Le Cetim, institut technologique labellisé Carnot, lance son programme stratégique CEDRE. Jusqu’en 2026, il accompagnera les industries mécaniques dans leur transition environnementale et énergétique. Ce projet s’inscrit dans le plan France 2030. Le Cetim s’appuie sur plusieurs axes de travail basés sur la circularité et la décarbonation. L’objectif : aider 800 PME françaises à transformer leurs process ou leurs produits dans une démarche d’innovation et de compétitivité.
Fédérer l’ensemble des industriels de la mécanique et en particulier les PME qui n’ont pas les moyens en interne de réaliser des travaux d’envergure sur leur transition écologique. C’est l’ambition du Cetim, qui vient de lancer cinq projets stratégiques, sur l’hydrogène, le numérique, l’industrie du futur, la e-mobilité et la circularité. Cette dernière thématique associée à la décarbonation fait l’objet du programme CEDRE jusqu’en 2026. L’industrie mécanique est impliquée depuis longtemps dans l’économie circulaire. La création en 2009 de la première norme sur l’éco-conception représente l’un des jalons de son action. Cette norme trouve notamment sa source dans les travaux collectifs du Cetim menés avec l’UNM (Union de Normalisation Mécanique) et la FIM (Fédération des Industries Mécaniques).
Recenser les données
Sous l’impulsion du Green Deal européen, les objectifs français et européens sont déclinés dans des textes réglementaires contraignants, portant sur un grand nombre de produits et de procédés. « Ces obligations nécessitent des transformations à la fois au niveau des activités de production, moins carbonées, de la conception des produits et services mis sur le marché, plus durables, et également des Business Models des entreprises de la mécanique, plus circulaires, pour se démarquer de la concurrence », souligne Viet-Long Duong, directeur de projet Économie Circulaire et Décarbonation du Cetim. C’est là que peut intervenir le programme CEDRE (Circularité de l’économie, décarbonation et résilience) qui se décline autour de quatre grandes phases. La première, indispensable pour anticiper l’évolution des réglementations, porte sur la connaissance et le recensement des données environnementales. Jusqu’en 2024, le Cetim va se pencher sur le métabolisme de l’industrie mécanique en étudiant les flux entrants et sortants et l’empreinte environnementale des entreprises sur les matériaux, les produits, et les procédés, en termes de CO2, de consommation d’eau et d’énergie, de matières premières, de biodiversité etc.
Dans une seconde phase, une collaboration avec les entreprises sera menée pour sécuriser l’approvisionnement en ressources (énergétiques, matières premières,…) des sites de production et optimiser les procédés de fabrication et la conception des produits. L’objectif est de leur permettre une plus grande sobriété et efficacité sur l’utilisation des ressources (eau, matières premières et énergie) et de les orienter vers plus de circularité (par récupération et valorisation des ressources non utilisées, et recours à des ressources renouvelables). « Cela implique de l’innovation à tous les niveaux pour faire évoluer le nouvel équipement, produit ou procédé vers une qualité et performance similaire, tout en générant moins de déchets et moins d’émissions de CO2. C’est par exemple le cas de la lubrification raisonnée, mais aussi de l’usinage assisté par CO2 supercritique » précise Viet-Long Duong.
La durabilité, critère de différenciation

Depuis 2022, le Cetim travaille avec plusieurs entreprises pour réduire la consommation d’eau dans la fabrication des équipements et des produits, mais aussi pour intégrer de plus en plus de matières recyclées. L’objectif est d’obtenir des caractéristiques mécaniques équivalentes et de garantir la durabilité du produit. De même, le Cetim étudie avec d’autres organisations professionnelles, la substitution à l’acier au plomb, aux PFAS (composés perfluorés) et au gaz. Le programme CEDRE vise par ailleurs à décliner les normes de durabilité à la mécanique. Cela pourra concerner aussi bien les pompes, les machines outils que les serrures. Pour chaque produit étudié, l’idée est de prolonger leur durée de vie par des actions de maintenance, de réparation, de reconditionnement, etc. « De plus en plus d’entreprises sont demandeuses de produits de seconde main pour des raisons économiques, réglementaires, mais surtout de différenciation. Cela leur permet d’être plus compétitives avec des équipements plus durables et performants » insiste le directeur de projet Économie Circulaire et Décarbonation.
A ce titre, le Cetim encourage le développement du rétrofit des équipements de production. Et accompagne toute initiative allant dans ce sens, à l’instar de la PME bretonne N2C, spécialisée dans la reconstruction de machines-outils depuis 2004. Dans le cadre du projet Défi, soutenu par l’Ademe et le Cetim, l’entreprise N2C travaille sur la remise à neuf d’équipements et les connecte à l’internet industriel des objets. De cette manière, l’entreprise peut visualiser à distance l’activité de la machine et détecter les défaillances de composants importants, en vue d’une maintenance prédictive. Principaux avantages de cette opération, un gain énergétique annuel électrique de l’ordre de 66 % et la possibilité à terme de proposer le paiement à l’usage de la machine.
Captage de CO2
Le programme CEDRE offre en outre l’occasion à de nombreuses PME de la mécanique de contribuer à la décarbonation de l’industrie grâce au développement de solutions de capture et de stockage du CO2, voire par réutilisation dans des procédés mécaniciens, inertage ou refroidissement. D’ici 2026, le Cetim prévoit ainsi d’amplifier ses accompagnements (800 entreprises en plus du millier de PME déjà soutenues dans le cadre de leur transition) en faisant évoluer en interne les compétences environnementales, et en proposant des formations aux salariés. Alors que la réindustrialisation investit le discours politique français et à quelques mois d’une loi Industrie Verte, le Cetim s’active plus que jamais sur le terrain, dans le déploiement de solutions environnementales, pérennes et sur-mesure. Dès le mois de juin 2023 par exemple, 150 PME au sein du collectif Breizh Fab piloté par le Cetim seront accompagnées dans leur stratégie d’économie circulaire et de décarbonation.
Crédit : Cetim
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