Prévu dès l’an prochain pour une partie des emballages ménagers et en 2025 dans la future REP DEIC (déchets d’emballages industriels et commerciaux), le réemploi fait déjà l’objet de plusieurs travaux sur la standardisation et la logistique au sein de l’Ademe, des éco-organismes et de leurs partenaires. En attendant, la REP Emballages Restauration, en vigueur au 1er janvier 2023, pourrait servir de tremplin aux innovations et préparer à l’acceptabilité des consommateurs. Deux matériaux sont sous les projecteurs : le plastique et le verre.

Tout le monde semble d’accord pour réduire la surconsommation des plastiques parmi les emballages à usage unique. La loi AGEC a inscrit dans le marbre ce que la réglementation européenne a imposé à travers sa directive SUP. Pour y arriver, plusieurs solutions sont proposées comme le réemploi des emballages. Cette pratique n’a rien de nouveau dans l’industrie. La mise en place de bidons et fûts, palettes ou caisses réemployables en plastique, métal ou bois existe depuis de nombreuses années pour assurer le conditionnement et le transport des produits en toute sécurité. Ce qui l’est moins est de l’adapter à grande échelle à l’emballage ménager. Dans une enquête menée auprès de ses adhérents pour l’année 2021, l’association professionnelle des fabricants d’emballages plastiques rigides et souples en France, Elipso confirme que la plupart des fabricants d’emballages industriels et commerciaux proposent déjà des produits réemployables et recyclables. Et continuent de miser sur l’innovation pour étendre leur savoir-faire à de nouveaux secteurs, comme la restauration, le vrac ou la consigne. « Tout l’enjeu est de commercialiser des emballages réemployables, plus légers et intégrant si possible de la matière recyclée, indique Gilles Istin directeur du groupe plasturgiste Knauf Industries en France. Sachant que l’industrie de l’agro-alimentaire a davantage de contraintes sur le plan sanitaire, un gros travail de conception est mené avec l’IPC (centre technique industriel de la plasturgie et des composites) pour garantir une maintenance efficace et sûre de ces futurs emballages ».
Repenser la logistique
Les éco-organismes en charge de la REP Emballages ménagers se sont également mis au travail pour être conformité avec le décret n° 2022-507 du 8 avril 2022. Celui-ci définit ainsi la trajectoire minimale d’emballages réemployés à mettre sur le marché annuellement en France pour la période 2023-2027. L’objectif fixé à 2027 est de 10 % d’emballages réemployés pour l’ensemble des producteurs, mais des échelons successifs sont annoncés en fonction de la taille des entreprises. Les producteurs générant un chiffre d’affaires supérieur à 50 millions d’euros sont en première ligne avec une obligation de mettre en marché 5 % d’emballages réemployés en 2023 et 6 % en 2024. Ce décret précise également comment les producteurs participeront à cet objectif, en s’appuyant sur les éco-organismes des filières REP qui mobiliseront un fonds pour réemploi équivalent à 2 % des contributions perçues.

Pour augmenter la part de ce réemploi (dans le cas de produits préemballés), la filière souhaite se pencher sur toutes les étapes clés de la chaîne de valeur car il ne s’agit pas de changer uniquement l’emballage. Directrice réemploi et nouveaux services de collecte chez Citeo, Sophie Fabre estime qu’il faut non seulement repenser l’emballage, conçu pour être utilisé plusieurs fois, plus résistant, et sûr pour le consommateur, mais aussi organiser sa commercialisation : « notre rôle est de faire comprendre au consommateur pourquoi l’emballage doit être conservé et pourquoi un montant financier est à payer à l’achat dans le cas d’un dispositif de consigne. Il s’agit d’un changement culturel à la fois sur la pratique et sur l’acceptabilité d’une autre esthétique. Outre le parcours du consommateur, de l’achat jusqu’au geste de retour de l’emballage, nous n’oublions pas le stockage des emballages vides, le transport, le lavage, l’inspection et la gestion des parcs mutualisés lorsque des emballages standardisés seront utilisés et partagés par plusieurs producteurs ». Malgré toutes les bonnes volontés du monde, toutes ces transformations prennent du temps, que ce soit au niveau des organisations industrielles et logistiques, mais aussi des relations historiques, entre marque et consommateur, marque et distributeur, distributeur et consommateur. Et Citeo ne cache pas que l’échéance de 2023 pour les plus gros producteurs semble difficilement tenable. Encore plus dans un contexte de pénurie de matières et d’inflation, insiste Sophie Fabre.
