Cellaouate noue des partenariats avec les collectivités

La ouate de cellulose s'étoffe en Bretagne

Presque dix ans que l’entreprise bretonne Cellaouate recycle les vieux papiers en isolant thermique et acoustique. Et plus que jamais investie en Bretagne, son principal périmètre d’activité. Le maillage de son réseau de collecte se renforce en partenariat avec les associations et les collectivités locales.

Créée en 2009 à Morlaix (Finistère) par Patrick Créac’h, Cellaouate SAS recycle les vieux papiers pour produire des matériaux isolants éco-conçus. Moyennant un investissement de base de trois millions d’euros, l’entreprise est aujourd’hui en capacité de fabriquer 5000 tonnes annuelles de matériaux isolants contenant pour 90 % de papiers recyclés.

« Nous avons commencé à collecter les invendus du journal local grâce à la mise en œuvre de points de collecte et surtout en sollicitant les associations. De cette façon, nous récupérons cette matière en la rachetant entre 80 et 100 euros la tonne. Résultat aujourd’hui, nous disposons d’un réseau de 700 associations locales sur lesquelles nous pouvons compter » explique Jean-Pol Caroff, président de Cellaouate depuis 2013. A cette époque, l’entreprise passe à une nouvelle dimension, en concluant un partenariat avec le Smitred de Guingamp (Côtes d’Armor). Une sorte de terrain d’entente où tout le monde y trouve son compte dès lors que l’on ne déborde pas du terrain. Le principe : le syndicat prend le relais de Cellaouate auprès des associations en collectant les flux de papiers journaux.

Partenariat tripartite

 

Le Smitred collecte auprès des associations locales  et réalise ainsi une prestation de service, rémunérée par le fabricant breton au tarif de collecte en vigueur. Cette collecte varie en fonction de l’importance des gisements. En 2016, 190 tonnes de papiers ont pu être ainsi collectées par le Smitred pour le compte de Cellaouate. Le réseau de collecteurs est voué à se développer avec 2017 un nouveau partenariat avec le Smictom d’Ille et Rance et pour 2018, la construction d’autres projets territoriaux du même type. Aujourd’hui, l’entreprise s’approvisionne pour un tiers d’invendus de journaux et 60 % de collectes associatives ; le reste provient de petits collecteurs locaux.

Notre objectif vise à déconnecter notre prix de vente du prix d’achat de la matière première. Pour l’instant, la collecte représente 50 % du coût de revient. Notre filière est rentable tant que nous limitons le coût du transport, d’où l’intérêt d’évoluer sur un périmètre réduit comme la région pour collecter les vieux papiers et vendre nos produits » Jean-Pol Caroff

Jean-Pol Caroff ne cache pas son envie de tâter d’autres matériaux comme le carton usagé par exemple. Seul hic, la présence de matières indésirables comme les adhésifs rend pour l’instant cette option inaccessible. Des travaux de R&D s’imposent pour obtenir une matière première fiable et un produit rentable. A ce jour le matériau de construction ne ferait sans doute pas le poids face à des industriels de l’emballage qui rachètent la matière à prix fort. En attendant de diversifier son approvisionnement, la marge de manœuvre reste significative. En 2016, la part des papiers et cartons ménagers et professionnels représentait en Bretagne 400 000 tonnes (dont 10 % de journaux) sur un gisement total estimé à 534 000 tonnes. Le seul flux de papiers ménagers à capter dans la région porterait sur plus de 67 000 tonnes.

Sur le plan économique, le marché des vieux papiers connaît des tiraillements de prix en raison des difficultés de capter des flux de qualité. Malgré cette contrainte, Cellaouate espère cette année, augmenter de 10 % son CA actuel de 2,5 millions d’euros. Autre bonne nouvelle : les ventes de matériaux isolants en fibres recyclées progressent. L’empreinte environnementale réduite, les propriétés intrinsèques du produit et le rapport qualité-prix contribuent sans doute à ce succès.  Enfin la reprise du bâtiment fin 2017 pourrait donner un coup d’accélérateur à cette jeune filière.

 

En plus :

En France, cinq entreprises produisent de la ouate de cellulose, comme matériau d’isolation : Cellaouate en Bretagne, Ouattitude en Occitanie, Ouateco en Nouvelle-Aquitaine, Igloo en Vendée et Pavatex (groupe Soprema) en Alsace. Elles totalisent une production annuelle d’environ 45 000 tonnes.

Crédit : Cellaouate

 

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