidates à la franchise. Pour Floro TP, installée près de Caen, le retour d’expérience dans le recyclage d’Yprema a été un facteur déclencheur. Après plusieurs visites réciproques des sites, le cas de Floro a été d’emblée en parfaite adéquation avec les attentes d’Yprema : l’accès à un nouveau terrain pour développer un centre de recyclage, l’implantation dans une zone d’activité proche de Caen, l’implication de l’entreprise dans les travaux publics et en particulier, les travaux de canalisation d’eau et d’assainissement. Tous ces critères positifs pour les deux entreprises n’ont pas empêché malgré tout, quatre ans de procédures. Floro TP a pour l’occasion créé une nouvelle entité juridique RNM (Recyclage Négoce Matériaux), exclusivement réservée à l’activité de traitement des déchets de démolition, associée à une déchèterie professionnelle. Le site est en cours de travaux, avec notamment l’installation d’un scalpeur pré-cribleur. Le concassage des bétons sera sous-traité dans un premier temps. « Nous envisageons la réception des premiers matériaux en septembre prochain et un démarrage de l’activité dans un an, affirme Jean-Michel Floro, dirigeant de Floro TP. Notre installation devrait atteindre à terme 50 000 t/ an de capacité de traitement ».

Site d’Yprema à Pluguffan

Pour l’entreprise normande, c’est un vrai défi dans une région qui abrite de nombreux carriers. Le marché du granulat naturel reste encore très compétitif, ce qui rend globalement les matériaux recyclés plus chers. « Néanmoins, nous comptons fortement sur l’évolution de la réglementation – 70 % des déchets de chantier recyclés d’ici à 2020 – qui entraînera tôt ou tard l’ensemble des acteurs des Travaux Publics vers le recyclage et l’intégration de produits recyclés ». Bien que de taille moyenne avec un site de 10 000 m², Floro dispose d’un atout non négligeable : sa proximité avec l’agglomération caennaise qui permettra aux artisans du BTP de déposer leurs matériaux sans faire trop de km et de repartir avec des produits issus du recyclage. Pour l’heure, l’entreprise pose ses jalons avec une stratégie de communication auprès des acteurs locaux du BTP, histoire de faire connaître sa nouvelle activité.

Une troisième franchise pour le début de l’été

 

De son côté, Yprema n’entend pas s’en arrêter là. Comme le hasard fait bien les choses, une autre entreprise s’apprête à suivre le même chemin que les deux entreprises franchisées. Après quatre ans de procédure, Yprema devrait signer une troisième franchise industrielle dans le sud-ouest au début de l’été. « Nous sommes satisfaits de la tournure des événements, se félicite Antoine Pereira, avec désormais, un site aux quatre coins de la France – Quimper, Reims, Caen, Le Teil et bientôt le Sud-Ouest, sans compter les sites franciliens ». Pour l’instant, Yprema n’envisage pas de développer d’autres franchises, sauf si l’occasion idéale se présente. Sa seule volonté : recycler encore plus de matériaux de qualité en voirie et inciter les entreprises du BTP à suivre la même voie.

En plus :

La loi de transition énergétique a boosté le traitement des déchets du BTP, même si l’action tarde à se généraliser. « Nous constatons par exemple que la valorisation des mâchefers dans les routes est freinée en Ile-de-France alors que les collectivités de l’agglomération rémoise sont engagées à 100 % dans cette démarche », souligne Antoine Pereira. De la même façon, le grand Paris est un chantier idéal pour faire changer les comportements. Pour autant, Yprema déplore le peu d’initiatives impliquées dans le recyclage des terres excavées. Celles-ci ne devraient être réellement recyclées qu’à hauteur de 3 % – Yprema recycle 20 % des terres inertes récupérées. La majeure partie des terres du grand Paris servira par conséquent à combler les carrières souterraines ou à recouvrir les centres de stockage. Encore du chemin à faire.

Crédit : Yprema

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