Des coûts encore mal mesurés

Justement, les coûts de transformation industrielle des metteurs en marché vont beaucoup dépendre des organisations actuelles : « ce coût sera drastiquement différent si l’outil de production et de conditionnement est très automatisé et optimisé. Dans ce cas, la moindre modification de l’emballage va engager une augmentation de prix et une planification importantes. Pour les outils de production plus petits et plus agiles, la transformation sera sans doute plus accessible ». Mais l’on peut déjà facilement parler de plusieurs centaines de millions d’euros, rien que pour l’installation des infrastructures nécessaires au réemploi des emballages : entrepôts de massification et stockage, machines de récupération en magasin, outils de lavage/inspection/palettisation, avance-t-on chez Citeo. En plus des répercussions économiques à court terme pour les industriels, s’ajoutent les difficultés liées au suivi de ce marché. Le décret du 8 avril 2022 relatif à la proportion minimale d’emballage réemployables charge en effet les éco-organismes de remonter à l’autorité administrative, la quantité totale et la proportion d’emballages réemployés mis en marché par leurs clients.
Nous avons peu de données sur les EIC
Ces données sont nécessaires pour calculer et suivre le taux de réemploi. « Nous sommes conscients que développer ce reporting sera complexe pour les éco-organismes et pour les entreprises car cela représente plusieurs défis, indique Sophie Fabre. D’une part, l’Observatoire du réemploi (ndlr. lancé avec retard en septembre 2022) ne publiera que fin janvier 2023 les modalités de comptabilisation du réemploi. Celles-ci s’annoncent complexes face à la diversité des modes de réemploi envisagés ; d’autre part il n’existe que très peu de données à ce jour sur les emballages industriels et commerciaux (EIC), alors que le réemploi se pratique déjà dans ce secteur. Nous partons quasiment de zéro ». Un état des lieux est pourtant indispensable pour connaître les pratiques existantes dans l’industrie et la restauration selon le segment de marché, le matériau et le produit d’emballage.
En amont, la contribution des metteurs en marché sur ces produits risque de faire débat, car les éco-organismes sont libres de décider. Les emballages réemployés seront exonérés après leur première mise en marché chez Léko, l’autre éco-organisme de la REP emballages ménagers. Tandis que Citeo assure qu’il ne fera rien payer aux metteurs en marché sur cette fraction, dès lors qu’il consacrera environ 40 millions d’euros au fonds réemploi (soit 5 % des contributions perçues chaque année). La répartition sera menée sur la R&D et sur tous les dispositifs alternatifs que sont le vrac, la recharge ou la consigne. Le verre est mis en avant dans le réemploi pour sa facilité de lavage et les risques minimes de contamination dans l’alimentaire. Pour le plastique, pas de casse, mais d’autres risques sanitaires sont possibles. Il faudra plus de matière au départ, pour rendre les emballages plus résistants, entraînant une hausse des coûts pour les industriels, d’où l’idée de ne pas faire contribuer ces emballages chez Citeo.
Emballages standardisés
Qui dit réemploi, dit éco-conception des emballages pour garantir robustesse, recyclabilité, intégration de la matière recyclée, tout en les rendant acceptables aux yeux du consommateur. Et de prendre exemple sur l’Allemagne, où l’aspect esthétique semble moins important avec des bouteilles en PET ou en verre réemployés, plus lourdes et rayées par les multiples rotations. Cela engendrera certainement des compromis indique Patrick Bariol, Directeur Général de Léko. « Les conditions du réemploi seront étudiées au cas par cas, dans chaque secteur, au regard de l’ACV et avec comme critères incontournables, la solidité versus apport de matières ». Si l’on veut un emballage réemployable, faudra-t-il intégrer plus de matières, avec le risque d’un impact néfaste sur les ressources et les coûts de production ? Ou bien innover avec de nouveaux matériaux complexes mais plus légers au détriment de la recyclabilité ?

Plusieurs travaux ont démarré sur la standardisation et la consigne du verre notamment. En 2021, la standardisation a été étudiée sur 13 segments de produits, impliquant tous les acteurs de la chaîne. Les études se poursuivent en 2022 sur l’alimentaire, la robustesse et le transport. Si certains matériaux sont bien positionnés pour le réemploi comme le verre, le plastique réemployable devra avoir les mêmes exigences (apte au contact alimentaire, sûr, protecteur) que l’emballage plastique à usage unique. Pour certains produits du type détergents et articles d’hygiène, la commercialisation de recharges en plastique souple, plus légers et moins coûteux est déjà une manière de sensibiliser le consommateur au réemploi et à la réduction des déchets. Reste la question logistique du réemploi industriel, qui consiste pour le distributeur à récupérer moyennant une consigne, et à stocker l’emballage en vue de son lavage et reremplissage par les marques. Pour l’instant, seules les bouteilles pour boisson commencent à se prêter au jeu. Mais l’extension de la consigne pour réemploi à d’autres emballages risque sans doute de poser quelques problèmes de place et d’organisation.
