Le renouvellement urbain de Lille valorisera les matériaux de déconstruction

La Méta lance un AAP en faveur de l’économie circulaire

Reconstruire un quartier ou un immeuble, en préservant les ressources, par la valorisation de matériaux existants, c’est l’ambition de deux bailleurs Vilogia et Lille Métropole Habitat, réunis au sein du GIE La Méta. A travers la déconstruction de plus de 3000 logements sociaux, l’idée est de réutiliser et recycler les matières issues de chantiers pour rebâtir de nouveaux logements. Afin d’enclencher le processus, La Méta a lancé un appel à projet de plateforme économie circulaire. Un consortium de recycleurs, constructeurs, start-up et universitaires verra le jour courant 2020.

Le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) mis en oeuvre sur le périmètre de la Métropole Européenne de Lille (MEL) prévoit la démolition de 3700 logements à partir de 2020. Cette opération échelonnée jusqu’en 2024 porte sur les parcs d’habitations de l’office public d’habitation Lille Métropole Habitat et la Société Anonyme d’habitations à loyers modérés Vilogia. 13 sites sont concernés dans huit communes dont Lille, Roubaix et Tourcoing. Durant cette période de déconstruction, le gisement de déchets de béton a été estimé à 370 000 tonnes. Sans compter les pièces de second œuvre, dont beaucoup seront réparées et réutilisées. S’y ajouteront les flux de matières issus des travaux de restructuration des bâtiments et d’aménagement.

La prise de conscience de la rareté des ressources, entraînant une augmentation du coût des matières premières, ainsi que le problème croissant de l’accumulation des déchets dans les centres d’enfouissement poussent les acteurs économiques à rechercher des solutions alternatives à l’élimination de leurs déchets ainsi que ceux de leurs clients. C’est ainsi que la Méta, réunissant les bailleurs Vilogia et LMH, veut profiter du programme de renouvellement urbain pour créerune plateforme d’économie circulaire. Celle-ci combinera plusieursactivités : le recyclage et la valorisation sur site des matériaux issus des futures déconstructions, la réparation et le reconditionnement des matériaux de réemploi, la recherche et le développement d’éco-matériaux, leur commercialisation, la sensibilisation et la formation des habitants et entreprises locales.

Béton recyclé à plus forte valeur ajoutée

 

Tous les acteurs économiques locaux publics et privés sont sollicités : déconstructeurs, recycleurs, transformateurs, préparateurs, transporteurs, et intermédiaires en vente. Les constructeurs, les aménageurs, les investisseurs du secteur de la Bancassurance, les start-ups, laboratoires, organismes certificateurs et les universités, pourront également apporter leur savoir-faire. Au final, les entreprises retenues devront se regrouper en consortium afin de mettre en œuvre cette plateforme. Les villes sont également parties prenantes. Elles sont déjà très impliquées dans l’éco-circularité, et porteuses d’emprises foncières pouvant être cédées ou mises à bail aux futurs acteurs du projet. La plateforme d’économie circulaire doit favoriser le développement de nouvelles filières et chaînes de valeurs à partir des déchets et matériaux non valorisés issus de la déconstruction. Elle permettra de démontrer la qualité technique, économique et environnementale des usages de ces éco-matériaux.

Quartier de la MEL concerné par le projet

« Nous ne souhaitons pas recycler le béton uniquement en remblais et sous-couche routière. En partenariat avec des entreprises locales comme neo-Eco, nous allons promouvoir des applications aussi pour le bâtiment, à plus forte valeur ajoutée » explique insiste Yann Leclercq, chargé de mission Développement et Innovation. L’appel à projet indique avec précision les applications possibles après traitement, des matériaux de chantier – béton prêt à l’emploi, voiries, tranchées de réseaux (matériaux de calage), remblai, mais aussi tout ou partie de bâtiments (fondation, structures, toitures, mobilier urbain). De même que le mobilier et les menuiseries en état seront récupérés en vue d’un réemploi.

L’activité économique qui en découlera se déclinera en plusieurs zones d’activité : R&D préindustrielle de conception et de mise en œuvre des procédés de traitement et de formulation des matériaux alternatifs ; réparation et reconditionnement des matériaux de réemploi ; retraitement et préparation industrielle des matières premières secondaires pour les déchets de béton par exemple ; commercialisation des matériaux ; formation pour les micro-entreprises, les PME et les entreprises de l’ESS. Les premiers chantiers de déconstruction débuteront en 2020, ce qui permettra de stocker sur place certains matériaux. A ce titre, un centre de valorisation (tri et concassage des matériaux) sera implanté sur la MEL pour limiter le transport et optimiser le modèle économique. Le site permettra de traiter 120 000 t/an de béton et de créer des dizaines d’emplois. Dans dix ans, d’autres quartiers de l’agglomération lilloise donneront naissance à de nouveaux immeubles. Des logements pas comme les autres, vitrines d’une démarche 100 % circulaire.

Crédit : La Méta

Savoir :

AAP La Méta plateforme économie circulaire

Les entreprises intéressées ont jusqu’au 6 septembre 2019 pour déposer leur dossier de candidature.

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