Léko et Ulule prônent des emballages responsables
Pour faire face au défi du réemploi et du recyclage des emballages ménagers, l’éco-organisme Léko et Ulule, acteur d’opérations de crowdfunding ont lancé un appel à projets « Les Emballages Responsables » auprès d’associations ou entreprises qui souhaitent innover dans ce domaine. L’objectif : faire émerger les meilleures pratiques afin de développer de nouveaux modèles. Ce programme vise à récompenser dix initiatives sur l’ensemble du territoire. L’un des trois critères suivants sera pris en compte : le produit utilisera un emballage recyclable ou réutilisable innovant ; la solution de collecte ou de traitement facilitera le réemploi ou le recyclage ; le produit sera fabriqué à partir d’emballages ménagers recyclés. Chaque candidature sera étudiée par un comité de sélection, composé des équipes de Léko et d’Ulule. Entre novembre 2022 et juin 2023, dix projets seront élus, bénéficiant chacun d’un soutien financier de 5 000 euros, d’un accompagnement personnalisé et d’une mise en relation avec les équipes de Léko. En juin 2023, les dix projets lauréats seront soumis au vote du public d’Ulule et Léko. Un prix supplémentaire de 10 000 euros sera décerné au projet qui aura remporté le plus de suffrages.
Le réemploi oui, à condition que cette activité reste locale, et que les emballages soient de plus en plus standardisés. Une fois dit cela, est-ce si facile à mettre en place et surtout, sommes-nous prêts en France à acheter de l’eau minérale ou du vin dans des emballages réemployés ? Le principal frein cité par les acteurs de la filière est d’ordre économique : les alternatives aux emballages en plastique à usage unique sont souvent plus chères, et dans le cas des dispositifs de réemploi, un nombre de réutilisations important est nécessaire pour que cette action soit rentable. Les contraintes techniques liées aux enjeux d’hygiène, de conservation et de transport peuvent aussi constituer des freins : « en réalité, ce n’est pas si simple, compte tenu des difficultés rencontrées dans les secteurs de l’énergie, des matières premières et des capacités à répondre aux besoins et à transformer certains process de fabrication. Sur certains marchés comme le e-commerce qui concerne davantage nos adhérents, on pourrait imaginer davantage d’emballages réutilisables pour le transport des appareils électroniques reconditionnés par exemple » ajoute Patrick Bariot. En contrepartie, l’innovation technologique pourrait enclencher plusieurs leviers tels que le traçage des emballages avec des puces RFID, des QR codes, des poubelles intelligentes, de nouveaux matériaux.
Verre plébiscité pour les emballages réemployés
Selon la direction d’Adelphe, la branche verre de Citeo, le réemploi doit être plus simple et vertueux pour les produits préemballés à rotation rapide et fréquente sur un périmètre restreint, comme les jus de fruit, la bière ou le cidre que pour des bouteilles de vin destinées à l’export ou des spiritueux dont la consommation est moins régulière. Le déploiement des dispositifs de consignes locales en témoigne. Ainsi en Rhône-Alpes, trois structures du réemploi, Alpes Consigne, Rebooteille et Ma Bouteille s’appelle Reviens ont choisi de mutualiser un nouveau centre de lavage à Chabeuil (26) sur un site qui accueillait la ligne de Ma Bouteille s’appelle Reviens depuis 2019. Cette démarche va permettre de mettre en œuvre des outils de lavage répondant aux normes qualité exigées par les industriels, d’accroître la capacité de production, d’encourager le réemploi sur le territoire, de réduire les émissions de GES de près de 55 % par rapport au recyclage actuel.
A travers cette nouvelle structure Rhône-Alpes Consigne, l’ambition est de laver et réemployer cinq millions de bouteilles chaque année dès 2027. Une levée de fonds sera lancée en janvier 2023 pour atteindre cet objectif. De son côté, Adelphe planche depuis 2021 sur la création d’emballages standards pour le réemploi, la mise à disposition de moyens financiers et l’organisation de groupes de travail. Des sujets plus techniques sont également sur la table à travers des appels à projets concernant les exigences sanitaires et de qualité pour le lavage industriel par exemple. L’éco-organisme accompagne également ses entreprises clientes en proposant des webinars, des formations, des fiches-pratiques et partage les bonnes pratiques d’acteurs ayant déjà mis en place des dispositifs de réemploi. Selon Adelphe, les verriers sont pleinement associés aux différents travaux et acteurs dans la démarche. « Ils sont très attentifs à ce futur marché et répondent à l’appel pour développer les prototypes que l’on espère pour début 2023. Aujourd’hui, nous devons aussi prendre en compte le contexte géopolitique actuel qui a lourdement impacté le marché des emballages, y compris les emballages en verre, leur disponibilité et leur prix » souligne Virginie Dupuis, responsable communication chez Adelphe.
Coca-Cola France à fond sur la consigne

D’ici fin 2022, l’un des principaux actionnaires de Citeo, Coca-Cola EuroPacific Partners (CCEP) France va lancer la consigne pour les bouteilles en verre de toutes ses marques vendue en CHR. Pour simplifier la tâche de l’embouteilleur, ces bouteilles seront fabriquées dans un modèle identique de contenant de 25 cl. Toutefois, la boisson Coca-Cola conservera sa bouteille en verre iconique. L’entreprise envisage de créer des activités de lavage à l’échelle nationale, pour anticiper la croissance du réemploi des bouteilles vendues en CHR. Récemment, son site industriel de Marseille a été équipé d’un process de lavage et de remplissage des bouteilles consignées de 25 cl signées Sprite et Fanta et destinées uniquement au CHR. Ces bouteilles ont été lancées en 2022 et remplacent peu à peu les bouteilles en verre perdu utilisées auparavant pour les bars. Sur le marché européen de la restauration, la marque distribue à ce jour, 16 % de ses volumes en verre consigné. En parallèle, la marque de sodas a démarré des tests dans la grande distribution, avec pour la première fois en France, une expérimentation sur la consigne pour réemploi dans vingt supermarchés Match, en Alsace. Cette opération porte sur deux contenants d’un litre de Coca-Cola : la bouteille en verre depuis décembre 2021 et la bouteille en PET depuis le mois d’août. Ce choix n’est pas un hasard.
Un impact carbone à améliorer
Dans la région, la consigne pour réemploi des bouteilles en verre pour la bière, les eaux locales et la limonade a toujours eu sa place. Par ailleurs, la proximité géographique avec l’Allemagne, habituée à la consigne de bouteilles en PET pour réemploi depuis les années 1990, pourrait avoir des retombées positives sur l’expérimentation alsacienne. La marque Coca-Cola dispose près de Francfort, de plusieurs lignes de lavage et de remplissage pour contenants PET. Par ailleurs, la même opération est testée en Ile-de-France dans plusieurs magasins Carrefour Loop accueillant un dispositif de consigne pour réemploi.
La bouteille plastique peut être remplie dix fois de suite, selon CCEP. Lorsque son aspect n’est plus satisfaisant, la bouteille est alors recyclée dans la même filière que celle des bouteilles en PET à usage unique. D’après Olivier Larose, directeur de la stratégie emballages et économie circulaire pour CCEP France, son bilan carbone serait deux fois moins important que celui d’une bouteille en verre consigné qui est déjà 74 % meilleur que celui d’une bouteille en verre vierge. La bouteille PET réemployable a pour sa part, une empreinte carbone de seulement 8 % inférieure à celle d’une bouteille PET à usage unique contenant 50 % de rPET (qui ne pèse que 40 g de surcroît). Vraisemblablement, les cycles multiples et la proximité des sites de lavage et de reremplissage ne compensent pas le poids de matières deux fois plus élevé (88 g pour une bouteille plastique consignée d’un litre) et l’absence de PET recyclé. Coca-Cola assure néanmoins travailler pour y remédier.
Le vin se remet à la consigne
Finaliste du concours Millésime 2022, organisé par Adelphe, l’entreprise Famille Ravoire commercialise sa gamme de vins du Rhône, « Maison Ravoire », en bouteilles consignées, soit environ 200 000 cols distribués en France via la grande distribution (Carrefour, Leclerc, les enseignes U, Intermarché et Auchan). Toutes les bouteilles déposées dans les régions Rhône-Alpes et PACA sont acheminées dans leur centre de lavage pour être lavées et reconditionnées. Si les bouteilles sont ramenées dans d’autres régions, elles sont alors intégrées dans d’autres branches du Réseau Consigne et vendues à d’autres producteurs. Un changement de modèle de bouteille a été réalisé pour obtenir une version standardisée. Le numéro de lot des bouteilles est marqué au jet d’encre (au lieu du laser) pour faciliter la traçabilité des bouteilles. Un partenariat avec Ma bouteille s’appelle Reviens a été signé pour valider l’emballage dans sa globalité et faciliter le lavage (retrait des étiquettes et des capsules). En collaboration avec le fabricant d’adhésif Avery Dennison, le papier d’étiquette a été modifié pour répondre à l’ensemble des exigences techniques et marketing de l’entreprise. En 2025, ce projet devrait concerner sept millions de cols. Une campagne de communication (indications sur la contre-étiquette, ajout d’un QR code en réalité augmentée dédiée, actions sur les réseaux sociaux) a été organisée pour inciter les consommateurs locaux à ramener leurs bouteilles directement sur le site de Famille Ravoire à Salon-de-Provence contre un bon d’achat.
Bon à savoir :
Elipso représente 320 entreprises implantées en France (en majorité des PME), qui emploient 38 000 collaborateurs pour un chiffre d’affaires annuel de 8,1 milliards d’euros.
Crédits : Adelphe
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